Sida
: arrivée en France du premier traitement en une prise quotidienne
PARIS,
15 mai 2009 (AFP) - La première trithérapie anti-VIH en un comprimé
quotidien,
l'Atripla, qui devrait faciliter l'observance du traitement, arrive sur
le
marché français à l'initiative conjointe de deux laboratoires
américains, Gilead
et Bristol-Myers Squibb (BMS).
La
prise de ce médicament, une grosse pilule, est
possible pour les patients déjà sous traitement, ayant un taux de virus
dans le
sang indétectable depuis plus de trois mois et n'ayant pas d'antécédent
d'échec
thérapeutique avec d'autres antirétroviraux. Il pourrait répondre aux
besoins
de près de 30.000 des 120.000 séropositifs français, selon les
laboratoires.
Atripla combine les médicaments Sustiva (molécule efavirenz) de BMS et
Truvada
(deux molécules, emtricitabine et fumarate de ténofovir disoproxil) de
Gilead
Sciences. Le nouveau médicament fournit au patient la même quantité de
molécules, a indiqué vendredi Jean-Paul Kress, directeur général de
Gilead
France, devant la presse. Cette collaboration entre deux entreprises du
médicament concurrentes "est une première dans l'histoire de l'épidémie
de
sida", indiquent Gilead et BMS. Atripla a reçu l'autorisation
européenne
de mise sur le marché en décembre 2007. Il est à ce jour en vente dans
59 pays.
Le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence de recherche sur
le sida
(ANRS), a rappelé que lors de l'avènement des trithérapies, dans les
années
95/96, les traitements comprenaient "25 à 30 comprimés par jour", ce
qui entraînait des "problèmes d'adhésion et de suivi du traitement".
Le Pr Pierre-Marie Girard, chef du service des maladies infectieuses de
l'Hôpital saint-Antoine, rappelant que la clé
d'un traitement réussi c'est
"l'observance", a cité des patients disant : +le traitement
fonctionne, mais c'est une horreur+". Une boîte d'Atripla (un mois de
traitement), est facturée 834,30 euros, soit selon les laboratoires
l'équivalent du coût des deux pilules qu'il remplace. Une baisse de 6%
est
prévue au 1er janvier 2010. La firme pharmaceutique israélienne Teva,
un des
leaders mondiaux du médicament générique, a d'ores et déjà émis
l'intention de
développer un générique de l'Atripla. Gilead a annoncé jeudi avoir
porté
plainte.
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