Saint-Marc
fête ses 314 ans entre parenthèses 
« Après 314 ans, Saint-Marc
doit renaître ». « A
l’instar de Saint-Marc, faisons mission pour Jésus ». Ce sont deux
parmi les
thèmes multipliés par les autorités politiques et religieuses pour
marquer
samedi la patronale de la ville de Saint-Marc.
Une série de trois soirées de
chants et de prières a précédé la 314e
patronale de la cité évangélique du Lion. Le thème du tridium est
inspiré de
l’évangile selon Saint-Marc chapitre 16 (versets 15 à 20) et a servi de
fond à
l’homélie de circonstance (axée sur l’unité et le partage) de
Monseigneur Yvan
Museau, venu de la paroisse lointaine d’Anse-à-veau pour la cérémonie.
« La communauté a besoin de
modèle d’hommes et de femmes à l’instar de
Marc », a dit le prêtre qui a invité la population à faire un
pèlerinage pour
appréhender l’essence du message de Marc qu’il a présenté comme
l’interprète de
l’apôtre Pierre, le pécheur choisi par Jésus.
Comme par le passé, la
cérémonie religieuse a été suivie par un ensemble
de discours officiels prononcés au local du palais communal. En lieu et
place
d’allocution, le maire Baunars Charles, seul mais pas fidèle au poste,
n’a fait
qu’en quelques secondes remercier ceux qui sont venus fêter dans sa
commune.
« Une fête entre parenthèses
», a qualifié Joseph Yves Cajuste, le
député qui se veut toutefois garder de tous commentaires par rapport
aux
querelles intestines qui rongent sa circonscription.
Ramon Guillaume, le doyen du
tribunal civil, appelé pour présenter son
bilan judiciaire annuel, a préféré tourner autour du pot et improviser
des
images de la Saint-Marc de jadis et parler de cataclysmes naturels.
Dans la réalité, des voix de
la scène politique et de la société civile
n’ont cessé de s’élever pour trouver une issue salvatrice à la crise
qui secoue
la cité. Eddy Joseph, un leader local a dans une lettre ouverte, appelé
le
maire titulaire Baunars Charles a déposé les clefs de l’hôtel de ville
sous la
porte.
« Je ne veux pas qu’il les
[les clefs] jette n’importe où. Il doit faire
ce geste de courage », a expliqué M. Joseph.
Le décès d’Ernest Prezeau, un
maire accesseur a été suivi le mois
dernier de la démission de l’autre Archile Janvier. La démission de M.
Janvier
a été refusée par le ministère de l’Intérieur qui avait annoncé que la
mairie
de Saint-Marc fait l’objet d’une audite.
Le maire Baunars Charles,
actuellement seul aux commandes, a qualifié de
« coup d’état » le souhait de tous ce qui aimeraient le voir abandonner
la
mairie de façon prématurée.
Si le tissu social et
politique de la cité de Nissage Saget s’est
grandement décousu, la structure physique est encore davantage
dégradée.
L’entrée Sud présente une image déplorable, le centre ville est rempli
d’immondices jusqu’au cou.
Pourtant, très réputée pour sa
vie nocturne, une soirée dansante a
affiché Tropicana la veille et la ville a accueilli le soir de ce 25
avril, un
festival populaire qui a vu performer Bélo, Jean Bernard Thomas et Zing
Eksperyans
alors que dans un club Krezi et Djakout ont fait un face à face pas
comme
Rockfam et Barikad qui avaient en ouverture des festivités livré une
bataille à
distance.
Etant une ville de foot,
Paulson Valcin, le meilleur buteur du derby
local (Baltimore SC vs Tempête FC), a saisi l’occasion pour raccrocher
ses
crampons dans un match de gala face à la sélection nationale. Au hasard
du
calendrier de la Première Division nationale, le 61e derby a lieu le
lendemain
de la patronale.
Décidément, dans cette
atmosphère, l’hymne au saint patron : « O
Saint-Marc ! O notre bon père » semble toujours ne pas retentir aux
oreilles du
barbu assis ou encore endormi aux côtés de son lion dans le bateau à la
luxuriante baie d’Amani-y.
le 26 avril 2009
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