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Lettre ouverte aux Absents
Aujourd’hui,
je regarde l’attitude de mes compatriotes à
propos des états généraux, je vous avoue ne pas
les comprendre, une chance nous est
donnée de proposer, de
participer, d’influer sur les orientations de nos pays et la réponse
quelque
peu niaise faite : « On n’était pas demandeur de ces
états
généraux ! »
Je ne
souscris, ni ne partage le choix de
l’abstention ou de la politique de la
chaise vide, du refus de participer à ces états généraux.
Dites-moi,
combien
de fois au cours de l’histoire de nos
pays, fûmes-nous consultés sur les
orientations données ?
Certains
arguent que cela fait dix ans que nous menons nos
propres états généraux, oui cela fait dix ans et on a abouti à quoi, on
contrôle quoi, on a fait quoi ?
Du vent, de
la parlotte, où sont les plans de
développement pas ceux du Conseil Général et de la Région, d’ailleurs a
t’on vu
un début d’application ?
Cela fait
plus de trois ans que je dénonce la vie chère,
la paupérisation de nos populations, le génocide par substitution dont
nos élus
contribuent fortement, car
les lois de
décentralisation leurs confèrent la compétence sur l’urbanisme de leur
commune
respective, donc ils ont pouvoir sur l’aménagement. Trois ans que
je dénonce les maigres retraites de nos
aînés et la misère dans laquelle ils vivotent, de la désespérance de
notre
jeunesse qui va à vau-l’eau, de drogue en violence,
pendant ces trois ans, je n’ai vu, ni
trouvé de relais, nos
intellectuels plus à défendre la cause palestinienne, tibétaine, à avoir avis sur tout et sur
rien, défendant
toutes les causes, empoignant tous les combats
du monde, sauf ceux de leur peuple.
Non pas que
ces causes n’aient pas besoin d’être
défendues, mais que
l’on consacre toute
son énergie vers des combats lointains et étrangers,
dont nous n’avons aucune chance, aucun
pouvoir de peser
sur leur résolution, me semble d’une
utilité crasse.
Le premier
combat d’un nationaliste, c’est ainsi qu‘il se
nomme est de défendre la cause nationale et les nationaux, me semble
t’il !
Les seuls à
avoir repris mes revendications, mon
combat fut le LKP et le Collectif du 5
février, pourtant quand j’écrivais, je pensais alimenter la réflexion
des élus
et non celle des syndicalistes.
Nous sommes
absents de tout dans nos pays, un pouvoir
politique sans réel pouvoir, aucune prise sur la destinée de nos
économies, si
ce n’est de prélever leur octroi de mer qui grève le pouvoir d’achat, aucune prise sur
l’économie productive, des
pays (Martinique-Guadeloupe) dont le taux de couverture varie de 5% à 3
%.
Il n’y a rien
dans nos pays appartenant à
la population, je parle des 98 %
afro-antillais, ou si peu. Nous n’avons pas la capacité de subvenir à
nos
besoins si la métropole ne nous abonde pas en
produits alimentaires et autres, nous ne
produisons rien, toujours
dans le système de plantation et de
l’exclusif colonial, rien n’a changé à ce niveau, rien sur le plan
économique
n’a changé. Aujourd’hui la
parole nous est donnée, et nous faisons la fine
bouche, d’aucuns pensent que c’est en
restant en dehors de tout
qu’ils influenceront les choix, les décisions nous concernant.
Le propre de
l’absence c’est l’absence ! Ne pas être présent, ne pas avoir
voix au
chapitre, influer
sur rien, c’est
comme
regarder les jours passés en étant
toujours dans ses rêves éveillés ou
être en train d’alimenter ses fantasmes.
Je ne serai
pas absent des décisions concernant nos pays,
je participerai à ces états généraux, je serai dans une commission
gouvernementale traitant des : «productions
locales et les
conditions d’un développement endogène. »
Si j’ai créé
le site Pyépimanla, c’est afin que personne
ne parle de nous,
en notre nom, alors
qu’ils sont autres. C’est pour que
personne ne contrôle notre image et nous
photographie comme cela se faisait sous
des angles nous enlaidissant.
Donc, ce
n’est pas aujourd’hui que je me tairais, je ne
serai pas l’absent de ce combat, je ne serai pas absent tant qu’il
s’agira de
défendre mon peuple.
Tony
Mardaye
Signataire de
l'Appel des 74.
Membre de la
commission gouvernementale des Etats Généraux.
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