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Pour la génération post-apartheid, l'amour reste racial

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"Mes parents m'ont appris que nous avons tous les mêmes organes et que seule l'enveloppe change", affirme Martin, à propos des différences de race. Mais lorsqu'il est question de relations amoureuses, le discours des jeunes Sud-Africains est bien plus équivoque.

Quinze ans après les premières élections raciales du 27 avril 1994, les adolescents d'aujourd'hui côtoient sans arrière-pensée leurs contemporains de la Nation arc-en-ciel. Pourtant, ces enfants de la démocratie tombent des nues à l'évocation d'un amour avec une personne de pigmentation différente.

A cette question, Martin, un Blanc, laisse transparaître la réalité de l'éducation qu'il reçoit au-delà de la théorie: "Mes parents ne me le permettraient jamais, ça je peux vous le dire! ".

Les élections de 1994 ont porté à la tête du pays son premier président noir, le héros de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela, après un demi-siècle d'un régime ségrégationniste qui interdisait à la majorité noire de partager les toilettes, les plages ou les écoles des Blancs.

Quinze ans plus tard, alors que le Congrès national africain (ANC) vient une nouvelle fois de remporter les élections générales, le collège semi-privé de Linden, dans un des quartiers aisés de la capitale économique, accueille une trentaine d'adolescents non-blancs sur 600 élèves.

Sur la vaste pelouse qui borde les terrains de sports, une vingtaine de filles s'échauffent pour le hockey. Des collégiens vêtus de l'uniforme vert de l'établissement arpentent la cour entre les bâtiments de briques rouges.

La scène pourrait se dérouler dans une école huppée de Grande-Bretagne. Sauf que les barbelés surmontant une haute clôture rappellent l'insécurité qui plombe le pays. Et que, s'il n'existe aucune animosité apparente, les groupes sont souvent composés d'élèves de même race.

"Ils préfèrent parfois travailler au sein d'un groupe de même culture", concède Nico van Niekerk, directeur adjoint du collège. "Nous n'imposons pas forcément des groupes mixtes. Nous voulons que les enfants restent le plus possible à l'aise."

Car le malaise est bien là, dans ce petit groupe mixte d'élèves de quinze ans interrogés par l'AFP sur leur sentiment vis-à-vis de l'apartheid. "Je n'aime pas vraiment penser à cela, c'est fini et cela ne me regarde pas", déclare Elizma, une des collégiennes noires de l'établissement. Et l'inconfort grandit face à leur réaction spontanée, unanime, à la question de savoir s'ils envisageraient une relation amoureuse interraciale: jamais!

"La plupart des parents interdisent à leurs enfants de sortir avec quelqu'un d'une autre race ou bien les mettent en garde", avance Simone en guise d'explication. Elle ne sait "pas vraiment pourquoi... Juste parce que c'est une autre race? ". "Je n'ai jamais été attiré physiquement par quelqu'un d'une autre race", constate pour sa part Jacques, comme si c'était une évidence.

Elizma, elle, n'y va pas par quatre chemins. "Pour moi, ce serait quelque chose de pas naturel. Adam et Eve sont tous les deux blancs. Tu n'imaginerais pas un Adam noir avec une Eve blanche! "Clairvoyant, Pirow conclut: "C'est un état d'esprit que nous avons acquis dans notre enfance... C'est déprimant, en fait." (belga)

26/04/09 14h41







Un van de liberté un esprit insoumis