ÉDUQUER OU
CIVILISER LA
BANLIEUE ?
Nasser
Demiati

Lettre ouverte au président
de la République française à propos de l’éducation du peuple
préface de Raphaël
Confiant
Il
s’agit d’une très vieille tradition, qui n’est propre ni à la France ni
même à
l’Europe : celle de l’adresse au maître, au chef, au roi ou,
de nos jours,
au président. Adresse qui prend, ici et là, des formes diverses, se
faisant
tantôt supplique haranguée en place publique, tantôt lettre ouverte
publiée
dans la presse ou encore opuscule fiévreux qui doit se lire d’une
traite.
Nasser
Demiati, banlieusard mais/et diplômé, a choisi cette dernière forme
pour dire à
Nicolas Sarkozy son fait quant à la question de l’éducation populaire.
Pour le
président français, en effet, le « mal des
banlieues », comme le
disent pudiquement les magazines germanopratins, proviendrait tout à la
fois de
l’absence d’encadrement parental et de l’échec de l’école républicaine.
Les
jeunes voyous, dans leur grande majorité africains et maghrébins, la
racaille,
pour employer un mot devenu célèbre, font le commerce de la drogue,
agressent
les honnêtes gens, brûlent des voitures le samedi soir (ou des
bibliothèques et
des écoles lors des émeutes) parce que l’autorité de l’État aurait
déserté les
« quartiers sensibles », autre euphémisme
qu’affectionnent les
éditorialistes bien pensants. Il s’agit donc d’abord d’y rétablir la
loi et
l’ordre (en renforçant la présence policière), puis, à travers
l’institution
scolaire, d’arracher les élèves à l’obscurantisme parental (fortement
teinté
d’islam) dans lequel ils baignent.
On
comprend que Nasser Demiati ait fait de l’insolence une sorte de
devoir. Mais
il s’agit d’une insolence cultivée, brillante même, qui dénote une
solide
connaissance de l’histoire de France tout autant qu’une aptitude
remarquable à
utiliser les théories sociologiques les plus modernes au service de sa
démonstration. Mêlant ainsi l’analyse la plus rigoureuse à l’anecdote
personnelle, il nous conduit au galop, mais sans raccourcis réducteurs,
au cœur
même du problème : la mythique école républicaine de papa est
morte et
bien morte. Elle s’est fracassée contre cette résistance têtue, tantôt
muette
tantôt braillarde, que lui ont opposée, depuis les années soixante,
ceux qui
aiment, pour certains, à s’appeler « les Indigènes de la
République ». (extrait de la préface de Raphaël Confiant)
Nasser
Demiati, chargé
d’enseignement en sociologie à l’université d’Évry-Val-d’Essonne, est
notamment
co-auteur de l’ouvrage Quand les banlieues brûlent... Retour sur les
émeutes de
novembre 2005 (La Découverte, 2007), et de différents articles sur les
banlieues, l’éducation populaire et l’islam.
Date de
parution : 03 juin 2009 format :
11 x 17 cm - 98 pages ISBN : 978-2-912868-77-0I Prix
TTC : 10 € |
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