Communique de
Presse n° 11
Bordeaux, le 28 mai 2009

Paul
KANANURA
Président
de l’ASEAF
Indemnisation
des Etudiants Etrangers pour cause de blocage des Universités en France
Pendant la période de blocage
des universités
françaises, le Gouvernement n’a pas assuré son devoir de garantir des
conditions d’études des Etudiants Etrangers en France. Son manquement
au devoir
fondamental, qui a coûté très cher à certains étudiants, nous oblige à
demander
au Gouvernement Français une compensation financière liée à des
dépenses non
productives pendant la période de blocage des universités. Cette
période est
estimée à peu près quatre mois auxquels s’ajouterait l’éventuelle
prolongation
de l’année académique en cours.
Notre
démarche est justifiée du fait qu’« étudier
en France » représente un coût supporté par nos parents et
gouvernements des
pays d’origine
respectifs. Il s’agit d’investissement capital dont il faut attendre un
retour.
Or, comme vient de le déclarer à juste titre (sur RTL le 11/05/2009) le
ministre de l’Education Nationale, Monsieur Xavier Darcos :
« Il n'y aura pas de licence es
grève, de
mastère en pétition ou de doctorat en blocage, donc on ne donnera pas
des
diplômes à ceux qui auront fait en sorte que les universités ne
fonctionnent pas ».
Le Ministre estime que les blocages frappant encore une vingtaine
d'universités
sur 85 nuisent aux étudiants les plus fragiles et les plus modestes
(dont les
Etrangers).
Cette déclaration judicieuse
du ministre, qui
avertissait les auteurs des blocages qu'ils se verraient privés de
leurs
diplômes de fin d'année s'ils persistaient dans le mouvement, vient
trop tard
pour les Etudiants Etrangers qui ont perdu un temps considérable. Ce
temps
perdu a un coût et nous
estimons qu’il
doit être assumé par le Gouvernement français qui a failli à son devoir.
Les Etudiants Etrangers sont
venus en France
chercher la qualité du savoir et
non
pas des diplômes au rabais comme le proposait le principal syndicat
étudiant
(UNEF) qui suggère que les examens soient organisés sur les cours
dispensés en
deux premières semaines du second semestre. Nous nous opposons
fermement à
cette proposition inappropriée qui consacrerait les diplômes
« en
spécialité grève et blocage »
sans
valeur ni considération sur le marché du travail.
Dans de nombreuses universités
bloquées totalement
ou partiellement, les cours n’ont pas été assurés et les séances de rattrapage sont
prévues en vue
des examens légèrement repoussés à début juin ou septembre. A cet
égard, nous
tenons à préciser que les Etudiants Etrangers ne sont pas venus en
France pour
faire des sessions de rattrapage. Il n’est pas superflu de rappeler
aussi que
les bourses d’études de certains étudiants risquent d’être coupées pour
absence
de résultats. Eu égard à toutes ces considérations, le
Gouvernement doit mesurer les
conséquences
de ces blocages sur les Etudiants Etrangers et d’en tirer toutes les
conclusions qui s’imposent, non seulement en terme de compensation
financière
et de renouvellement automatique de la carte de séjour en 2010, mais
aussi de
protection en cas de renouvellement de tels mouvements.
Nous demandons au Gouvernement
français :
1. d’une compensation
financière liée à des dépenses non productives pendant la période de
blocage
des universités ;
2. de mettre en place
des modalités de renouvellement automatique de la carte de séjour en
2010 pour
les étudiants ayant subis des conséquences néfastes de la
grève ;
3. de mettre en place
des dispositifs garantissant des conditions d’études des Etudiants
Etrangers
en cas de nouvelles
actions de blocage
des établissements d’enseignement supérieur.
Au cas où notre proposition ne
rencontrerait pas
l’approbation du Gouvernement Français, nous serons obligés de saisir
la
justice, notamment les tribunaux compétents nationaux et européens.
Dans cette
perspective, nous avons d’ores et déjà chargé nos avocats de réunir
tous les
éléments juridiques en
la matière et de
préparer un dossier dans les jours à venir.
Paul
KANANURA
Président
de l’ASEAF
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