|
« Il y a
urgence à stopper
la
déforestation »

Parrain de la
campagne « Plantons pour la planète », le prince Albert
II de Monaco appelle à sauver les forêts.
Le Figaro Magazine - Pourquoi
avoir accepté de parrainer la campagne «Plantons pour la planète»?
Albert de Monaco - Je suis très heureux de
coparrainer cette
initiative au côté du Pr Wangari Maathai, car elle a une forte portée
symbolique et constitue un message d'espoir, un lien entre les jeunes
et les
moins jeunes, désireux d'accomplir un geste pour l'avenir de notre
planète et
le bien-être des populations. Nous savons tous le rôle majeur joué par
les
arbres dans l'absorption du CO2 et pour la régulation climatique. La
couverture
des forêts a malheureusement diminué d'un tiers dans le monde. Il y a
urgence à
stopper cette déforestation massive. Nous le faisons concrètement : la
principauté mène des projets de reboisement au Liban, au
Timor-Oriental, en
Tunisie, au Chili.
Vous avez signé le protocole
de
Kyoto. Comment la principauté applique- t-elle une politique de
réduction du
CO2?
Mon
pays a pris l'engagement de la
neutralité carbone. Comme nous n'avons pas d'industries polluantes, nos
principales sources de rejet de gaz à effet de serre sont l'habitat, le
traitement des déchets et les transports. Nous mettons donc en œuvre
des plans
de déplacement urbain, incitons à la pratique du covoiturage et au
développement d'une mobilité « douce » basée sur les transports en
commun. Nos
résultats sont bons, même bien meilleurs que la moyenne et nous
compensons les
émissions restantes par l'achat de crédits carbone à l'international.
Votre Fondation prince
AlbertII de
Monaco est dédiée à l'environnement. Quels sont les projets qu'elle
soutient?
Elle
a pour but de sensibiliser tant les
populations que les Etats à l'impact des activités humaines sur les
milieux
naturels. Nous soutenons financièrement des actions innovantes qui
peuvent être
de terrain, de recherche ou de sensibilisation, par exemple des projets
d'alimentation d'eau en Afrique noire, de recherche de biocarburants de
deuxième génération, de lutte contre la déforestation. En deux ans à
peine, ma
fondation a soutenu plus de 80 projets.
Combien d'arbres ont été
plantés
lors des Journées monégasques du reboisement et du programme «Une
naissance à
Monaco, un arbre»?
En
2007, 4 000 arbres ont été plantés sur
la commune limitrophe de Cap-d'Ail et, depuis deux ans, 15 000 arbres
l'ont été
sur le versant est de la Tête de Chien qui surplombe Monaco et sur la
commune
de La Turbie également limi trophe. Ces plantations comprennent les
arbres
plantés à chaque naissance à Monaco.
Avez-vous un arbre (ou une
forêt)
préféré(e)?
J'aime
particulièrement les pins, les
ormes, le caroubier, notre arbre national, et, bien entendu, l'olivier
si cher
à tous les Méditerranéens. J'ai été très marqué par la beauté d'une des
dernières forêts primaires en Asie du Sud-Est sur l'île de Siberut,
dans
l'archipel des Mentawai, en Indonésie, où je me suis rendu pour un
projet de ma
fondation. Un lieu vraiment magique, car on y ressent à la fois la
fragilité et
la puissance de la nature.
Vous êtes très attaché à
préserver
la Méditerranée. Quelles sont vos actions dans ce domaine?
Je
m'efforce d'agir sur plusieurs fronts.
D'abord en encourageant la recherche scientifique pour mieux comprendre
la
nature des menaces qu'affronte le bassin méditerranéen et en menant des
actions
de coopération avec d'autres Etats. Par ailleurs, nous sommes partie
prenante
du processus de Barcelone, Union pour la Méditerranée dont l'objectif
est,
notamment, de protéger la Méditerranée.
Quels sont les projets à venir
pour la protection de la planète?
Il
y a tant à faire ! L'appel à l'action
lancé lors du Forum de l'eau à Istanbul nous a rappelé que 1,4 milliard
d'habitants n'ont pas accès à l'eau potable. Nous allons les soutenir.
De même,
je vais continuer à m'investir pour la protection des régions polaires,
mais
aussi travailler à sensibiliser les décideurs politiques aux enjeux de
l'acidification des océans. Ma fondation a également des projets de
protection
des écosystèmes forestiers, notamment à Siberut, en Indonésie. Et nous
nous
préparons au sommet de Copenhague, qui donnera le chemin à suivre pour
l'après
Kyoto de 2012. C'est un enjeu essentiel pour l'avenir des forêts et de
notre
planète.
|