La drépanocytose
Une
maladie qui
souffre de préjugés
Mon épouse,
journaliste, m’a fait
parvenir le message initié par M Tony MARDAYE sur la drépanocytose. Le
sujet
m’intéresse. Je suis médecin, originaire d’Afrique Centrale et ai
soutenu une thèse
de doctorat sur la drépanocytose homozygote chez
l’enfant, à
l’université de Picardie Jules
Verne, Amiens.
J’habite et
exerce actuellement sur l’île de la Réunion où
existent naturellement des cas. Pour ce qui concerne mon exercice, j’ai
surtout
vu des cas de drépanocytose hétérozygote, qui font le lit de la forme
majeure
de la maladie. Le parcours décrit par M MARDAYE est très vraisemblable
et
relève tout le paradoxe qu’il y a dans la manière dont la société
scientifique
française appréhende la maladie drépanocytaire. Nous sommes en présence
d’une
maladie génétique majeure, significative en nombre de cas en France,
mais les
esprits en sont toujours à considérer, à tort, que la situation ne
concerne pas
l’hexagone, à cause du trop rapide et faux préjugé qui consiste à
croire que la
maladie est dépendante de la race.
Nous avons
toutefois la satisfaction d’avoir vu la drépanocytose
s’inscrire dans la liste des maladies ouvrant droit à la prise en
charge à 100%
au titre des affections à longue durée. C’est une étape majeure, mais
non
soutenue par les instances scientifiques françaises (par la recherche,
notamment). Le chantier de la drépanocytose reste malheureusement
intact et
inexploré.
Pendant la
rédaction de ma
thèse, je me suis bien rendu compte de ce que dit M MARDAYE :
ma
bibliographie a presque entièrement été basée sur des publications
anglophones.
Cela vient
traduire la réalité
française concernant cette maladie : chez nous en France, on
ne perçoit
pas les immigrés comme des gens susceptibles de rester et d’y vivre.
A l’extrême,
le concept
d’immigré inclut aussi les Français des DOM/TOM, alors même que la France est réellement le n°
1 des mixités en Europe.
Le
professeur (xxx) passait par ses
publications pour être le « Monsieur Drépanocytose »
en France mais
j’ai juste eu à regretter son injoignabilité voire son manque d’entrain
à
tendre la perche à un étudiant thésard s’intéressant à son sujet de
prédilection.
Mais ledit sujet
était bouillant et l’est toujours, je
crois : alors que ma thèse était à l’imprimerie, j’ai continué
de recruter
des contacts et conseils à intégrer, avec les toutes dernières
publications,
grâce à un agrégé exerçant dans une clinique privée parisienne.
Les informations
qu’il me procurait étaient si récentes et
si importantes que j’aie littéralement fait le siège de l’imprimeur
pour les
faire intégrer de justesse à la main et au pas de course.
Docteur Jules
Valentin KPALE-PELYME
A
lire :
La
drépanocytose en Martinique
La
drépanocytose dossier complet sur la maladie
(Guadeloupe)
Controverse
autour d'un médicament efficace contre une maladie sanguine héréditaire
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