Zimbabwe: l'Union européenne et Pretoria exhortent à l'unité, Mugabe dénonce "les sales blancs" KLEINMOND, Afrique du Sud — L'Union européenne et l'Afrique du Sud
ont exhorté vendredi à l'unité les anciens adversaires réunis au sein
du gouvernement au Zimbabwe, où Robert Mugabe a dénoncé l'ingérence des
"sales blancs" à la veille d'une importante visite de l'UE à Harare.
"Nous
pressons toutes les parties à lever tous les obstacles à l'application
complète" de l'accord signé en septembre 2008 "et au bon fonctionnement
du gouvernement d'union" au Zimbabwe, déclarent l'UE et l'Afrique du
Sud à l'issue de leur sommet à Kleinmond, près du Cap (sud-ouest). Evitant
toute référence à leur controverse sur les sanctions occidentales
contre le Zimbabwe -dont le président sud-africain Jacob Zuma demande
la levée- l'UE et Pretoria s'engagent dans un communiqué à poursuivre
"le dialogue politique" avec le gouvernement d'union formé en février
et à "appuyer ses efforts" pour instaurer la démocratie et redresser
une économie en ruine. L'UE devait envoyer vendredi soir une
délégation de haut niveau au Zimbabwe pour la première fois depuis
l'imposition des sanctions en 2002, afin d'étudier un éventuel dégel à
terme de son aide au développement. Elle espère trouver un
"terrain d'entente" avec Harare pour rétablir les bases d'une "pleine
coopération", a expliqué le Commissaire européen au Développement Karel
de Gucht, qui sera membre de cette délégation. "Il ne s'agit pas
de blâmer qui que ce soit", a affirmé M. de Gucht devant la presse, en
réponse aux médias officiels zimbabwéens qui exigent des "excuses" pour
les sanctions européennes. "La politique s'occupe de réalités", a-t-il ajouté. Alors
que les représentants de l'UE tenaient ces propos conciliatoires,
Robert Mugabe, le plus âgé des chefs d'Etat d'Afrique, à 85 ans, a une
fois de plus dénoncé les "sales blancs" qui s'ingèrent dans les
affaires de son pays. "Qui a dit que les Britanniques et les
Américains doivent commander les autres ? Nous n'avons pas invité ces
sales blancs", a lancé M. Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en
1980. Le gouvernement d'union, créé en février sous la pression
internationale pour sortir le Zimbabwe de la paralysie politique née de
la défaite du régime aux élections générales de mars 2008, réunit le
président Mugabe et l'ex-opposant Morgan Tsvangirai, aujourd'hui
Premier ministre. Mais les partisans de l'ex-opposition
continuent de subir l'oppression policière et les deux camps
s'affrontent toujours sur certains postes essentiels, notamment celui
de gouverneur de la Banque centrale. L'UE refuse de lever ses
sanctions, dont un gel de l'aide au développement et des restrictions
ciblant M. Mugabe et ses proches, tant que le respect des droits de
l'Homme n'aura pas été rétabli et l'accord de partage du pouvoir
pleinement appliqué. A Kleinmond, la présidence suédoise de l'UE
était venue chercher le soutien de l'Afrique du Sud dans sa croisade
contre le réchauffement climatique, avant la cruciale conférence de
Copenhague en décembre. "Nous considérons comme extrêmement
important le rôle de l'Afrique du Sud (...) vis-à-vis du reste de
l'Afrique et vis-à-vis des grands pays émergents" comme la Chine ou le
Brésil, a déclaré le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt à
l'ouverture du sommet. Mais la première économie d'Afrique, dont
la politique en la matière équivalait aux engagements européens, revoit
ses ambitions à la baisse. Handicapée par une récession qui rogne
le budget de l'Etat et une crise énergétique sans précédent, l'Afrique
du Sud prévoit désormais de puiser en priorité dans ses immenses
réserves de charbon, aux dépens des énergies propres. Isabel PARENTHOEN
(AFP)
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