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LE
PRESERVATIF PROTEGE-T-IL
VRAIMENT CONTRE
LE SIDA ?

UN
DOCUMENT DE LA SACREE CONGREGATION POUR LA FAMILLE
INTRODUCTION
Parce
qu'il
n'existe pas de vaccination contre l'infection à VIH/SIDA, et parce que
la thérapeutique
spécifique contre le virus, en dépit de ses progrès, ne donne pas de
guérison,
mais seulement, dans les meilleurs cas, une stabilisation du SIDA, et
de plus
est hors de portée de la plupart des personnes infectées par le VIH,
tous les
efforts dans la lutte contre cette maladie ont été dirigés vers la
prévention.
La
véritable
prévention passe par le changement de comportement, qu'il s'agisse de
promiscuité sexuelle, d'homosexualité, ou d'addiction à des drogues
injectées
par voie intra-veineuse. Mais une telle prévention nécessite un
véritable
changement culturel auquel notre époque semble pour l'instant se
refuser.
C'est
pourquoi il
a été proposé, dès le début de l'épidémie, d'en limiter les effets
dévastateurs
et la dissémination par l'usage, dans les rapports sexuels à risque, du
préservatif masculin. Les autorités sanitaires, appuyées en cela par
les
gouvernements, ont donc promu à grand renfort de publicité l'usage du
fourreau
pénien en latex. Cette promotion massive a été basée sur le leitmotiv
que le
préservatif était actuellement l'unique moyen de prévention du SIDA à
notre
disposition. Ce dont on peut s'étonner, à propos de cette promotion
élective,
est que le préservatif soit devenu dans les esprits comme dans le
discours des
médecins, des associations de lutte contre le SIDA, et des hommes
politiques
une sorte d'arme absolue, dont la contestation prendrait un caractère
quasi-blasphématoire. Certains hommes politiques n'ont ils pas cru
opportun
d'aller jusqu'à accuser le Saint Père de "crime contre l'humanité" et
de proposer son jugement en Cour Internationale de Justice parce que le
Chef de
l'Eglise Catholique s'était permis de mettre en doute la moralité du
dit
préservatif et de rappeler que la seule prévention efficace était la
chasteté.
Certaine
Commission d'une Conférence Episcopale, présidée par un évêque, a
semblé
récemment se ranger à "l'opinion politiquement correcte" du moment,
en déclarant le préservatif "nécessaire"1. Il est en fait rapidement
apparu rapidement qu'il y avait là en fait une ample manipulation par
les
médias d'un fragment du texte de cette Commission, mais le mal avait
été déjà
fait. Malgré les mises au point ultérieures, les gens - y compris bien
des
Evêques catholiques de par le monde - sont restés sur la première
impression.
Paradoxalement c'est une voix médicale qui s'est élevée dans le très
respectable British Journal of Medicine pour prendre à partie le
"nécessaire" des évêques en rappelant que le préservatif était loin
d'avoir la "fiabilité" que lui accordait généreusement la commission
épiscopale2.
Tandis
que les
jeunes sont devenus la cible préférée de la propagande en faveur du
préservatif, qu'on les avise d'en avoir toujours un à portée de la
main, dans
la poche, le porte monnaie ou le sac, tandis que des distributeurs de
préservatifs sont venus orner tous les lieux publics et les
établissements
scolaires, l'infection à VIH a continué tranquillement sa progression,
sans
paraître trop impressionnée par la redoutable barrière de latex qu'on a
voulu
lui opposer depuis quinze ans. Par exemple, alors que, en France, il y
avait en
1989 3000 cas de SIDA déclarés et environ 30.000 sujets
VIH-séropositifs, on
comptait en 1996 39.755 cas de SIDA déclarés depuis l'origine dont
61,4%
étaient déjà morts et 110,000 sujets séropositifs. Le nombre total réel
de cas
de SIDA depuis le début de l'épidémie est estimé entre 45.500 and
50.000, avec
6000 nouveaux cas chaque année depuis 19933. La France détient
d'ailleurs un
record d'infection avec 627 nouveaux cas de SIDA déclarés par année et
par
million d'habitants pour 845 en Espagne, 482 en Italie, 322 au
Danemark, 191 en
Angleterre, 90 en Finlande. On ne peut donc pas dire que la promotion
spécialement active du préservatif en France ait arrêté, en quelque
manière que
ce soit, l'épidémie de SIDA. Le léger fléchissement de la mortalité par
SIDA
noté en France en 1995 ne reflétait en fait que la fin de la grande
vague
d'infection des années 80, mais le fait que l'âge de décès par SIDA
s'abaisse
régulièrement est inquiétant et ne préjuge pas bien de l'avenir
immédiat. Si la
contamination des toxicodépendants par seringues-aiguilles contaminées
a
diminué, la contamination hétérosexuelle augmente régulièrement (de 20%
entre
1993 et 1994). On peut donc légitimement s'interroger sur la validité
de cette
stratégie "tout-préservatif".
La
question qui
est ici posée est la suivante: le préservatif est-il ce moyen absolu de
prévention du SIDA dont on nous parle? Ou y-a-t-il une limite à son
efficacité
qui expliquerait les chiffres qui viennent d'être donnés?
I - LES
ECHECS DU
PRÉSERVATIF
Ce que
les
campagnes de promotion ne disent pas, c'est que le préservatif n'est
pas
l'instrument magique auquel on veut faire croire, mais a ses limites,
bien
naturelles, d'efficacité. Il ne peut pas protéger à 100%.
A - LE
TAUX
D'INSUCCÈS DU PRÉSERVATIF COMME CONTRACEPTIF
Les
préservatifs
furent conçus initialement pour servir de contraceptifs mécaniques.
L'index de
Pearl du contraceptif est compris entre 2 et 15, avec une valeur
moyenne entre
2 et 34.Le taux d'échec du préservatif masculin dans la prévention de
la
grossesse, défini comme la probabilité de grossesse sur une période
d'un an
pour une femme n'utilisant que le préservatif comme moyen contraceptif
est de
l'ordre de 5 à 30% (4% dans les couples très motivés d'une Association
de
Planning Familial selon Vessey), entre 6 et 22% des couples étudiés par
Grady5.
