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Le "New Deal" version Obama fait mouche

Obama

Mercredi 29 avril, Barack Obama vivait son 100ème jour à la Maison Blanche. Une étape cruciale aux Etats-Unis, une sorte de tour de chauffe, qui donne depuis Franklin Roosevelt, le ton de l’action du nouveau président durant la totalité de son mandat. A événement exceptionnel, moyens exceptionnels. Fort d’une cote de popularité confortable, le successeur de George Bush s’est déplacé dans le Missouri pour s’entretenir avec ses concitoyens et s’est adressé au peuple, via une conférence de presse télévisée.

"Les présidents qui ont réussi durant cette période (les 100 premiers jours de mandat, ndlr) ont fait du bon travail pour fixer le programme des années à venir", souligne David Woolner, vice-président de l'Institut Franklin et Eleanor Roosevelt. Tout porte à croire que Barack Obama est le commandant en chef apte à remettre l’Amérique sur les bons rails, puisque son action présidentielle remporte les suffrages de 64% des Américains, selon un sondage Associated Press-Gfk. Le même sondage atteste que, 48% d’entre eux estiment que l’état de santé du pays de l’Oncle Sam est au beau fixe. Depuis la prise de fonctions du premier président afro-américain des Etats-Unis - le 20 janvier 2009 -, sa cote de popularité ne cesse de grimper: ainsi, sa feuille de route s’adjuge-t-elle huit points supplémentaires de satisfaction par rapport au mois de février et la ribambelle de 31 points de plus comparé au mois d’octobre.

Aux antipodes de l’opinion publique américaine, les républicains marquent leurs distances avec la politique de Barack Obama, lui reprochant d’être au four et au moulin. Ce qui lui empêcherait de s’attaquer et de résoudre de fond en comble les problèmes chroniques. Une réticence voire hostilité, palpable, qui ressurgit au Parlement (Sénat et Chambre des représentants). Mercredi 29 avril, 100ème jour de l’ère Obama, c’était aussi le jour du vote de son projet de budget de 3.400 milliards de dollars, en première lecture à la Chambre de représentants. Le texte a été validé haut la main, avec pas moins de 233 voix contre 193. Une large victoire, toutefois entachée par le désaveu unanime des républicains. Par ailleurs, son plan de relance s’élevant à 787 milliards de dollars a été rejeté par le groupe républicain au Congrès.

Obama dresse le bilan de ses 100 jours

Lors d’une séance de questions-réponses avec des Américains à Arnold, dans la banlieue de Saint-Louis (Missouri), Barack Obama a préféré ne pas s’en dormir sur ses lauriers: il se dit "content" de son action à la Maison Blanche, précisant qu’il ne s’en "satisfaisait pas". A l’entendre, il reste fort à faire bien que les Etats-Unis soient en ordre de marche. C’est pourquoi il faudrait garder espoir: "J'ai confiance en l'avenir mais je ne me contente pas du présent", a-t-il déclaré, avant de poursuivre "Nous avons commencé à nous relever", mais "nous avons encore beaucoup de travail à faire". Force est de constater la lucidité de l’ex-sénateur de l’Illinois, qui garde les pieds sur terre alors que la crise continue de frapper de plein fouet son pays: la grosse écurie de l’industrie automobile américaine, Chrysler, vient de déposer le bilan, et l'agence fédérale de garantie des dépôts bancaires américaine (FDIC) vient de décréter la faillite de la Silverton Bank, banque d’investissement basée en Géorgie en possession de 4,1 milliards de dollars d'actifs.

Aux oiseaux de mauvais augures, arborant les couleurs du parti de l’éléphant, Barack Obama les invite à revoir les archives de ses promesses de campagne. Les républicains fustigent sa stratégie, l’exhortant à concentrer ses efforts pour endiguer la crise économique, au lieu de courir plusieurs lièvres à la fois par la mise en route d’une panoplie de réformes. "Les changements (dans les domaines de l'énergie, l'éducation et de la santé, ndlr) que nous faisons sont les changements que nous avons promis", a-t-il rafraichi la mémoire de ses détracteurs, avant de signaler "Nous faisons ce que nous avons dit que nous ferions.".

A poli-tic.lejdd.fr, nous avons suivi avec attention l’élection présidentielle américaine. A l’époque, Barack Obama avait fixé ses priorités: l’énergie, l’éducation et la santé. Le 25 août 2008, jour historique de son investiture, le candidat démocrate avait revisité le fameux "I have a dream" prononcé par Martin Luther. King, le 25 août 1963 sur le mémorial Lincoln de Washington. C’est le rêve américain "qui a toujours fait de ce pays un pays pas comme les autres", avait-il lancé sous les hourras de quelque 84.000 spectateurs de l’Invesco Stadium de Denver (Colorado). Le sénateur de l’Illinois avait d’une part, promis au peuple américain d’œuvrer pour que leurs enfants aient les mêmes chances que les siens, et de l’autre, il avait fait part de sa volonté de remettre à plat le système de santé qui n’assure aucune protection médicale à 46 millions d'Américains. Pour ce faire, il avait invoqué deux leviers de taille: l’Education et la réforme de l’assurance Maladie. D’où l’application du plan de relance à 650 milliards de dollars d'Henry Paulson, couplé à son plan de relance du secteur immobilier de 787 milliards de dollars, et agrémenté par la hausse des impôts pour quelque 200.000 Américains les plus fortunés.

Barack Obama dans la lignée de Franklin Roosevelt

A l’instar de Franklin Roosevelt, Barack Obama essuye la plus grande récession économique de toute l’histoire de l’Amérique. Les grandes manœuvres du seul président des Etats-Unis garni de quatre mandats, entreprises lors de la Grande Dépression des années 30, fut baptisées de "New-Deal". Le plan de relance de l’économie et de lutte contre le chômage, du monument de l’histoire américaine, avait pour principe de redonner un second souffle aux banques et à remettre au goût du jour le système de santé, et ce, par le biais de l’intervention de l’Etat.

Un siècle passé, l’histoire se répète. Nouveau président, nouvelle crise, mais mêmes méthodes. Les grands travaux lancés par Barack Obama - cités précédemment - pour remettre sur pied le Nouveau Monde lui valent des comparaisons flatteuses avec Franklin Roosevelt. Même si le 44ème président des Etats-Unis ne bénéficie pas du même appui au Parlement que celui qu’avait en son temps engrangé le 32ème président américain, indique David Woolner, vice-président de l'Institut Franklin et Eleanor Roosevelt, "les présidents qui ont réussi durant cette période (de 100 premiers jours de mandat, ndlr) ont fait du bon travail pour fixer le programme des années à venir", ajoute-il.

haly-jade,
samedi 2 mai 2009





Un van de liberté un esprit insoumis