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Pour
la première fois, une vaste enquête sur la diversité génétique des
Africains
vient d’être publiée. Elle permet de remonter aux origines de
l’évolution
humaine et de mieux comprendre l’histoire de ce continent.

Dans le domaine de la génétique
des populations
comme dans beaucoup d’autres, le continent africain avait jusqu’à
présent été
un peu laissé de côté. Le berceau de l’espèce humaine moderne abrite
pourtant
la plus grande diversité génétique de la planète, fruit de
l’accumulation de
variantes au cours de 200.000 ans d’histoire. Une vaste étude offre
pour la
première fois un tableau détaillé de cette diversité, basé sur
l’analyse de
l’ADN nucléaire de plus de 3.000 individus appartenant à 121
populations du
continent noir.
L’équipe internationale coordonnée par l’Américaine Sarah Tishkoff
(University
of Pennsylvania) montre ainsi que les Africains actuels sont les
descendants de
14 populations ancestrales qui se sont brassées et mélangées au cours
des
migrations à travers le continent. Les tribus de pygmées et de
chasseurs-cueilleurs d’aujourd’hui, comme les bochimans du sud de
l’Afrique
(San), ont toutes un ancêtre commun, vieux de 35.000 ans.
Les connaissances actuelles sur les cultures et les langages africains
coïncident avec ces données génétiques, précisent les chercheurs, qui
publient
leurs travaux dans la revue Science (édition
électronique).
Collecter plus de 3.000 échantillons, auprès de populations isolées,
après
avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires, a été un véritable
parcours
du combattant pour Tishkoff et ses collègues. La collecte a commencé il
y a dix
ans.
Les résultats de cette vaste enquête génétique confirment aussi que les
hommes
modernes qui ont quitté l’Afrique pour gagner d’autres continents
étaient issus
de l’Est de l’Afrique, non loin de la mer Rouge.
En comparant l’ADN des Africains avec celui des Afro-Américains, les
descendants des esclaves Noirs amenés aux États-Unis, les chercheurs
montrent
que leurs ancêtres étaient originaires d’Afrique de l’Ouest à 71% (8%
pour le
reste de l’Afrique et 13% d’Européens). Un scénario conforme à ce que
l’on sait
de l’ancien commerce triangulaire. Le niveau de brassage des
populations étant
élevé, il est difficile de tracer précisément les origines des
Afro-Américains,
estiment les auteurs, contrairement à ce que proposent certaines
sociétés aux
États-Unis.
Cette somme de données génétiques devraient aider un grand nombre de
travaux,
qu’il s’agisse d’anthropologie ou de recherches biomédicales.
Cécile
Dumas
Sciences-et-Avenir.com
04/05/09
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