Une étude américaine à large échelle sur l'efficacité de différents
préservatifs pour prévenir les grossesses montre in échec de 15% chez
les
jeunes usagers dans leur première année d'utilisation, et un échec de
2% chez
les couples experts dans l'usage du dispositif6 Dans une revue faite
par Gordon
le taux d'échec du préservation dans la prévention des grossesses varie
entre
10 et 30%7 (5 à 12% par et par année de contraception par préservatif)8
Ces
échecs sont expliqués par une mauvaise utilisation du préservatif et
aussi par
des fuites et des déchirures de l'instrument9. Dans un article récent
il a été
dit que l'échec du préservatif était la cause première des grossesses
non
désirées. Sur les 4666 femmes qui vinrent avorter au Marie Stopes
Centre à
Leeds entre 1989 et 1993, 40% d'entre elles rendirent l'échec du
préservatif
responsable de leur grossesse non désirée10. La cause la plus fréquente
d'échec
du condom, selon Gordon, serait les déchirures. Considérant que la
période
fertile chez l'homme occupe 6 à 10 jours du cycle, éliminant le facteur
de
fertilité, un échec de contraception constaté ne représente que 21 à
36% des
échecs réels du préservatif dans l'établissement d'une barrière
efficace face
au sperme. Le taux réel d'échec pourrait être 3 à 5 fois plus élevé11.
B -
ECHEC DES
PRÉSERVATIFS A EMPÊCHER LES MST
Abandonnés
comme
contraceptifs, les préservatifs ont été proposés dans notre siècle pour
des
raisons de prophylaxie antivénérienne, pour empêcher la transmission
des
maladies sexuellement transmissibles (MST). Cependant, de façon
d'ailleurs
logique, on observa un taux d'échec dans cette prévention comparable à
celui
noté dans la prévention des grossesses12. D.Barlow, sur un total de
3543
diagnostics de gonorrhée chez des hommes observés durant une période de
six
mois, trouva que les utilisateurs de préservatif (247 hommes) avaient
un peu
moins de MST (259) que les non-utilisateurs (3543 sur un total de 3300
malades). Les urétrites non spécifiques se rencontrèrent aussi souvent
dans le
groupes des utilisateurs que dans le reste des patients de la
clinique13. Cohen
et al. effectuèrent une étude dans laquelle des malades ayant contracté
une MST
reçurent une formation à l'utilisation des préservatifs. Dans les 9
mois
suivant cette formation, 19.9% des hommes et 12.6% des femmes revinrent
avec
une nouvelle MST, certains plusieurs fois de suite. Le taux de
réinfection par
MST augmenta en fait chez les femmes à la suite de cette formation14.
Une étude
faite dans une clinique génito urinaire de Londres montra que, bien que
l'utilisation des préservatifs avait augmenté de 4% à 21% entre 1982 et
1992,
celle-ci n'avait pas eu d'impact sur le nombre de maladies sexuellement
transmissible à virus observées15. Le gouvernement des Etats Unis a
d'ailleurs
retiré le financement accordé de 2,6 million de dollars d'une étude sur
les
préservatifs dans la crainte qu'un nombre inacceptable d'utilisateurs
de préservatifs
ne soient infectés au cours de cette étude. Le préservatif réduirait
les
infections bactériennes sexuellement transmissibles selon un taux de 2
sur
1016.
Des
études
réalisées par le MISH (Medical Institute for Sexual Health) aux Etats
Unis sur
la transmission d'infections génitales à Chlamydiae ont montré que
lorsque des
partenaires non mariés utilisaient un préservatif comme prophylactique
lors de
leurs rapports sexuels, le préservatif n'empêchait pas la transmission
des
Chlamydiae et paraissait même l'exagérer17.
C -
TAUX D'ECHEC
DES PRÉSERVATIFS DANS LES RAPPORTS HOMOSEXUELS MASCULINS
Même si
les
préservatifs étaient de bons agents contraceptifs, leur efficacité
serait
moindre dans les rapports homosexuels anaux. Dans une publication du US
Department
of Health and Human Services sur "Préservatifs et Maladies sexuellement
transmissibles..particulièrement le SIDA", l'ancien Chirugien Général
C.Everett Koop écrivait que "les préservatifs donnent une certaine
protection, mais le rapport anal est simplement une pratique trop
dangereuse". La publication ajoutait: "Les préservatifs sont
davantage susceptibles de se rompre durant un rapport anal que durant
les
autres types de rapport sexuel à cause de l'importance particulière des
frictions et autres stress qui y sont en jeu. Mème si les préservatifs
ne se
rompaient pas, le rapport anal est très risqué parce qu'il provoque des
déchirures et des saignements des tissus dans le rectum. Ces contusions
permettent aux germes de passer plus facilement d'un partenaire à
l'autre"18.
Dans
l'édition du
18 septembre 1987 de U.S.A.Today, l'ancien Chirurgien Général
soulignait à
nouveau ce point: " Bien plus d'échecs sont à prévoir pour le
préservatif
dans des rapports rectaux que dans des rapports vaginaux, et il est
important
de le savoir". D'autres chercheurs ont exprimé la même préoccupation.
Il a
été consigné dans le British Medical Journal que "rien ne prouve que la
membrane habituelle des préservatifs puisse résister au rapport sexuel
anal". Des recherches spécifiques ont indiqué que le taux d'échec du
préservatif est en fait élevé chez les homosexuels mâles19.
Cet
échec des
préservatifs dans la prévention des MST et donc du VIH/SIDA s'explique
à trois
niveaux:´
-
technique
(porosité, fuites, ruptures, dégradation du latex);
-
utilisation
(contamination du préservatif, contenu répandu au dehors);
-
contournement
de l'obstacle par le virus (contamination avant l'installation du
préservatif,
et par les secrétions émises durant le rapport sexuel).
