L'organisation
internationale de
défense des droits de l'homme Amnesty international, qui publie son
rapport annuel jeudi
28 mai, estime que l'administration Obama
a fourni des
réponses "mitigées" à la politique mise en place par George W. Bush
en matière d'antiterrorisme.
"Sur les politiques antiterroristes, les réponses de la nouvelle
administration ont été mitigées", estime l'organisation, tout en
rappelant
que "les attentes étaient immenses".
"Les promesses initiales et les premières décisions importantes pour
faire
cesser les abus ont été suivies de peu d'actes pour s'assurer que les
politiques de détention étaient mises en conformité avec les
obligations
internationales des Etats-Unis", détaille Amnesty.
L'organisation regrette que l'administration Obama se refuse à
rechercher
"les responsabilités et les remèdes aux violations des droits de
l'homme", observées pendant les huit années de présidence Bush. Mais
elle
se réjouit en revanche que les Etats-Unis aient "manifesté la volonté
de
participer au conseil des droits de l'homme" de l'ONU.
Un
manque de
transparence
Parmi les faits reprochés à la nouvelle administration américaine,
Amnesty
souligne son recours en février au principe du "secret d'Etat" pour
demander à un tribunal de classer une plainte "comme l'avait fait
l'administration Bush auparavant".
Elle déplore aussi que le gouvernement ait fait appel de la décision
d'un juge
fédéral de Washington de donner à certains détenus de la prison
américaine de
Bagram en Afghanistan le droit de contester leur détention devant des
tribunaux
de droit commun.
Amnesty rappelle en outre qu'un tribunal canadien a ordonné qu'Ottawa
demande
le rapatriement de Omar Khadr, un jeune détenu de Guantanamo arrêté à
15 ans en
Afghanistan pour avoir tué un soldat américain.
Le
Taser toujours en
ligne de mire
A l'actif de Barack Obama, l'organisation relève en revanche le décret
sur la
fermeture de Guantanamo, l'arrêt des
techniques
d'interrogatoire musclées et des détentions secrètes de la CIA ou
encore la
publication des notes internes au ministère de la Justice en 2002 et
2005
offrant un cadre juridique à l'usage de la torture.
Plus généralement, l'organisation dénonce dans son rapport une
augmentation des
morts après des tirs de pistolet électrique Taser
par la
police américaine, en citant le cas de deux adolescents, en Virginie
(est) et dans
le Michigan (nord) en mars.
Amnesty rappelle enfin que 24 condamnés à mort ont été exécutés aux
Etats-Unis
entre le 1er janvier et le 1er mai, dont 14 dans le seul Etat du Texas
(sud),
qui détient tous les records en la matière.
"La peine de mort aux Etats-Unis continue
à être marquée
par la discrimination, liée en particulier à la race de la victime du
meurtre", constate-t-elle. "Les Afro-Américains continuent d'être
représentés de manière disproportionnée dans les couloirs de la mort".
(Nouvelobs.com)