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Abeilles en danger
Un apiculteur sans frontière

 abeille

Photo : Evariste Zephyrin

L'année s'annonce bien pour les abeilles. C'est Michel Blanguérin qui le dit, et on croit cet apiculteur dont les conseils sont écoutés… jusqu'en Martinique !

PLUS de 6.800 km séparent Rethel des Trois-Ilets en Martinique, des dizaines de degré aussi selon les saisons (il fait rarement en dessous de 20°C au pays d'Aymé Césaire) mais les abeilles restent les abeilles. Une bonne méthode d'élevage dans les Ardennes s'applique aussi dans une chaleur tropicale. C'est l'expérience que fait l'apiculteur de Novy-Chevrières, Michel Blanguérin depuis 6 ans.

L'histoire débute par hasard en 2004. L'apiculteur et son épouse, Michèle, sont en Martinique où leur fille enseigne. Dans leur hôtel des Trois-Ilets (quelques kilomètres au sud de Fort-de-France), Michel Blanguérin sympathise avec le jardinier également apiculteur. Ce dernier s'inquiète de ne plus faire de miel depuis plusieurs années. Teigne, ruche affaiblie, mauvaise récolte… l'Ardennais propose ses services, vite acceptés.

Après observation, il suggère de tester sa méthode sur une partie des ruches. L'expérience est concluante, les résultats sont visibles en quelques semaines. L'année suivante (les Blanguérin voyagent désormais 5 à 6 semaines par an en Martinique), l'apiculteur martiniquais rappelle son ami métropolitain à la rescousse et l'oriente même vers d'autres apiculteurs également en difficulté.

Il arrête dans 4 ans

Six ans plus tard, Michel Blanguérin est en contact avec quatre apiculteurs martiniquais : « Mais ils n'ont plus besoin de moi. Ils ont compris, ils ont fait et ils sont contents. Le seul problème vraiment difficile à régler, c'est la teigne ». Développer un réseau de formation n'intéresse pas cet ancien formateur de l'Afpa à la retraite.

Il est prêt à rendre service, mais il avoue aussi son envie de profiter de ses vacances et de sa retraite. Il commence même à diminuer son activité - toute relativité gardée - en passant cette année de 1 50 à 130 ruches. D'ici trois à quatre ans, il envisage même d'arrêter complètement.

Depuis 1982, l'homme a fait du chemin dans le monde des abeilles et aimerait vivre ses week-ends autrement. Mais pour le moment, il fait surtout les marchés (prochain rendez-vous vendredi à Tagnon et dimanche à Launois-sur-Vence) pour vendre les fruits de sa récolte : miel, gelée royale, pollen et même pain d'épices, confiture, madeleines… Car son épouse l'a aidé à diversifier sa production en s'occupant de la transformation du miel.

Une très bonne idée qui leur vaut chaque année plusieurs médailles au concours des terroirs organisé à La Capelle dans l'Aisne (neuf médailles en 2008).

Fin avril début mai, la récolte de printemps commencera et si le temps se maintient, l'année s'annonce bien.

Nathalie DIOT

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Un van de liberté un esprit insoumis