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La Martinique mère
des yoles
 photo Joe A la terminaison de juillet et au début du mois d’août, la Martinique se transforme en
une mer de yoles. Tout semble marquer
le pas au cours de cette période, il n’y a plus que pour les yoles et les
yoleurs, offrant le temps des régates
un spectacle magnifique, mais ce n’est pas tant cette manifestation sportive
qui importe, mais le sens sociologique qui lui ait donné.
Comprenez
que la « mulatrâille » comme
toutes les bourgeoisies de ce monde,
a ce besoin irrépressible de sortir un temps de l’entre-soi, de
s’attifer de sa réussite
afin de la montrer ostensiblement aux
autres.
La
course des yoles est devenue l'instant privilégié, le seul à mon sens en
Martinique, les autres moments ne sont pas signifiants, car égalitaires ou
familiaux.
Néanmoins,
ce n’est qu’un aspect de la course de yoles où l’on voit les capitaines d’un jour se livrer à un m’as-tu vu frénétique,
les jeunes femmes à un défilé de corps et de bonda déwo, quoique relativement
pudique, les hommes politiques de se faire tirer le portrait avec leurs invités
prestigieux, les entreprises n’ayant pas de yoles sur l’eau, louer trimaran, catamaran pour leurs
collaborateurs, clients, asseoir leur image et notoriété.
Le
spectacle a lieu sur mer comme sur
terre, les gens se mêlent sans se mélanger, toutes les strates y sont
représentées, de la populace à la noblesse invitée, de la négraille à la
mulatrâille, des vieux aux jeunes, des nantis aux désœuvrés, des gendarmes aux
jeunes dans l’attente de l’émeute.
Evariste Zéphyrin
Les
titres
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