II - EFFICACITÉ TECHNIQUE
DES PRÉSERVATIFS
Le rôle
protecteur des préservatifs peut se montrer défaillant pour trois
raisons
techniques:
- la
structure
poreuse du latex
- la
possibilité
de fuites et de ruptures
- la
dégradation
possible du latex
A - LA STRUCTURE
DU LATEX
Certaines
études
in vitro ont montré que les membranes de latex des préservatifs étaient
imperméables au VIH et autres agents des MST20. Cependant, ces
résultats ont
été mis en question - en particulier lors de la Vth International
Conference on
AIDS à Montreal - après que des préservatifs bien contrôlés, issus de
fabricants bien connus aient montré une perméabilité à des microsphères
de
taille supérieure à celle du VIH (6 préservatifs sur 69)21. Gordon
concluait de
ces résultats que les méthodes actuelles pour contrôler la qualité des
condoms
n'étaient pas suffisantes pour que l'on puisse en déduire que les
préservatifs
étaient imperméables au VIH22.
Le VIH
est en
effet un virus très petit (90 à 120 nm). il est 60 fois plus petit que
la
bactérie qui cause la syphilis et 450 plus petit que les
spermatozoïdes23.
C'est du reste le fait que les VIH aient pu passer la filtration
destinée à
retirer les champignons et les bactéries du plasma qui amena les
premiers
chercheurs à identifier comme virus l'agent causal du SIDA24. l est
clair que
l'utilisation d'un préservatif de latex comme barrière de protection
contre un
virus pose un autre problème que celui de la prévention d'une infection
bactérienne ou du passage de spermatozoïdes.
L'efficacité
de
l'effet de barrière et l'intégrité des préservatifs en latex est testée
au
travers d'une épreuve de fuit. Pour les VIH, tout orifice plus grand
que 0,10m
serait à considérer comme une fuite au travers de laquelle le virus
pourrait
passer. Le problème est que la sensibilité du test de fuite pour de
petits
défauts de la membrane n'est pas très grande. On a calculé que le plus
petit
orifice détectable par ce test sous des conditions idéales devait
mesurer 10-12
microns25. Cette limite de sensibilité du test rend critique le
problème des
défauts des membranes en élastomères.
L'intégrité
de la
structure du latex dépend de la formation d'un film cohérent par
coacervation
et coalescence des particules de latex. Dans le latex naturel ces
particules
mesurent de 0.1 à 5 microns. La très petite taille des virus pose une
exigence
inhabituelle sur tout matériel devant faire office de barrière. Bien
que l'on
suppose que la structure initiale capillaire du latex, d'avant lavage,
traversée par des passages interstitiels, s'effondre lorsque le film
sèche,
l'examen en microscopie optique suggère la persistance d'une structure
rappelant les particules originelles du caoutchouc. Cette structure
originelle
de particules se perpétue dans le matériel ultime sous forme d'un
réseau étendu
de pores26. Ces pores ont des diamètres atteignant 1,5 microns, comme
le montre
les images de microscopie électronique27. Le lavage par gel humide
semble
diminuer la porosité de la surface, suggérant que la structure poreuse
est un
reflet de la présence de résidus hydrosolubles qui empêchent la
coalescence des
particules de latex.
Les
gants en
latex produits par quatre manufactures différentes, examinés au
microscope
électronique, montrent des creux allant jusqu'à 15 microns de largeur
et 30
microns de profondeur. Plus importants pour la question du passage du
VIH, des
passages de 5 mm de large, traversant toute l'épaisseur de la membrane,
ont été
trouvés sur des sections fracturées par congélation de tous les
gants28. En se
basant sur ces faits, les chercheurs ont recommandé à ceux manipulant
des
éléments infectés par le VIH de porter deux paires de gants
superposées. Une
même recommandation a été faite en ce qui concerne les préservatifs29.
A cela
doivent être ajoutées les anecdotes relatant le passage de secrétions
corporelles au travers des gants en latex portés par les médecins lors
de leur
examen et les infirmières. Les chirurgiens mettent une second paire de
gants
lorsqu'ils arrivent au niveau des tissus particulièrement exposés à
l'infection, tels que les os, au cours d'une intervention chirurgicale.
La
taille déduite expérimentalement des défauts du latex naturel varie
entre 5 et
70 microns. Les différents protocoles d'expérience ont donné des
résultats qui
concordent entre eux.
Donc,
la présence
de défauts dans le latex, due à la structure en particules de ce
matériel, est
bien établie. L'utilisation d'un tel matériel pour une barrière de
protection
contre un virus de 100 nanomètres semble peu sage. Le latex ne peut que
réduire
la probabilité de transmission du virus. Mais il ne s'agit que d'une
réduction,
pas d'une barrière absolue. Il y a des pores dans le latex et ces pores
sont
suffisamment grands pour laisser passer des particules de la taille du
VIH, et
même de la taille de spermatozoïdes pour certains de ces pores30. Carey
et
coll. ont observé au travers 33% des membranes des préservatifs en
latex
étudiés, le passage de particules de la taille du VIH 31.
On dit
que, comme
le VIH est associé aux spermatozoïdes, ces pores du latex n'ont pas une
réelle
importance parce que les spermatozoïdes ne peuvent pas de toutes façons
passer
au travers. Les pores naturels trouvés dans les préservatifs en latex
ne
permettraient pas le passage du VIH, parce que celui-ci est dans les
spermatozoïdes et que l'ensemble est trop grand pour passer au travers
de ces
pores. Mais ceci est trompeur. Les articles de Anderson 32 et
Scofield33 ont
été certes utilisés pour supporter ces allégations. Ces articles
signalent que
le VIH est présent dans le sperme sous la double forme de l'association
à des
cellules et du virus libre. Ces articles montraient aussi que la
première des
cellules avec laquelle le VIH s'associe est le globule blanc et que les
leucocytes semblent constituer un composant très infectant du sperme.
