Comment est née la dépigmentation
Le
21 juillet 2009, la police française a démantelé un réseau de
vente de crèmes dépigmentantes. Les 5 Congolais arrêtés et placés sous
contrôle judiciaire, seront jugés pour exercice illégal de la pharmacie, “tromperie
aggravée” et “détention et transport de substances vénéneuses”. Ils
risquent très très….très, gros!

Du simple geste
esthétique destiné à éliminer la marque d’un bouton ou à unifier le teint, la
dépigmentation est devenue un phénomène de société. Malgré les risques
encourus, les témoignages télévisés, les campagnes d’information et de
prévention sanitaires, les fabricants ne changeraient de métier pour rien
au monde car le commerce des produits éclaircissants est très florissant.
A
l’origine de la pratique
Durant, la
seconde guerre mondiale, les militaires afro américains basés en Asie du sud,
découvrent avec stupéfaction, que les femmes asiatiques
utilisent des produits pour avoir un teint laiteux et plus clair à l’image des
blanches. Ils rapportèrent dans leur bagage ces crèmes miracles à leurs sœur,
mère ou épouse toujours en quête de nouveautés cosmétiques. Mais, sauf
l’exemple de certains membres du show business l’usage des dépigmentants en
Amérique a rarement servi à camoufler un déni de négritude.
Dans un pays où
une goutte de sang noir, vous définit comme appartenant à la communauté
afro-américaine, ( cf la campagne du président Obama) il est illusoire de
penser qu’un teint plus clair, des cheveux frisés, un nez aminci puissent vous
faire passer pour un Blanc. Aux États Unis on est Blanc ou Noir ou Latino.
etc. Être plus ou moins clair pour une femme n’augmente pas son pouvoir
attractif, même si on observe depuis quelques années, un revirement dans le
goût des africains américains qui paraissent être en quête d’un
partenaire dotée de la plus lift complexion (peau claire) possible.
C’est
véritablement sur le continent africain, paradoxalement dans les pays où le
concept de négritude ou d’authenticité était la plus exacerbé que la
dépigmentation est devenue la plus problématique. C’est par le biais des
hôtesses de l’air puis des femmes de diplomates en poste aux Etats Unis que les
éclaircissants ont d’abord été introduits en Afrique en petite quantité, auprès
d’une classe nantie en même temps que les perruques et les produits de
maquillage spécifiques aux peaux noires. Jusqu’à aujourd’hui, le Sénégal et
l’ex-zaire, détiennent le palmarès de la consommation des dépigmentants. Et
nombre d’artistes et personnalités politiques hommes et femmes au discours
militant sont les meilleurs vecteurs de cette mode du teint papaye.
On sait
aujourd’hui comment le phénomène est né. On ignore toujours pourquoi les
premières dames, les jeunes, les vieilles, les anaphabètes ou même
les intelectuelles, en dépit des souffrances, accidents graves
persistent à se détruire en niant leur personnalité, leur moi profond. On
cite leur envie d’être belles, le jeu de la séduction. On accuse les
mâles qui auraient un penchant affirmé pour les femmes au teint clair. Les
médias qui perpétuent certaines images de la beauté noire comme exclusivement
représentée par une femme métissée ne sont pas non plus épargnés. Quelques
chercheurs pointent du doigt l’ex-colonisateur. Est ce bien logique un
demi-siècle après la décolonisation?
L’absence
d’arguments pour expliquer cette véritable négation de soi est la preuve que la
psychologie des blanchisseuses est difficile à saisir. Mais
sachez que le sevrage est possible. Laissez nous vos
questions, nous ne manquerons pas de publier les pistes à suivre avec le
concours du Dr Khadi Sy Bizet auteur du Livre de la Beauté Noire Éditions YG
Publishing .
Geneviève
Yossa, publié le 3 aout 2009
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