La Tanzanie
s'engage pour les
albinos

Les
autorités tanzaniennes, accusées de ne pas protéger
efficacement les albinos victimes de crimes rituels liés à la
sorcellerie, se
sont engagées aujourd'hui à accroître leurs efforts, à l'occasion de la
première journée nationale des albinos.
"La Tanzanie a ratifié le mois dernier (avril) une convention
internationale pour la protection des personnes handicapées", a rappelé
le
vice-président Ali Mohamed Shein, ajoutant que la transposition de
cette
convention dans le droit tanzanien était en cours.
"Au regard de ce projet de loi, les droits des handicapés, y compris
les
albinos, seront fermement protégés. Nous ne pouvons accepter de voir
les
handicapés être attaqués, mutilés et tués", a-t-il déclaré.
Les organisations tanzaniennes de défense des droits de l'Homme ont
dénoncé
courant avril l'incapacité des autorités à enrayer une vague de crimes
contre
les albinos, dont les membres ou les organes sont notamment utilisés
par des
sorciers pour confectionner des grigris porte-bonheur.
Au moins 45 des quelque 150.000 albinos tanzaniens ont été tués ces
deux
dernières années, le plus souvent sauvagement mutilés et démembrés.
Cette vague
de criminalité touche également le Burundi voisin.
"Nous devons tous résister à la croyance que l'on peut devenir riche
simplement en possédant un morceau de corps humain. Notre prospérité
viendra de
notre labeur... de notre dur labeur", a ajouté le vice-président.
Le
président de l'Association des albinos tanzaniens, Ernest Kimaya, s'est
félicité du récent lancement d'une campagne nationale de dénonciation
anonyme
visant à recueillir auprès de la population des renseignements sur des
assassins présumés d'albinos.
Au terme de l'opération, la police sera destinataire de l'ensemble des
bulletins et enquêtera sur les suspects dont les noms seront les plus
fréquemment cités.
Depuis le lancement de la campagne début mars, le nombre d'attaques
d'albinos a
diminué de manière significative, selon M. Kimaya.
Les albinos souffrent d'une maladie génétique caractérisée par une
absence de
pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux.
AFP
Arrestation
de onze tueurs présumés d'albinos au Burundi
Bujumbura, Burundi - Une bande de 11 tueurs présumés d'albinos à des
fins de sorcellerie a été démantelée et mise sous les verrous dans le Sud-Est
du Burundi, a rapporté, jeudi, le correspondant local de l'Agence burundaise de
presse (ABP, gouvernementale), citant des sources judiciaires et policières
dans la région.
Le décompte macabre des médias fait état d'au moins une dizaine d'albinos tués
depuis l'année dernière au Burundi où le phénomène prend des allures de plus en
plus inquiétantes.
Certains des présumés tueurs auraient été surpris par la Police à leurs
domiciles en flagrant délit de possession d'ossements humains censés appartenir
à des albinos assassinés, à en croire l'agence gouvernementale de presse.
Les organes et membres des albinos entreraient dans la confection de gris-gris
censés porter chance aux orpailleurs, pêcheurs et autres chercheurs désespérés
d'âmes sœurs, d'après la version des faits la plus répandue dans l'opinion au
Burundi.
Le commerce macabre peut rapporter jusqu'à 600 millions de Francs burundais
(près de 600.000 dollars US) aux fournisseurs sur le marché tanzanien de la
sorcellerie, selon l'écrivain burundais, Simon Kururu, qui a publié,
dernièrement, aux éditions "Great Lacs Advertisers" (GLA), une bande
dessinée (SOS Albinos) sur les heurts et malheurs de cette catégorie de
personnes défavorisées physiquement par l'absence de pigments colorants de la
peau.
Le Burundi et la Tanzanie voisine sont les deux pays de la sous- région des
Grands Lacs les plus touchés par une vague sans précédent de meurtres
d'albinos.
Au Burundi, deux assassins présumés ont été à ce jour reconnus coupables
d'assassinat d'une jeune fille albinos et condamnés à mort.
L'exécution du jugement n'a toutefois pas eu lieu, le pays ayant aboli la peine
capitale, un peu avant.
Bujumbura - 19/03/2009
source
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