Ils pourraient
servir comme vecteurs dans la transmission du VIH. Anderson souligne
aussi que
"il y a une grande chance pour que des virus VIH-1 sous forme libre,
présents dans le sperme, puisse passer dans l'organisme du partenaire".
Les deux articles semblent différer sur un point. Anderson écrit que
"le
sperme peut aussi servir de vecteur de la transmission de VIH-1 mais
que des
faits conclusifs manquent à ce propos". Scofield propose pour sa part
que
"le sperme absorbe directement et incorpore VIH-1, que le DNA viral est
transmis du sperme aux cellules-cibles du tractus génital". Ce qui
paraît
clair est le fait que le VIH existe bien dans un état libre, non
combiné à des
cellules dans le sperme et qu'il est très vraisemblable qu'il est alors
infectant et que si une fraction du VIH se trouve associée au sperme,
alors le
sperme peut agir en augmentant réellement l'infectivité virale.
Il est
dit que,
en effet, un condom asséché laisserait passer le VIH (et d'autres
virus) par
ses pores, mais que l'humidification du préservatif le rend imperméable
au VIH,
à cause de la tension hydrostatique qui empêche tout passage de
particules du
genre du VIH. Le latex serait imperméable au VIH, bien que laissant
passer le
virus de l'hépatite34. Cependant, si la surface du préservatif est
enduite
d'huile (par exemple par un liquide lubrifiant huileux), alors la
tension
superficielle à la surface du préservatif diminue, ce qui abaisse
l'obstacle
opposé au passage de l'eau et des molécules ou corps hydrophiles
(virus). Les
utilisateurs de préservatifs sont donc avisés de ne pas utiliser des
liquides
lubrifiants huileux lors des rapports sexuels. L'huile rendrait le
latex
cassant.
B - LA
POSSIBILITÉ DE FUITES ET DE RUPTURES
R.
Gordon pense
que les préservatifs en latex échouent à prévenir les grossesses à
cause des
ruptures de ces éléments. Rompre le préservatif alors qu'on l'utilise
n'a rien
d'excep tionnel. Cela arriverait dans 1,4% des cas, selon le Pr. J.G.
Girard,
Directeur du Service de Santé Publique français. Ce taux de rupture
s'éleverait
jusqu'à 5% en cas de sodomie, selon I. Vicenzi35. Golombok et coll.,
étudiant
l'utilisation des préservatifs chez 262 hommes homosexuels trouva un
taux de
rupture de 1 sur 27 préservatifs durant les rapports anaux. 31% de ceux
qui
avaient utilisé un préservatif lors d'un rapport anal reportaient au
moins un
incident de rupture36. Steiner et cool. ont observé que les lots plus
récents
de condoms ont un taux de rupture de 3.5-8.8% tandis que le taux de
rupture
pour des lots plus anciens va de 9.8% à 18.6%37. Cependant, J.Richters
et coll.
n'ont observé, en Australie, qu'un taux de rupture de 0,5% (3 sur 664
préservatifs) dans les préservatifs utilisés pour rapport sexuel
vaginal chez 4
prostituées féminines. Ils attribuent ce taux très modéré de rupture à
l'expérience de la prostitution, où les rapports sont plus courts que
ceux des
"rapports sexuels amateurs", et où les utilisateurs ont plus
d'expérience38. Dans une étude faite par Ahmed et coll., 29-42% de ceux
qui ont
utilisé des préservatifs ont eut au moins une rupture de
préservatif.39. Dans
une enquête effectuée par l'Université de Manchester, 52% de ceux qui
avaient
obtenu des préservatifs par leur clinique de planning familial
éprouvèrent au
moins une fois ou un éclatement ou un départ du préservatif durant les
trois
mois précédant l'enquête40. Les auteurs se déclarèrent surpris de
trouver
combien les personnes participant à cette enquête avaient eut des
"accidents" avec les contraceptifs, même ceux qui apparemment
utilisaient les préservatifs comme leur méthode de contraception
élective, et
cela alors que ces personnes avaient reçu une information détaillée sur
la
façon d'utiliser correctement les préservatifs. Dans des études de
Albert et
coll.41 et Wright et coll.42, respectivement 36% et 38% des répondants
rapportèrent des épisodes de rupture de préservatif.
Pour
une plus
grande sécurité, les utilisateurs de préservatifs devraient donc être
invités à
utiliser deux préservatifs, l'un sur l'autre, ou d'utiliser des
préservatifs
faits en un matériau plus solide que le latex, et totalement
imperméable (par
exemple l'acier inoxydable).
C - LA
DÉGRADATION DU LATEX
Les
préservatifs
en latex doivent être stockés de façon adéquate et utilisés
correctement afin
d'éviter la dégradation du latex. En effet, le latex se détériore avec
le temps
et devient cassant lorsqu'il se trouve exposé au soleil, à la lumière
solaire,
et aux lubrifiants huileux.
Les
préservatifs
sont sensibles au froid et au chaud; pourtant ils ne sont pas
transportés dans
des véhicules climatisés. Vesey, dans son étude des préservatifs43,
vérifia
72,000 camions et pu produire des photographies montrant des oeufs en
train de
frire dans la partie arrière de camions où étaient stockés les
préservatifs.
Pour un
usage
plus effectif et plus sûr des préservatifs, les utilisateurs sont
avisés:
- de
lire
l'étiquette du produit pour vérifier ce qu'il est supposé empêcher;
- de
faire
attention aux dates d'expiration des préservatifs avec spermicides;
-
d'utiliser un
lubrifiant aqueux;
- de se
méfier des
préservatifs vendus en distributeurs (sont-ils exposés au chaud et au
froid?);
- de ne
pas
conserver dans le porte-monnaie ou le sac un préservatif pour plus de
quelques
heures;
- de ne
pas
conserver de préservatifs dans la boite à gants de la voiture;
- de ne
pas
ouvrir le paquet de préservatifs avec les dents, des ongles pointus ou
des
ciseaux;
- de
faire
attention à l'ouverture du paquet, en contrôlant ses gestes;
- de
vérifier si
le préservatif n'est pas collant, ou du type chewing gum, ou adhérant à
lui-même;
- de
vérifier si
le préservatif n'est pas cassant et ne présente pas de trous ou de
déchirures;
- de ne
pas
dérouler le préservatif pour l'examiner;
- de
faire
attention à ne pas abuser d'alcool ou de drogues car ceux-ci rendent
oublieux
des conditions de bon emploi ou diminuent l'aptitude à utiliser
correctement
les préservatifs.
