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konplo
a yo sé konplo a chyen?

photo d'Antoine
Hubert
Il faut vraiment
être désespéré pour confier ainsi à internet des
informations faisant suite à une réunion "informelle et
confidentielle" tenue avec le préfet de Guadeloupe.(lisez les
pièces
jointes dans l'ordre un, deux, trois, quatre) Ou peut-être que Willy angèle
croit-il
vraiment en la réalité de la "majorité silencieuse" que tous les
observateurs s'évertuent en vain à rechercher, mis à part
bien sûr les
auto-aveugles de domactu, de tatun.unblog ou du scrutateur cela va de
soi : la
dégénérescence de la rétine étant sûrement due à une trop grande
fréquentation
consanguine. Le texte du patron du Medef Guadeloupe
à l'attention de ses administrateurs mérite le détour. Quatre grandes
leçons
peuvent être tirées :
- Sarkozy et les politiciens
français de sa génération inscrivent leur rapport à l'outre-mer dans
une
rupture avec l'idée paternaliste de "l'empire colonial
français" qui a prévalu jusqu'à la mandature de Chirac avec
sa
fameuse "relation privilégiée avec l'outre-mer". Willy Angèle
confirme : "l'état français a redéfini sa vision de l'Outre-Mer et a
remis
en question la stratégie du développement économique par le rattrapage
social
en adoptant une approche comptable de la gestion
des départements
d'Outre-mer". Je ne disais pas autre chose dans une
analyse publiée dans LeMotphrasé pour de la
campagne
présidentielle :
« Voilà
de quoi faire se
retourner dans son statut plus d’un départementaliste convaincu. Et
pourtant ! Quand on jette un œil sur la convention de l’UMP
tenue en
juillet à Paris, l’affirmation légitime au moins un questionnement.
C’est à se
demander si les parrains de la récente UMP Guadeloupe lisent ou
comprennent les
propos de leur maître. Sarkozy, dans son discours a d’abord rejeté
d’un
coup de karcher l’idée de « rattrapage
économique », fondement
de la politique de la droite, comme de la gauche
assimilationnistes,
depuis au moins 1946 : « Je suis convaincu
que le problème des
économies d’Outre-mer ne se pose pas en termes de « rattrapage » par
rapport à
un prétendu modèle métropolitain ou européen. Je
pense qu’il faut que
chaque économie trouve sa voie propre et que ces
économies peuvent même
prétendre à l’excellence […] L’enjeu fondamental est de
donner à ces
économies une forme d’autonomie». En termes clairs,
il dit tournez–vous
vers vos régions et arrêtez de nous emmerder. Au cas où on ne l’aurait
pas bien
compris, il précise : « Je crois, qu’aujourd’hui, il
est temps de
modifier notre conception de la solidarité avec l’Outre-mer. La
solidarité ce
n’est pas l’achat de la paix sociale à coup de transferts en tous
genres. La
solidarité c’est assurer les conditions fondamentales du développement
humain
pour que, de façon autonome et digne, un peuple
puisse regarder son
avenir en face, debout ! » Même si dans la synthèse finale, la
dernière
phrase a été légèrement modifiée (« chaque population
d’Outre-mer
puisse faire face à son avenir ») l’idée reste la même, et
nous sommes en
droit d’interroger l’original et de penser que cela
révèle une
conception profonde du président de l’UMP. Bien sûr, ces positions du
beau-père
de la droite guadeloupéenne ne sont pas dues à une quelconque
philanthropie
anticolonialiste attrapée au détour d’un pas de zouk kolé-séré avec
Gabrielle
Louis-Carabin mais relève plutôt d’une idéologie libérale
consciente des
« contraintes budgétaires nationales [obligeant] le
volume des aides
directes [à se réduire de toute façon] ». A la question
institutionnelle,
le texte de synthèse de la convention
répond : « Dans ce cadre,
nous considérons que la question de l’évolution institutionnelle des
territoires doit rester ouverte car l’avenir, au sein de la République,
n’est
pas figé. Cependant, l’évolution institutionnelle ne peut tenir lieu de
politique de développement et être considérée comme une fin en soi.
Concrètement, si une évolution doit avoir lieu, elle doit d’abord servir au développement du
territoire concerné et à
l’amélioration des conditions de vie de sa population. ».

