Pétition de soutien à Mediapart
Une pétition
est lancée par Mediapart, dont l'existence est menacé par une offensive
judiciaire
77
personnalités politiques, intellectuelles et médiatiques ont lancé
lundi un
appel de soutien à Mediapart
Mediapart doit
en effet comparaître les 12 et 26 mai devant le tribunal correctionnel
de
Paris.
Le journal en ligne fait l'objet de onze plaintes à la demande de
François
Pérol, des Caisses d'épargne et de leurs anciens dirigeants.
Les premiers
signataires de cet appel, dont François Bayrou, Ségolène Royal, Martine
Aubry,
Marie-George Buffet, Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage, Laurent
Fabius,
François Hollande, Noël Mamère ou Eva Joly, s'inquiètent de
cet
"acharnement" au moment même où «l'Elysée fait peser de lourdes
menaces sur le pluralisme de la presse ou l'indépendance de la radio et
de la
télévision publiques».
François Pérol, alors secrétaire général adjoint de
l'Elysée et
proche du Président de la république, a été choisi en début
d'année
pour prendre la tête des Banques populaires après
avoir travaillé
sur la fusion entre la Caisse d'Epargne et des banques
populaires. La
commission de déontologie chargée en principe d'examiner les cas de
pantouflage
n'avait pas été saisie.
La
liberté de la presse est une liberté fondamentale, rappellent les
signataires
Pour les
signataires de l'appel, "Mediapart
a rempli sa mission, celle
d'une information libre et honnête à propos d'un sujet
relevant de
l'intérêt général".
Ils "s'indignent que François Pérol, au travers de ces onze
plaintes, cherche à intimider ou à faire taire le journal" et
"rappellent avec force que la liberté de la presse est une
liberté
fondamentale dans une démocratie, comme l'énonce
régulièrement la Cour
européenne des droits de l'homme".
Un
média financièrement fragile, à la merci d'une offensive judiciaire
Lancé en mars 2008, le site en ligne dirigé par l'ancien directeur de
la
rédaction du "Monde", Edwy Plenel, qui a d'ailleurs recruté d'anciens
journalistes du quotidien du soir comme Laurent Mauduit, qui suit de
près les
affaires économiques et a sorti de nombreux scoops, notamment sur
Bernard Tapie
et les Caisses d'Epargne, est évidemment financièrement fragile.
Contrairement
à Rue 89, il repose sur un modèle d'abonnement payant, mais est loin
d'être
parvenu à son point d'équilibre.
-> La
pétition pour Médiapart a
été signée par des politiques, des intellectuels (Régis
Debray, Edouard
Glissant, François Maspero..) et de nombreux journalistes (Pierre-Louis
Basse
d'Europe 1,
Vittorio de Filippis de Libération, Colombe Schneck de France Inter,
Pascal
Riché de Rue 89 ...)
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