Cette
liste étant
donnée, et sachant que 83% des jeunes entre 14 et 15 ans disent que
leur
premier rapport sexuel n'était pas prévu, quelles sont les directives
que l'on
peut raisonnablement espérer voir suivre par les adolescents?(et
d'autres).
III -
ECHEC DES
PRÉSERVATIFS DUS A UNE CONTAMINATION DIRECTE PAR LE VIH
A -
CONTAMINATION
DE LA SURFACE EXTÉRIEURE DU PRÉSERVATIF PAR LE VIH
Une
autre raison
pour laquelle les préservations peuvent ne pas protéger contre le VIH
est que
leur surface externe peut être contaminée soit par des secrétions
porteuses de
virus, au moment de l'installation du préservatif, soit par du sperme
échappé
du préservatif à la fin de l'acte sexuel. On a mis en évidence la
présence du
VIH dans les liquides prééjaculatoires44. Le virus est aussi présent
dans
différents liquides ou secrétions venant de l'appareil génital du
partenaire
male VIH positif durant la première partie du rapport sexuel, avant que
l'érection ne permette l'installation du condom. Comment peut-on
imaginer qu'un
partenaire engagé dans un rapport sexuel soit suffisamment de
sang-froid pour
contrôler l'installation du préservatif sans en souiller la surface
externe par
quelque secrétion? Nous savons avec quel soin les chirurgiens mettent
leurs
gants avant une intervention, évitant tout contact entre la peau et la
surface
externe du gant. Pouvons-nous attendre un tel soin de la part des
utilisateurs
de préservatifs?
Les
hommes sont
en général bien protégés par les préservatifs. Mais les femmes sont
bien plus
exposées à la contamination, comme celle par le VIH présent à la
surface
externe du préservatif. Ceci est d'autant plus vrai que les femmes ont
une
infection vaginale (par défaut d'hygiène ou MST), ou, lors du premier
rapport,
lorsque l'hymen rompu expose la muqueuse à la pénétration d'un agent
infectieux
potentiel comme le VIH.
B -
CONTAMINATION
PAR LE VIH PRÉSENT DANS LES SECRÉTIONS PREEJACU LATOIRES
Jusqu'à
présent
on pensait que le VIH n'était présent que dans le sperme et le sang.
Ilaria et
coll. ont montré que le VIH est aussi présent dans les liquides
prééjaculatoires qui passent dans l'urètre masculin avant que ne soit
installé
le préservatif45. Pour cet auteur les "liquides prééjaculatoires
doivent
être considérés comme des vecteurs potentiels dans la transmission du
VIH-1". Pudney et coll. dans un autre article ont conclu qu'"il
serait prudent de considérer le liquide prééjaculatoire comme
potentiellement
infectant, et donc d'éviter d'exposer les muqueuses à ce liquide dans
la
pratique du "sexe sûr"46.
On sait
maintenant avec certitude que, chez un homme VIH séropositif, le virus
est
présent non seulement dans le sperme, mais aussi dans les secrétions
qui
précèdent l'éjaculation, avant que l'érection n'ait permis d'installer
le
préservatif47.
IV -
TAUX D'ECHEC
DU PRESERVATIF DANS LA PROTECTION CONTRE LE VIH
Les
études sur
l'effet protecteur du préservatif contre l'infection à VIH sont
particulièrement riches en inconséquences méthodologiques qui rendent
bien
difficile les comparaisons entre ces études48. Seules certaines de ces
études,
concernant uniquement les couples VIH-discordant (un des partenaires
VIH
séropositif, l'autre séronégatif), peuvent être considérées comme
conduites de
façon scientifique.
A -
STATISTIQUES
PLUS OU MOINS FIABLES
La
première
remarque à faire, à propos des préservatifs, est que s'ils confèrent
certes une
protection contre le VIH, cette protection n'est pas totale. De
nombreuses
études ont montré que le risque de contract er l'infection à VIH malgré
l'utilisation du préservatif masculin peut atteindre 15-16% et ces
résultats ne
peuvent être ignorés49.
