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La Cour
suprême veut tuer Mumia
Abu-Jamal
États-Unis
. En rejetant
le recours de la défense du journaliste, la haute juridiction le met à
nouveau
à la merci d’une exécution de la sentence.
Mumia
Abu-Jamal est en danger de mort.
Lundi, la Cour suprême a annoncé qu’elle opposait une fin de
non-recevoir à la
requête qui lui était soumise par la défense de Mumia Abu-Jamal,
condamné à la
peine capitale en 1982. Le recours de son avocat, Me Robert Bryan,
portait sur
la violation des droits constitutionnels du journaliste afro—
américain :
les critères racistes à partir desquels le jury a été composé. La plus
haute
juridiction états-unienne, qui donne rarement suite aux recours déposés
(de 2 %
à 3 %), a refusé de se prononcer sur cette atteinte à
l’impartialité.
Le
sort de Mumia Abu-Jamal reste toujours
suspendu à une décision de cette cour réputée pour son conservatisme.
La haute
juridiction doit en effet encore se prononcer sur une autre requête,
déposée
celle-là par l’accusation, et qui exige le rétablissement de la peine
capitale
à l’encontre de la « voix des sans-voix », suspendue
en mars 2008,
par la cour d’appel fédérale de Philadelphie (Pennsylvanie).
Cette
dernière, par deux voix contre une,
avait annulé la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal (après avoir
reconnu la
partialité du jury) mais confirmé sa culpabilité. Si la Cour suprême se
range à
cet avis, un nouveau jury pourrait être sélectionné mais exclusivement
pour
requalifier la peine : condamnation à mort ou prison à vie.
Si, au
contraire, elle penche en faveur du recours de l’accusation, Mumia
Abu-Jamal
serait alors exécuté. La mort ou la mort…
Mumia
Abu-Jamal a été condamné au terme
d’un procès raciste pour le meurtre d’un policier blanc, sous la
houlette d’un
juge membre de l’Ordre fraternel de la police, un syndicat d’extrême
droite.
L’ONG Amnesty International a relevé pas moins de 60 problèmes dans le
dossier.
Au sein même des Nations unies, un rapporteur spécial de la commission
des
Droits de l’homme de l’ONU s’est prononcé en faveur d’une révision.
L’acharnement
de la justice confirme le
caractère politique de l’affaire, Mumia Abu-Jamal n’ayant jamais cessé
de
dénoncer les inégalités d’un système corrompu et violent. Son cas met
également
à jour les rouages d’une justice à double vitesse, miroir d’une société
qui ne
l’est pas moins, où l’accusé doit prouver son innocence, s’il en a les
moyens
financiers. Le président Barack Obama a d’ailleurs reconnu qu’il
existait une
différence de critères, lors des arrestations, des condamnations et des
sentences, selon que l’on soit blanc ou afro-américain. Mais sans plus.
Pour
les 80 organisations du collectif
unitaire qui soutiennent la « voix des sans-voix »,
l’affaire Mumia
Abu-Jamal est emblématique du déni des droits de l’homme aux États-Unis
où il
incarne le combat abolitionniste. Il y a quelques semaines, Bill
Richardson, le
gouverneur du Nouveau-Mexique, a promulgué une loi abolissant la peine
de mort
dans son État. « Quelle que soit mon opinion sur la peine de
mort, a-t-il
expliqué, je n’ai pas suffisamment confiance dans le système judiciaire
dans
son fonctionnement actuel, pour être l’arbitre final lorsqu’il s’agit
de
décider qui meurt et vit après un crime. » Ce serait là la
voix de la raison.
Barack Obama l’entendra-t-il ?
Cathy Ceïbe
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