PYEPIMANLA LE MAGAZINE ANTILLAIS 

bonhomme de pierre de l'anse cafard

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La rencontre, prédestinée, destinée…

Toujours dans ma démarche intellectuelle de compréhension du phénomène de la de rencontre, ce qui la motive,  poussant deux êtres à créer ce quelque chose, une magie, cette aura qui les cerne et lorsque marchant l’un à côté de l’autre,  donne le sentiment de plénitude, et de n’être qu’un.

La rencontre  aussi brève fusse-t-elle[1]  à la faculté d’apporter à l’un et à l’autre, une force immesurable pouvant le bonifier  ou  le corrompre.

Sans coup férir,   cette transformation tant sur l’aspect positif que négatif,  change les individus, n’étant plus les plus même avant qu’après.

Mais quand cesse la relation  que reste-t-il ?

Quoi qu’il en soit, la rencontre est une richesse le plus souvent, même si parfois cette rencontre supposée engendrer plaisir et bonheur, se meut en tragédie,  destinant l’autre à son autodestruction, soit physiquement par le suicide, soit par l’addiction à des  drogues pour surmonter l’absence...

Est-ce la mort de l’actrice Lucy Gordon, fait que je me  replonge dans ma quête de ces « indéfinissables aléatoires où de ces incompréhensibles phénomènes  qui conduisent notre vie » pour notre bien ou notre malheur.

J’écris et j’écris, une image s’impose à moi, celle des trois Parques[2] ou des trois Moires, des déesses aussi vieille que le monde et précédant le temps.

Le destin de l’homme ou de la femme est-il écrit dans une plaque d’airain ou est-ce ces Moires qui tissent et détissent les destinées humaines, ce qui renvoie inévitablement à la question du pourquoi, une question sans  réponse.

Le suicide d’un ou d’aucuns me semble d’une grande violence, quand les faits, les circonstances ne sont que des contingences ou blessure que temps guérira. Une violence contre soi et contre l’autre, qui à jamais portera sur la conscience cette mort comme un fardeau, ce sera désormais sa croix. 

Ce n’est pas le décès de cette jeune femme, tant en meure chaque jour, mais une conversation entendue entre de deux jeunes femmes à l’arrêt d’un bus,  dont l’une parlait de sa relation avec un garçon. Une  relation  à ses dires inaccomplie,  qu’un élan irrépressible  la poussait à aller jusqu’au bout, bien  que  connaissant  la conclusion, mais elle se sentait dans l’obligation  d’aller jusqu’au bout pour y mettre un terme.

Elle en parlait avec une grande lucidité, elles étaient jeunes et belles, une chabine et une de ces françaises créolisées fruit de cette nouvelle génération faisant fie des schèmes de pensée passéistes de leurs aînés.

Je l’écoutais, elle parlait pour nous deux  en fait, elle ne cessait de bouger comme ayant une musique dans la tête, mais elle parlait, je percevais une pointe de regret, juste une pointe et tout son corps m’indiquait qu’elle était dans la l’attente de la prochaine rencontre.

Et ce matin en faisant ma revue de presse, je me suis senti envahi par ces rencontres, ces histoires « d’amours inachevées », pas tous car la mémoire a déjà oublié  l’existence de plus d’unes, de ces flammèches  jaillissant de l’âtre de la passion et s’éteignant aussi sec. Tant sont oubliés…

Je parcours  les différents sites, lisant les différents articles et je tombe sur deux vidéos dont l’un me renvoie à une femme, qui me fut plus que chère, bien que nous n’ayons plus aucune relation, mon cœur la chérit encore.

Je crois, peu importera ce que qui se passera, le temps passera, il glissera sur elle comme les trois autres femmes m’ayant « construit. »

Et cette femme  qui prenait un malin plaisir en me tirant continuellement la langue, est comme imprimée en moi.

Cette chanson c’était la mienne, nous ne la partagions  pas, je la crois même insusceptible de l’apprécier :

Kimberlite zouk II - Nehmy - mon desir

L’autre femme de deux ans plus jeune que « ma tireuse de langue qui était belle comme une princesse Ashanti. »  L’autre une bata-zindienne, une peste, mais  jolie comme tout, intelligente, mais une peste, vous insultant à qui mieux-mieux. 

Elle m'approvisionnait en musique, dont quelques uns se trouvent dans le clip. Je n'en sais plus trop rien, tout cela est loin, mais cette musique, je ne sais pour quelle raison me rappelle ma Petite Fée.

(45mns de Mix Zouk) Clips Party / JDX DJ JO SONO PLUS

Il n’eut pas d’histoire d’amour entre nous, juste une grande incompréhension, un malentendu. Elle rêvait de week-end en Bretagne, de spa, de… mais je ne me suspendais à ses rêves.

L’une comme l’autre à des degrés divers  partageait  une propension à l’irrationalité, se laissant porter par leurs humeurs. 

Nul doute, que l’une comme l’autre trouvera « celui devant les accompagner au-delà du couchant. »

Que je me souvienne de la seconde, la première est dans mes quotidiennetés, mais  c’est la troisième qui m’inquiète.

Nous ne partagions aucune musique, sans doute un effet générationnelle, mais j’ai conservé le goût de son corps, de ses lèvres, et...

Elle ne m’a jamais fait écouter la musique de son île : « viking », elle dansait pour moi dans des moments de tendresse, ce n’est qu’aujourd’hui, cinq mois après que je me décide de savoir à quoi cette musique pouvait ressembler.

Mayotte viking mayotte paka tcho

Son souvenir est présent, affectueusement accrocher à moi,  il s’est terni par les paroles d’une personne du milieu hospitalier qui m’informait d’elle, hier.

J’eus vent des soucis qu’elle rencontrait, et cette personne me disait : « les cellules métastasées dans ces pays au système hospitalier déficient réapparaîtront, c’est juste une question de temps, elle aurait dû rester en France… »

Je me suis senti glacé par l’horreur, elle est tellement jeune et après toutes ces années à se battre contre la maladie, si jeune, toute seule, sa vie était là-bas, tant de chose à rattraper, tant de chose à vivre, vivre son âge.

Et je suis là, incapable de composer son numéro de téléphone, à force des 3/4 du temps de tomber sur ses parents ne parlant ni français ni anglais, ni à lui  adresser une lettre.

Je  m’y résoudrai,  lui dire que si  tout cela devait recommencer, je serai là pour l’accompagner, cette fois elle ne sera pas seule…

Le temps que je prenne la plume est à corréler avec le temps que j’accepte que cela puisse être vraie.

J’ai allumé une bougie dans la nuit, j’ai  prié pour que cette belle enfant échappe à son vécu, à ce passé cauchemardesque et puis j’ai tellement envie que le choix que nous fîmes à un instant T soit le bon.

La rencontre génère ses obligations et conduit parfois à faire des choix, que nous voulons tellement fort qu’ils fussent les bons.

Evariste Zephyrin




[1] « Fusse-t-il, fusse-t-elle » sont des formes inexistantes employées à tort à la place de « fût-il, fût-elle » (« fussent-ils, fussent-elles » au pluriel.) Mais j’emplois  cette forme (je ne suis pas le seul à le faire), en raison de l’euphonie.

[2] Clotho, Lachésis et Atropos







Un van de liberté un esprit insoumis