En 1988
E.N.Ngugi
et coll. distribuant gratuitement des préservatifs à une population de
prostituées
à Nairobi, Kenya, observèrent une augmentation consécutive de
l'utilisation du
préservatif par ces femmes et une diminution parallèle de la
seroconversion au
VIH dans cette population. Cependant 23 des 50 femmes qui utilisaient
le
préservatif devinrent malgré tout séropositives50. En 1987, Fischl,
étudiant la
contamination par le VIH dans les couples séro-discordants utilisant
régulièrement le préservatif constata qu'une épouse sur dix devenait
infectée
par le virus du SIDA (10%)51. En 1988 N.Hearst, dans une étude faite au
Californian Center for AIDS prevention, constata un taux de
séroconversion de
10% dans un groupe d'homosexuels utilisant le préservatif52. Dans une
autre
série (J.Goerdent), le chiffre de séroconversion reporté monta à 17% -
un pour
six -53. En 1989 R.Detels et coll.54 étudiant le taux de séroconversion
dans
une population de 2915 VIH-séronégatifs hommes homosexuels pratiquant
des
relations ano-génitales, dans quatre centres du Multicentre AIDS Cohort
Studyy
(MACS) aux Etats Unis (Balti more, Chicago, Los Angeles, Pittsburg),
trouvèrent, au cours des 24 mois de leur étude, une séroconversion chez
232 de
ces sujets (taux de conversion de 8%). Ce taux s'élevait à 9.5 lorsque
les
sujets n'utilisaient pas de préservatifs et avaient plus de neuf
partenaires
(1587 hommes); il était de 5.96 lorsque les sujets utilisaient
périodiquement
un préservatif dans leurs rapports; il s'abaissait à 3,32 lorsque le
préservatif était toujours utilisé (7 hommes contaminés sur 72). Ainsi
le
préservatif assurait bien une protection dans cette série, mais cette
protection n'était pas complète. St.Moses et coll.55 suivant une
cohorte de
1000 prostituées à Nairobi trouvèrent que les femmes qui utilisaient le
préservatif voyaient leur risque de séroconversion diminuer par trois,
avec
aussi une réduction dans l'incidence de la gonorrhée et des autres MST
(de 2,86
cas par femme en 1986 à 0,66 cas par femme en 1989). Ces auteurs
pensaient que
le préservatif prévenait ou au moins retardait l'infection à VIH chez
les
femmes non infectées, probablement en prévenant les MST. L'utilisation
du
préservatif diminue en effet les ulcérations génitales, en sorte que
l'infectivité des femmes est réduite, même si elles n'utilisent pas
toujours le
préservatif. Dans une étude faite en Floride 56 sur des couples
hétérosexuels
utilisant le préservatif on trouva que 17% des partenaires des malades
du SIDA
furent contaminés par le VIH dans les 18 mois. En 1993 S.Weller57, dans
une
meta-analyse de 11 publications, donna un taux de protection contre le
VIH par
le préservatif de 69% (échec dans 31% des cas). S.Weller, dans la même
étude,
rappela que le même préservatif assurait une protection de 87% contre
les
grossesses.
R.Gordon,
dans
une revue de la question58, constate que le préservatif a plus d'échecs
vis à
vis du VIH que comme contraceptif, et ceci même chez des utilisateurs
très
motivés et utilisant le préservatif de façon experte. Ceci doit faire
considérer, dit-il, le préservatif comme peu efficace pour une
protection de
longue durée dans le cadre d'un couple discordant. L'auteur conclut que
la
réduction de risque obtenue par l'usage du préservatif chez un individu
donné
est inadéquate. Cet auteur trouve en effet un taux d'infection par le
VIH chez
les personnes utilisant le préservatif allant de 8% à 23%, supérieur au
taux
d'échec de 10-30% du préservatif pour prévenir les grossesses. Un taux
d'infection à VIH allant de 13 à 27% est reporté par April et
Schreiner59 dans
un autre article de synthèse. Ces auteurs disent qu'ils n'ont pas
rencontré de
risque de contamination inférieur à 10-20% chez les personnes utilisant
le
préservatif. Ils concluent que la supposition selon laquelle le
préservatif
donne une protection fiable contre le VIH est une dangereuse illusion.
J.Kelly
a récemment rappelé60 que l'usage du préservatif n'assure pas une
protection
totale aux partenaires sexuels, et que, dans les meilleures
statistiques, on en
reste à un taux de contamination de 6 pour 100 femmes utilisant au
mieux le
préservatif.
B -
STATISTIQUES
DANS LES COUPLES VIH SÉRODISCORDANTS
Les
études les
plus dignes de confiance concernent les couples monogames, stables, où
l'un des
époux est VIH-séropositif, l'autre étant VIH-séronégatif61. C'est dans
ce type
d'études que l'on trouve les taux de séroconversion les plus bas - de 0
à 22% -
(Fischl:10 %; Goerdent: 17%) pour des périodes allant de six mois à
trois ans
lorsque les époux utilisent systématiquement un préservatif.
En
1994, I. de
Vicenzi62 montra que dans les couples hétérosexuels stables la
protection
donnée par l'usage du préservatif pouvait atteindre 100%, une
publication de
promotion destinée à montrer que le préservatif était bien l'arme
absolue que
ses promoteurs prétendaient qu'il était. Pour arriver à un tel
résultat, De
Vicenzi avait rassemblé les résultats obtenus chez 378 couples suivis
durant 20
mois dans dix centres différents de huit pays européens (France,
Italie. Grèce,
Hollande, Espagne, Belgique, Angleterre). Cependant, lorsque l'on
regarde ses
résultats, on constate qu'ils ne sont guère fiables: 74 de ces couples
ne
revinrent pas en consultation, 48 arrêtèrent toute relation sexuelle,
121
n'utilisèrent pas le préservatif. 124 couples seulement se montrèrent
utilisateurs réguliers du préservatif.
Le taux
de
contamination dans les couples n'ayant pas recours au préservatif a été
de 4.8%
par personne et par année, 12,7% sur deux ans. Cela donne un risque de
transmission par rapport sexuel vaginal non protégé de 0.7/1000. Les
femmes
étaient deux fois plus infectées que les hommes dans ces séries. On
peut en
déduire que dans un couple hétérosexuel ayant cent rapports sexuels non
protégés par an, il y aurait une contamina tion par le VIH tous les 15
ans. La
grande majorité de ces couples, bien que ne se protégeant pas par un
préservatif
lors de leurs rapports, n'observeraient donc pas de passage de
l'infection à
VIH de l'un à l'autre. Par contre la contamination par le VIH augmente
fortement lorsqu'un des partenaires a une lésion génitale (infection ou
érosion
de la muqueuse génitale), avec un taux montant à 33 et même 40% en cas
d'ulcérations évidentes.
Les 124
couples
qui n'avaient pas d'ulcération ou d'infec tion des muqueu ses génitales
et
utilisèrent le préservatif durant les 20 mois de l'étude ne montrèrent
pas de contamination.
Donc le préservatif protège de l'infection au VIH. Mais l'auteur
n'élimine pas
la possibilité d'une telle infection, considérant que la taille de ce
groupe
n'était pas suffisante pour être significative, par rapport au nombre
total de
couples entrant dans l'étude.