Tout un
programme qui semble t-il n’a
pas été entendu par les UMP-istes
« d’outre-mer ».Comment comprendre
qu’un Amédée Adélaïde qui vantait il y a peu la victoire de la
départementalisation sur les golomin de Pointe-à-Pitre ou qu’un Blaise
Aldo, le
seul élu français à citer encore De Gaulle dans ses discours ne se
réclament
aujourd’hui que de l’UMP ? Quand Sarkozy
tempête : « Je
suis persuadé que nos compatriotes
ne sont plus dupes des discours politiques démagogiques qui, jouant de
façon
caricaturale de la « corde sensible », en finissent
par être ridicules,
paternalistes ou vides de portée pratique. » ne se
sentent-ils
pas au moins visés par le terme
« caricaturale » ? Le fait
est que, l’UMP Guadeloupe, aveuglée par son anti-Chevrysme
assimilationniste
(Lucette étant soupçonnée d’avoir pactisé avec le diable
« changement de
statut » !) et par son désir sécuritaire à tendance
xénophobe (Sarko
contre la « racaille » d’ici et de
l’immigration !), est
incapable de penser les enjeux politiques et idéologiques qui se jouent
en leurs
noms mais sans eux. C’est sûr que cela doit paraître comme un effort
surhumain
pour les deux petits géreurs de l’habitation UMP que sont
Beaugendre et
Carabin. Pathétique est la trajectoire du Mako qui pensant servir
fidèlement
son maître peut se trouver avec en cadeau ce qu’il a toujours
combattu !
Il ne faudrait pas se tromper en pensant que seuls le libéralisme ou la
volonté
de rompre avec la Chiraquie d’Outre-Mer peuvent expliquer cette
« rupture » de Nicolas
Sarkozy.
L’explication est aussi, et peut-être surtout, à rechercher dans la
prise en
compte d’un phénomène générationnel : le personnel politique
français
change ; Chirac est sans doute le dernier
représentant d’une
génération qui a connu « l’empire colonial français »
ou du moins qui
s’est nourri de ce mythe. Le rapport colonial devient plus
« pragmatique » et moins
« affectif ». C’est une donnée
forte qu’il faudrait que nos politiques, de droite comme de gauche,
intègrent
si nous ne voulons pas nous réveiller un jour avec une
Guadeloupe
autonome, ayant Jarry comme capitale ! Autrement dit, une
Guadeloupe non
guadeloupéenne ! ».

Pas un
mot à retrancher, et ma
conclusion qui prédisait « une Guadeloupe avec Jarry pour
capitale »
trouve toute sa vérité dans la stratégie avouée du Medef.
Avec la mise
sur pied d’Alliance 2030, il s’agit pour les puissances
d’argent, et qui
plus est de la frange la plus réactionnaire, de déposséder le peuple
guadeloupéen de la mainmise sur ses affaires, sur son destin.
-
deuxième
leçon : Willy Angèle
est en grande difficulté financière : Angèle patron
de WP conseils
(société gérée avec son beau-frère) demande à Angèle patron du Medef de
lui
verser 80 000 euros pour réaliser un projet de société en 60
jours. Faites
vos jeux ! A ce prix là, si on rapporte à la population
française en faisant
une règle de 3, il aurait pu demander 12 000 000
d’euros pour faire
le « projet de territoire » de Sarkozy.
Comment la France
peut-il se passer d’un tel génie du projet ?
-
le
clan des anti LKP
n’est pas un long marécage tranquille. Willy Angèle semble admettre
l’idée
d’autonomie : « Nous aurons fait la preuve de notre
début d’émancipation
et d’autonomie ». Le capitalisme n’a pas d’état
d’âme, il se fout
comme de sa première OPA du statut politique, l’essentiel c’est que le
business
fonctionne. Angèle se démarque ainsi des indécrottables
départementalistes
comme Edouard Boulogne (son ancien prof de philo) ou comme Amédée
Adélaïde,
inspirateur de la récente association « Cohésion sociale et
libertés
républicaines ». Encore une fois l’argent n’a ni couleur ni
odeur ni
idéologie !
- Dernière
leçon : le LKP a eu raison de ne pas participer aux états
généraux puisque
le représentant de l’état a demandé
« clairement » au Medef de
faire le « projet pour la Guadeloupe ». De quoi
peut-on alors
discuter ?
En
tout état de cause, il nous faut engager un véritable
combat politique contre ce coup d’état au roulement de
fesses
d’allure démocratique mais qui n’est en réalité qu’un appel à
prostitution de
peuple : contre l’autonomie d’intendance,
il faut oser, poser,
opposer une autonomie politique !
Wonal
SELBONNE
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