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Chine
- Des attaques à la seringue ravivent les tensions dans le Xinjiang

Pékin -- Une mystérieuse série d'attaques à la seringue
ravive les tensions ethniques à Urumqi, la capitale de la province chinoise du
Xinjiang où plusieurs milliers d'habitants se sont rassemblés hier pour
réclamer la démission du chef du Parti communiste au pouvoir.
«Des
dizaines de milliers de personnes» se sont rassemblées dans divers lieux de la
ville pour protester contre une série d'attaques à la seringue contre des
membres de divers groupes ethniques, a indiqué l'agence officielle chinoise,
ajoutant que les magasins et les marchés étaient fermés.
Wang Lequan, qui dirige le PC local depuis 14 ans, s'est adressé à la foule du
balcon d'un immeuble, affirmant que 30 personnes avaient été arrêtées en
liaison avec ces agressions. Selon les services sanitaires régionaux, 476
personnes dont 433 membres de l'ethnie Han ont été admises ces deux dernières
semaines à l'hôpital en affirmant avoir été attaquées à l'aide d'une seringue
et les médecins ont trouvé des marques nettes de seringue dans 89 cas, rapporte
la télévision du Xinjiang.
Selon l'agence Chine Nouvelle, des Ouïghours, musulmans turcophones, qui
s'étaient affrontés avec des Hans, ethnie fortement majoritaire en Chine, en juillet
au cours de heurts qui avaient fait près de 200 morts, étaient au nombre des
manifestants qui ont perturbé la circulation. L'agence a ajouté que 21
personnes, dont l'ethnie n'a pas été précisée, avaient été interpellées après
avoir agressé des membres appartenant à neuf groupes ethniques, dont des Hans
et des Ouïghours. Quatre d'entre elles seront poursuivies pour actes criminels.
Personne n'a été contaminé ou empoisonné à la suite des agressions à la
seringue, selon l'agence, qui souligne que l'on ignore la raison pour laquelle
les agresseurs utilisent des seringues et ce que celles-ci contiennent. Selon
la chaîne de télévision Bingtuan, qui émet du Xinjiang, 476 personnes ont été
attaquées à la seringue depuis le 20 août.
Xinhua (Chine Nouvelle) a indiqué que les manifestations avaient commencé hier
en fin de matinée lorsque plus d'un millier de personnes s'étaient rassemblées
dans un quartier résidentiel d'Urumqi, et qu'une foule s'était également massée
dans un autre quartier après l'arrestation d'un homme qui venait d'agresser un
enfant. Les protestations ont alors gagné les rues principales de la ville
alors que des agressions à la seringue se produisaient, toujours selon Xinhua.
On ignorait si des manifestations se déroulaient encore à la nuit tombée.
Urumqi a été secoué début juillet par des violences interethniques entre Hans
et Ouïghours qui ont fait 197 morts officiellement, mais «beaucoup plus» selon
l'opposition en exil.
À Pékin, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu, a
déclaré qu'elle n'avait pas été informée de nouvelles émeutes. «Mais je peux
vous dire que le gouvernement chinois a la capacité de maintenir la stabilité
sociale, l'unité et la solidité nationales», a-t-elle dit.
Reuters , AFP
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