En mai
1995 une
étude italienne de 174 couples stables63, où le mari était séropositif,
a
montré un taux de séroconversion de 12% après un an de rapports sexuels
non
protégés, pour un taux de 2% lorsque les couples ont utilisé un
préservatif
(Consumers Report, may 1995, pp.320-325).
A
partir de ces
résultats on peut donc dire que le préservatif réduit la transmission
du VIH
dans les couples hétérosexuels stables ne pratiquant que des rapports
vaginaux,
mais sans offrir une protection absolue. Par contre l'échec du
préservatif
devient important lorsque le couple est homosexuel, lorsqu'il pratique
des
rapports anaux, lorsque la femme a une infection génitale ou lorsque le
rapport
n'était pas prévu, les jeunes et les partenaires sans soin n'utilisant
pas le
préservatif de façon correcte. Les études sur l'efficacité du
préservatif sont
difficile à analyser parce que bien des facteurs interviennent pour
diminuer
cette efficacité apparente. Tuliza et coll., par exemple, étudièrent
434 prostituées
à Kinshasa (Zaire) à qui ils donnèrent des préservatifs tout en
traitant les
MST de ces personnes. Ils constatèrent une diminution impressionnante
de la
transmission du VIH, de 18% à 3% durant la période d'observation de
deux ans.
Cette diminution ne provenait pas de l'utilisation des préservatifs
mais bien
du traitement des MST64.
Des
résultats sur
la transmission du VIH durant les rapports hétérosexuels, on peut
estimer que
l'utilisation d'un contraceptif donne une réduction du risque de
contagion de
dix fois65. Etant donné que des taux d'infection aussi élevés que 70%
ont été
trouvés lors de rapports hétérosexuels non protégés, on peut en déduire
que
l'utilisation du préservatif réduit par un facteur de 2 à 5 le risque
de
transmission du VIH66. Frosner en conclut que les données actuellement
disponibles montrent que l'effi cacité des préservatifs à protéger du
VIH a été
largement surestimée67.
C -
L'ABSTINENCE
EST LE MOYEN DE PREVENTION DU VIH LE PLUS EFFICACE
La
question du
niveau de protection conféré par les préservatifs est particulièrement
importante dans les couples stables, mariés, monogames, sans
partenaires
extérieurs, où l'un est VIH séropositif et l'autre est séronégatif.
C'est dans
ce cas que las protection par le préservatif semble donner ses
meilleurs
résultats. Mais il est clair que le moyens le plus efficace pour éviter
dans de
tels couples la transmission du VIH de l'un à l'autre est l'abstention
de
rapports sexuels. C'est en fait ce que pratiquent dans la réalité
environ un
cinquième de ces couples discordants dans les pays européens (11-25%)68
Dans
ces couples
qui s'abstiennent, aucun cas de transmission du VIH n'a jamais été noté
- de
même d'ailleurs que chez les membres des familles qui soignent chez eux
un
malade du SIDA). Le seul conseil qu'on peut leur donner est d'éviter de
partager la même brosse à dents ou le même rasoir électrique, et de
pratiquer
une hygiène corporelle normale.
Dans
les couples
qui ne s'abstiennent pas et utilisent le préservatif il a été rapporté
des cas
de transmission du VIH/SIDA, avec une très grande variabilité d'une
statistique
à l'autre. Dans ces couples, le pourcentage de transmission du VIH est
cinq
fois plus bas dans les couples qui utilisent toujours un préservatif
que dans
les couples qui n'en utilisent pas. Cette efficacité des préservatifs à
protéger du VIH est du même ordre que leur efficacité à protéger des
MST.
Feldblum indique à partir d'études effectuées en Italie et en Afrique
que le
pourcentage de transmission du VIH dans les couples qui utilisent le
préservatif est de 3,5 pour cent ans par couple, alors qu'il est de
10,1 pour
cent ans par couple lorsque le préservatif n'est pas utilisé 69. La
probabilité
de la transmission du VIH dans les couples où l'un est VIH séropositif
et
l'autre est VIH séronégatif, et où les partenaires utilisent toujours
le
préservatif dans les meilleures conditions et avec expertise est du
même ordre
que la probabilité de concevoir un enfant malgré l'utilisation du
préservatif.
CONCLUSION
Les
études les
plus exactes et les plus dignes de confiance montrent que l'index de
protection
donnée par les préservatifs se situe autours de 5 (c'est-à-dire qu'il y
a cinq
fois moins de chance d'être infecté par le VIH en utilisant un
préservatif lors
des rapports sexuels qu'en n'en utilisant pas). Ceci montre que les
préservatifs donnent une protection effective contre l'infection à VIH
lorsqu'ils sont utilisés par un couple stable, sans partenaires sexuels
en
dehors du couple, sans infections génitale ni érosion des muqueuses.
Par
contre, lorsqu'il existe une infection génitale, la protection donnée
par le
préservatif n'est pas suffisante, particulièrement si le préservatif
est le
principal (ou l'unique) moyen de prévention de l'infection à VIH. Il
résulte
des études les plus objectives et les plus sérieu ses70 que la qualité
de
barrière efficace contre le VIH attri buée au préservatif en latex ne
repose
pas sur une base scientifique71.
L'incapacité
du
préservatif à prévenir effectivement la diffusion du SIDA est montrée
par les
statistiques: si l'on suit, pour la France par exemple, les indications
données
par l'"Institut national d'études démographiques", qui donne les
résultats les plus récents concernant l'épidémie du SIDA, on constate
qu'il y a
eu une progression constante dans les décès annuels attribuables au
SIDA depuis
1987 (1000) jusqu'en 1995 (5000), que la contamination par le VIH n'a
pas
diminué malgré les campagnes d'information et de prévention par le
préservatif,
et que le pourcentage de "transmission d'origine inconnue" est
toujours en augmentation dans ces statistiques, depuis 3% in 1984
jusqu'à 10%
in 1995. De ces résultats on peut dire que le préservatif, même
lorsqu'il est
correctement utilisé, et avec soin, laisse ouvert un risque de
transmission de
10%. Que dirait-on d'un modèle d'avion qui aurait un taux de
défaillances
inexpliquées de 10%?72.
