PYEPIMANLA LE MAGAZINE ANTILLAIS 

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UNE AUTRE HAÏTI, EST-CE POSSIBLE ?

le petit porteur d'eauAu début de la première décennie du 21eme siècle, notre pays enregistre dans ses archives un autre quinquennat présidentiel et une autre législature.  Cette période inaugurée comme étant une étape  charnière d’une prise de conscience nationale, est marquée tout comme les innombrables de notre histoire, par une lutte larvée entre les manifestations d’apports domestiqués de multiples courants d’un système dépassé et l’éternel combat pour la renaissance de l’être haïtien.

Entre la charité mineure et le partenariat d’un Etat responsable, une population de près de neuf millions d’habitants est suspendue entre la vie et la mort.  L’extinction à petit feu de l’âme de l’indépendance du monde est aussi possible.

Agrémenté de catastrophes naturelles, de crises financières et économiques mondiales, le bilan actuel s’est empiré, comparativement aux dix dernières années. Somme toute, il provient du même constat. Les prémices exigent de remonter très loin dans le temps pour détecter les racines.  On s’achemine aujourd’hui vers l’évidence fatidique d’un point de non-retour.

Haïti est recroquevillé sous l’emprise d’un système qui s’érige en mafia invisible pour dérouter toute velléité de changement réel vers le modernisme.  Imbibé de pratiques stratégiques héritées des prix éternels de l’indépendance, notre pays est zombifié par une potion, conséquence de l’audace de défier du nègre.

Le système d’enfer qui s’en est suivit s’est équipé pour bien s’adapter des courants libérateurs de 1946 et de 1986. Il préconisa sous le couvert d’alibi bien accueilli (étrangement), la démobilisation de l’armée et s’est substitué au flux subséquent jusqu'à revisiter une autre forme de Coup d’Etat.

Le système haïtien intercepte et fait avorter les demandes de changements par des actions cosmétiques à travers les comportements de la plupart des hommes d’affaires et de politiciens.

Depuis 1990, le système crée une façade d’ouverture pluraliste. C'est-à-dire, une démocratie de couverture dans le but de canaliser les jeux sociaux.  C’est dans ce contexte qu’a l’heure du bilan, le système blâme les environnements immédiats de résister aux interactions devant aboutir au développement. Apres avoir exposé, avili, dénigré et condamné la face visible du système sur tout les étalages du monde.

Le système haïtien domine de 1804 à nos jours toute lutte pour le pouvoir. Il le fait par tous les moyens possibles.  Que ce soit à travers les enjeux, les politiciens, les institutions, les circonstances et les différents processus.  Il incarne l’influence et les valeurs jusqu'à typifier l’étendue et la structure de l’Etat. Ainsi, il finit par constituer sa vraie nature, la base philosophique secrète de la république.

Sans aucune crainte de répercussions des lois internationales, le système limite tacitement les droits et les libertés de tous.  Du citoyen ordinaire au « président » de la république,
il s‘est arrogé le droit de fixer les lisières de notre histoire.  Son évolution ou son dépérissement à partir de 1804.  Les « élus » et « dirigeants » sont enfermés dans un carcan au sein duquel ils ignorent le plus souvent les contours et le sens de l’autorité nationale.

Le système n’a aucune considération pour la notion de souveraineté. Il utilise la légitimité pour terroriser tout un peuple en éternisant sa misère.  Il prépare le terrain afin de se rendre inévitable et indispensable.  C’est pour cela qu’il n’intervient qu’en cas d’urgence.  Il se présente en sauveur dans une situation de vie et de mort.  Il est la solution, la force du dernier recours. Il incarne la paix, la stabilité, l’ordre, la justice, la préservation des vies et des biens. Le system embrasse et embrase tout. Il nous laisse presque tous livré a nous-mêmes au milieux des terreurs quotidiennes pour la nourriture et le logement.


Ce contrat pour la survie est comme le verso de l’Acte de l’Indépendance. Un texte ésotérique qui légalise notre dépendance de tout et de tous, a la merci de tout.  Dans cette logique de force brute, le bien public devient privé.  Les bénéfices, les services et les opportunités sont transformées en luxe a la portée des plus offrants. L’équité devient tout simplement synonyme de charité.

Aux regards de nos traitements et de nos humiliations,  l’indépendance ne sert qu’à valider un consentement entre « majeurs » dans le respect de la séquence traditionnelle entre maîtres et esclaves.

Finalement, le système utilise la multiplicité des colonisations et d’autres combinaisons complexes en vue d’influencer les événements en sa faveur.  Il définit ainsi le fondement des relations dans la considération de ses fins et moyens.  Comme résultat, il reste instrumental au sein de toutes actions et activités nationales, dans le cadre de l’accomplissement de ses objectifs finaux.

Rien d’étonnant qu’il contrôle depuis plus de deux cents ans tous les aspects de la société, du monopole économique à celui de la force.  Il est au centre de toute finalité sans une éthique de responsabilité.

Le système haïtien constitue la base de tous les pouvoirs visibles et superficiels. D’où la raison de notre situation de crise permanente, de lutte perpétuelle de l’un contre l’autre pour le maintient du statut quo a n’importe quel prix. 
L’équation du système haïtien reste et demeure le point de départ a tout projet d’une nouvelle Haïti.

Prof Mozart DeRoneth






Un van de liberté un esprit insoumis