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Voile
traditionnel De plus en plus
délaissé

Si dans
certaines régions d’Algérie, de nombreuses femmes portent encore le voile
traditionnel, dans d’autres, surtout dans l’Algérois, le haïk mrema (un tissu satiné ou carrément en
satin ou en soie qui couvre le corps) et laâdjar (le bout de tissu bien brodé
qui couvre le visage de la femme), ont complètement disparu. Pourtant, jadis,
il faisait leur beauté et sensualité ; aujourd’hui considéré comme démodé, il
est remplacé par un “patchwork” de tenues importées d’ailleurs.
El-haïk mrema
ouelâadjar, mlaya noire, el-ksaa, melh'fa, tissaghnest, bouaâwina et la fouta
kabyle sont les habits traditionnels (voile traditionnel des femmes
algériennes), qui ont reflété pendant des années la personnalité algérienne.
Aujourd’hui, si dans certaines régions de l’Algérie, de nombreuses femmes
portent ce fameux voile, dans d’autres, surtout dans l’Algérois, le haïk mrema
(un tissu satiné ou carrément en satin ou en soie qui couvre le corps) et
laâdjar (le bout de tissu bien brodé qui couvre le visage de la femme), habit
traditionnel typiquement algérois, ont complètement disparu. Porté par les Algéroises,
le haïk faisait leur beauté et sensualité ; aujourd’hui, considéré comme
démodé, “on ne le voit que rarement dans la rue, particulièrement à la Casbah
d’Alger, dans les campagnes et les petits villages porté par des femmes d’un
certain âge. J’aurais aimé que le haïk fasse toujours partie de nos traditions.
Qu’il soit porté au moins par nos mariées. Actuellement, il est remplacé par la
robe blanche”, nous racontera Noura, une mère de quatre filles. “Ma fille aînée
est fiancée. Sa belle-famille lui a ramené un haïk dans son trousseau, et je
suis très fière que ma fille sorte du domicile familial avec un habit
traditionnel. Elle portera la robe blanche après.” “Je ne suis pas contre le
hidjab ou autres habits, seulement, cela fait toujours plaisir de voir une
femme avec un haïk et laâdjar qui nous font rappeler une époque lointaine, où
les femmes étaient plus que belles avec cet habit qui marquait leur identité.
Nous avons notre patrimoine que nous devons sauvegarder. Il y a certaines
traditions dans les pays européens qui n’ont jamais disparu. Nous, nous
préférons copier tout ce qui vient des autres pays. Dernièrement, j’ai vu
un tableau en France qui représente une femme voilée d’un haïk et laâdjer,
j’étais ému”, nous dira Mohamed, jeune médecin. “Aujourd'hui, les femmes ont
adopté le hidjab pour sa commodité, il leur permet de vivre leur vie libres de
leurs mouvements ; avec le haïk, elles sont obligées de le tenir et de le
retenir, ce qui n’est pas très commode pour la vie active. Mais nous devons le
garder comme habit traditionnel dans les occasions telles que les mariages”,
nous expliquera un autre jeune homme.
Khalti Fatoum est l’une des anciennes habitantes de la Casbah, âgée de 70 ans,
elle n’a jamais renoncé à son haïk et laâdjer. “Mes filles ont beau essayer de
me convaincre de porter le hidjab et de retirer laâdjar pour sortir,
m’expliquant que je suis âgée, mais j’ai toujours refusé. Je porte cet habit
depuis l’âge de 15 ans et je ne suis prête à l’enlever, jusqu’à la mort. Il y a
beaucoup de femmes ici à la Casbah qui le porte ; nous exigeons que nos mariées
le portent au moins le jour du mariage”, avouera-t-elle avec fierté. “Ma mère
continue toujours de porter son haïk mrema pour les mariages. Elle le porte si
bien que je suis constamment ému”, nous dira un jeune homme. Pourtant, il
nous reste toujours l’opportunité d’admirer ce voile puisqu’il nous arrive
encore de remarquer, dans un souk ou dans une rue, ces rares silhouettes
blanches se faufilant, de manière gracieuse et fière, au milieu de la foule,
nous rappelant ainsi notre identité et notre histoire qu’il ne faut pas
effacer.
Rencontrée au bord de la mer, Houria est une jeune étudiante à l’université de
Boumerdès. “Beaucoup de femmes au centre-ville de Boumerdès et aux alentours portent
le hidjab. Chacune à sa façon bien sûr. Il n’y a pas de tenue traditionnelle
propre à la région. Je pense que chaque chose à son temps. L’essentiel est de
porter un habit de ‘vertu’ et de pudeur”.
D’autres témoignages nous révèlent également que la “mlaya” résiste encore
dans certaines régions de l’Est. “Je suis très content de constater que
beaucoup de femmes à Sétif, Constantine et Annaba portent toujours la mlaya. Ça
fait plaisir de se sentir chez soi et pas dans un pays du Moyen-Orient, mais
c'est vrai que l'utile a tué le traditionnel et la culture algérienne”, selon
Malik, natif de Sétif.
Le haïk à Oran est nommé “el-ksaa” ; contrairement aux jeunes femmes, les
plus âgées le portent toujours. “C’est un honneur et un plaisir pour nous de
voir une femme porter el-ksaa ; c’est une façon de préserver notre tradition”,
selon une mère de famille venue d’Oran. Elle soulignera également que “dans la
wilaya de Mila, les vieilles et même les femmes mariées plus jeunes, sauf les
femmes non mariées, portent toujours la mlaya”.
Pour les femmes du Sud algérien, le port de “tissaghnest” est primordial. La
majorité des femmes sont voilées d’un long tissu de différentes couleurs qui
couvre leurs corps. Pour les plus jeunes, c’est le hidjab. “Il est plus
conforme, surtout pour les étudiantes”, nous dira-t-on. “bouaâwina” est une
autre forme de voile que portent les femmes de Ghardaïa. “Nous ne pouvons
sortir sans cet habit. Nous portons un haïk qui cache tout le corps et qui ne
laisse apparaître qu’un seul œil. C’est notre tradition et aucune femme ne peut
faire exception à la règle. Nous tenons à la préserver”, ont révélé une mère et
sa fille habillées d’une kachabia, foulard et surtout laâdjar, l’élément le
plus important.
F
Aouzelleg Source
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