Une
dernière
observation doit être faite à propos des préservatifs. La question du
SIDA a
été largement récupérée et exploitée par les médias et les associations
anti-SIDA, dans les pays développés. Les journalistes, les artistes,
les
membres des associations antiSIDA devraient donc être les mieux
protégés contre
le SIDA, puisqu'ils se disent les mieux informés. La réalité montre
juste le
contraire. Ce sont ces catégories sociales qui demeurent les plus
touchées par
l'épidémie du SIDA, comme si la méthode de prévention qu'ils ne cessent
de
promouvoir les exposait davantage au VIH/SIDA que les autres personnes.
La
Conférence de
Vancouver a marqué un réel tournant à propos de l'utilisation des
préservatifs
contre le VIH. Les préservatifs n'ont pas fait parler d'eux lorsqu'on a
évoqué
les stratégies pour la prévention de la transmission du SIDA. Le
Dr.Donna
E.Shalala, le Secrétaire Américain de la Santé et des Service Humaines,
parlant
de la Conférence, a dit de façon explicite, au micro de CNN
International que
pour la prévention du SIDA "condoms cannot be used",mais, pour cet
objectif, "only the vaginal creams and foams with antiviral effects".
Ce retournement était certes du au lien qui a été montré entre
l'utilisation du
préservation et la survenue du cancer du sein. Mais il était aussi du à
la
reconnais sance implicite de l'effica cité relative des préservatifs
dans la
protection contre le VIH. Le Dr.Helen Gayle, un CDC Officer chargé de
la
prévention du SIDA et de sa détection, a justifié par l'efficacité
actuelle de
la tri-thérapie la déclaration enthousiaste qu'elle avait faite sur CNN
en
disant que "la prévention (contre le SIDA) n'était plus nécessaire".
Cependant elle crut bon aussi d'ajouter: "The condom is ineffective".
Le préservatif ne fut pratiquement pas mentionné dans les reportages de
la
Conférence par les mass media (CNN, ABC) et dans les rapports écrits
durant et
après la Conféren ce73.
En ce
qui
concerne la protection individuelle, on peut tenir pour valable la
conclusion
donnée par une récente revue, précise et amplement documentée,
effectuée par
l'AIDS Information Service de Zurich, Suisse74. Ces auteurs considè
rent que
l'opinion donnée par le C.D.C. d'Atlanta en 1988 est toujours valide75.
La
seule stratégie permettant une véritable et efficace prévention de
l'infection
à VIH est l'abstinence, ou le fait de n'avoir de relations sexuelles
qu'avec un
partenaire, non infecté par le VIH, en respectant la fidélité
réciproque (c'est
à dire dans le mariage)76. L'utilisation du préservatif de façon
systématique,
lors de chaque rapport sexuel réduit le risque de transmission de MST
(maladies
sexuellement transmissibles), mais ne l'élimine pas. Les personnes qui
risquent
d'être infectées par le VIH à cause de leur comportement, et les
personnes déjà
séropositives devraient savoir que l'utilisation d'un préservatif lors
de
chaque rencontre sexuelle n'élimine pas le risque de la transmis sion
du VIH.
En 1993
le CDDC
avait publié un update où, tout en poussant à l'utilisation du
préservatif, il
était reconnu que la stratégie la plus efficace pour prévenir le VIH
demeurait
l'abstinence, ou d'éviter les rapports avec les personnes VIH
séropositi ves77.
Mais l'affirmation du même CDC selon laquelle les préservatifs sont
"highly effective" pour la prévention de l'infection à VIH n'est pas
correcte sur le plan scientifique. Une prévention moyenne avec un index
de
prévention de seulement cinq ne peut être considérée comme très
efficace.
En
parlant avec
une personne pour la conseiller à propos du SIDA et de sa prévention,
il est
important de considérer quel est l'avis qui aura le plus de chance
d'être
écouté et suivi, tout en étant le plus effectif dans la prévention de
la
diffusion de l'infection à VIH. Conseiller aux gens d'utiliser des
préserva
tifs dans leurs relations sexuelles n'est pas le meilleur avis, d'abord
parce
que bien des personnes ne le suivront pas, ou bien elles n'utiliseront
le
préservatif que de temps en temps, épisodiquement, ce qui les mettra à
même de
recevoir le VIH ou de le transmettre.
Il est
meilleur
de donner à la personne le meilleur avis concernant la prévention du
VIH, c'est
à dire, selon le statut de cette personne, ou un conseil d'abstinence,
ou un
conseil de n'avoir qu'un partenaire sexuel, VIH seronégatif, et d'être
engagé
avec ce partenaire à la fidélité récipro que. Des études effectuées en
Allemagne ont montré que seule une modeste part de la population (4-6%)
était
prête à accepter d'utiliser des préservatifs dans leur vie sexuelle78.
Dans des
études sur des couples où l'un des partenaires était séropositif, avec
de ce
fait un risque de transmission du VIH important de l'un à l'autre, on a
trouvé
que seulement 51% de ces couples, qui n'étaient pas disposés à
s'abstenir,
utilisaient régulièrement des préservatifs. Ce pourcentage
d'utilisateurs
tombait à 12-50% dans d'autres statistiques79. Dans des statistiques
plus éten
dues il a été trouvé que seulement 24 couples sur 564 avec un
partenaire
séropositif (4%) avaient utilisé un contraceptif depuis leur premier
rapport
sexuel80.
C'est
pourquoi le
meilleur avis à donner aux couples où l'un des partenaires est
séropositif est
de s'abstenir de rapports sexuels. Encourager ces couples à utiliser
des
préservatifs serait faire fausse route, en donnant à ces couples un
faux sens
de sécurité alors même que leur usage discontinu du préservatif les met
à
risque.
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