Contre la statue d'une
femme noire nue pour symboliser 400 ans de Crime contre l'Humanité à
Toulouse
A l'attention
de : Monsieur le Maire de Toulouse,
Nous
nous opposons catégoriquement au
choix de monument effectué par la ville de Toulouse pour rendre hommage
aux
millions de victimes de la Traite européenne des Nègres et leur
réduction en
esclavage dans les Amériques du 15e au 19e siècles.
Alors qu’un premier
projet déposé auprès de la mairie de
Toulouse avait proposé que soit érigée une statue de Toussaint
Louverture, la
ville a refusé de rendre hommage au héros de la Révolution haïtienne et
opté
pour une statue représentant une femme noire nue.
A l’heure où Paris a
inauguré le 4 avril 2009 un
impressionnant monument représentant des chaînes brisées afin d’honorer
la
mémoire du Général Dumas et la lutte contre l’esclavage, le choix de
Toulouse
brille par son ignorance de l’histoire et la perpétuation des
stéréotypes les
plus primaires et les plus dégradants sur les Noirs.
La sculpture
commandée par la ville de Toulouse aurait pu
rendre hommage aux Héros de la lutte contre la traite négrière et
l’esclavage
en choisissant Lumina Sophie, Toussaint Louverture, Delgrès, Cimendef,
etc.,
ces femmes et hommes soumis à la sauvage réalité de la société de
plantation
raciste et esclavagiste, qui n’ont jamais courbé l’échine durant ces
siècles de
monstruosité déshumanisante. Les exemples ne manquent pas dans la thèse
d’histoire sur les Noirs de France au XVIIIe siècle soutenue à Toulouse
par feu
Marcel KOUFINKANA, qui fut le premier à effectuer en France un travail
de
recherche sur ce thème,
Le rôle actif des
esclaves dans le processus d’abolition de
l’esclavage est souvent évacué, et la ville de Toulouse, qui était une
des
premières villes de France à avoir dès 1999 installé une stèle dans le
plus
grand Jardin de la ville pour honorer la mémoire de ceux qui ont lutté
pour la
libération des esclaves d’origine africaine dans les Amériques, semble
vouloir
nous proposer une nouvelle relecture de l’histoire en choisissant «
d’honorer »
(sic !) le corps nu de la femme noire.
En effet, selon le
texte d’accompagnement de la stèle qui sera
inaugurée le 17 avril à Toulouse au Jardin Comparelli, l’un des
principaux
crimes de la traite Trans-Atlantique est d’avoir sali cette beauté nue.
Ce
choix ne nous paraît pas opportun, bien au contraire.
L’on comprend que ce
TRAVESTISSEMENT DE L’HISTOIRE reçoive le
soutien actif de certains milieux. Une confusion dans les esprits est
créée,
consciemment ou inconsciemment, en mélangeant les genres. Nous osons
croire que
ce n’était pas le but recherché par la Mairie de Toulouse. La statue
dite de la
« beauté nue » fait immédiatement penser à l’histoire tragique de la
Vénus
Hottentote et aux Zoos humains, d’autres crimes qu’il convient,
bien-sûr, de
dénoncer. L’idéologie négrière, esclavagiste et colonialiste [aux
Antilles ces
faits sont concommittants] décrivait souvent à la suite de Gobineau,
les hommes
noirs comme de grands enfants et les femmes noires n’étaient perçues
qu’à
travers leur corps érotisé, dans la nudité complète, autrement dit, à
l’état de
nature, donc forcément, de sauvagerie. C’est le corps de la femme noire
qui
symboliserait l’obscénité de la geste noire.
Cette obsession pour
la nudité noire ne fait que souligner une
fascination pour des stéréotypes anciens et une incapacité à penser les
Noirs
en dehors des violences sexuelles qui caractérisaient le monde de la
plantation.
Qui la ville de
Toulouse cherche-t-elle donc à rassurer en
installant la statue d’une femme noire nue pour symboliser UN CRIME
CONTRE
L’HUMANITE ?
Nous demandons
instamment à la Mairie de Toulouse de ne pas
s’engager sur la voie de la réaction, ce que personne ne comprendrait !
Que la
Mairie de Toulouse continue de rendre hommage à la noble histoire de
cette
ville connue pour sa tolérance. Ville dont le Parlement défendait dès
le XVIIIe
siècle le droit à la liberté des Noirs qui s’adressaient à lui pour
obtenir
leur affranchissement en vertu de l’Ordonnance royale (1315 ) de Louis
X Le
Hutin qui interdisait la pratique de l’esclavage sur la terre de France.
Dieudonné Gnammankou,
historien, Université Paris IV- Sorbonne
Véronique Hélénon,
historienne, Florida International
University
Allison Blakely,
historien, Boston University et Harvard
University
Exprimez votre
désaccord à l'initiative de la mairie de
Toulouse en signant la pétition.
Vous pouvez également:
- téléphoner à la
Mairie de Toulouse: - accueil et
renseignement : 05 61 22 21 43 (de 8h30 à 17h30) standard tous services
: 05 61
22 29 22 (24h/24)
- ou écrire par voie
postale: Mairie de Toulouse - Hôtel de
Ville - Place du capitole - BP 999 - 31040 Toulouse cedex
- par email en
remplissant un formulaire sur le site de la
ville : http://www.toulouse.fr/contact.php?id_rubrique=-1
LE MANIFESTE CONTRE
LA STATUE est en ligne sur 20 Minutes:
http://memoiredelesclavage.20minutes-blogs.fr/
Lien vers le texte : FACEBOOK
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Les
Auteurs
Dieudonné
Gnammankou, historien, Université Paris IV-
Sorbonne
Véronique Hélénon,
historienne, Florida International University
Allison Blakely,
historien, Boston University et Harvard
University
Contact:
aldagan@free.fr
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