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Association Verdimornaise
pour la Reconstruction
du Patrimoine.
Chers
Verdimornais,chères Verdimornaises
On peut dire sans se
tromper que les Antilles ont subi pendant trois siècles plusieurs
réformes
institutionnelles sans pour autant améliorer constructivement la vie
des
Antillais.
Les causes sont multiples
tant que sociales, culturelles, économiques et parfois même
conjoncturelles.
Cette situation est aggravée par un vieillissement des élites qui ne
peuvent
plus harmoniser l’ancienne culture avec les obligations et les
exigences de la
vie moderne. Quand on ajoute à cette situation la crise financière
actuelle née
d’une dégénérescence morale on comprend bien le désarroi de nos
compatriotes.
Petite promenade dans les
sentiers de nos institutions locales dans les trois siècles
passés :
1624-1642 – Compagnie à charte sous
Richelieu – L’esclavage – Exploitation.
1635 – Les Français occupent la
Martinique. Le 12 février 1635 la
Compagnie des Îles de
l’Amérique gouverne et administre dans un but mercantiliste, commercial.
1635-1685 – Elaboration du Code Noir
de sinistre réputation qui rangeait les nègres parmi les meubles de la
propriété. Autrement dit, ils n’étaient pas considérés comme des êtres
humains.
1685 – Promulgation
du Code Noir.
L’administration sera
confiée plus tard aux Seigneurs-propriétaires puis rattaché à la
Couronne en 1674.
17e et
18e siècle – Le
pouvoir royal s’affirme mais le centralisme unificateur de la monarchie
est
inadapté à des pays aussi éloignés et des modes de vie inhumains. On
parle déjà
d’autonomie pour les administrateurs.
Bientôt les institutions
militaires deviendront omniprésentes pour assurer l’autorité et le bon
déroulement des affaires agricoles industrielles et commerciales mais
non
humaines.
1789 – La
France est en pleine ébullition – La révolution est déclenchée –
L’administration de la Martinique est confiée à un gouverneur et un
Intendant
assistés d’une Cour de justice et d’un Conseil Souverain ou Supérieur.
30 août 1789 – Révolte
des esclaves à Saint-Pierre.
26- 28 octobre 1793 – Erection
de la Martinique en département divisé en 4 districts.
Février 1794 – Décret abolissant
l’esclavage
23 mars 1794 – La Martinique passe sous
domination anglaise, l’esclavage continue.
1794-1802 – Occupation anglaise –
Restauration – Institutions coloniales, les ordonnances.
1804-1814 – L’Empire
1833-1837 – Les institutions
coloniales – Les Réformes.
4 mars 1848 – Décret abolissant
l’esclavage.
1852-1870 – Second Empire. Les
sénatus-consultes.
1885 – Les
Institutions républicaines.
10 juillet 1940 – Acte
constitutionnel N°1 :
le Maréchal Pétain devient le Chef de L’Etat Français.
La République s’efface et la
Martinique s’incline devant
les Actes constitutionnels : mesures relatives à
l’administration
municipale, aux sessions du Conseil Général, institution des conseils
locaux…
Constitution de 1946. La France reprend les
Institutions Républicaines et la Martinique aussi.
Départementalisation /
Assimilation. La loi du 19
mars 1946 votée à l’unanimité par
l’Assemblée Nationale Constituante érige en départements
français :
Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion.
Autonomie / août 1955 Le parti communiste qui avait
demandé la
départementalisation (Bissol, Césaire), face aux nouveaux obstacles qui
se
présentaient n’hésite pas à revendiquer l’autonomie, bientôt rejoint
par le
parti progressiste (Première convention des partisans de l’Autonomie Août
1971- Morne-Rouge).
Cette petite promenade
n’est qu’un aperçu, de l’inconstance, de l’instabilité du cours des
réformes
institutionnelles appliquées en Martinique jusqu’à ce jour.
Au fait, qu’est ce que
l’autonomie ?
Pour
la majeur parti des Martiniquais(ses) c’est un terme dangereux voir
nocif. Et
pourtant l’autonomie n’est pas spécialement un terme juridique mais
politique.
On peut avoir autant
d’autonomies que l’on veut car
la substance même réside dans les compétences qui seront données par
l’Etat, le
Congrès ou les Assemblées. Quand on est un département comme la
Martinique on
ne prend pas l’autonomie, on la demande par l’intermédiaire des
compétences,
des attributions qu’on voudrait assurer. Et c’est l’Etat Français après
délibération dans les assemblées qui accepte ou refuse ou limite dans
la forme
et dans le fond les attributions qu’il voudra bien octroyer, donner en
fonction
de la Constitution et se réservant toujours un droit de regard de
contrôle ou
même de suppression sur les compétences.
La loi du 19
mars 1946 a érigé la Martinique en
département français à la demande des parlementaires martiniquais et
nul ne
pourra l’abroger, la supprimer sans la volonté du peuple martiniquais.
Un
point, c’est tout.
Soyez tranquilles, les
articles de la Constitution sont bien verrouillés et le gouvernement
veille.
Pour l’instant la majorité de la population martiniquaise sait ce
qu’elle
veut : sa place et toute sa place dans l’union française et
européenne
afin de pouvoir se réaliser.
Les articles 73 et 74 ont
été insérés, introduit dans la Constitution pour permettre une
meilleure
adaptation de la loi en fonction des besoins des Martiniquais.
Le passage de l’article
73 à l’article 74 est réversible. Vous pouvez passer de 73 à 74 et si
cela ne
vous convient pas de revenir au 73.
Seulement,
nous ne sommes pas des enfants et ne sommes plus adolescents et si nous
nous
croyons adultes à nous de réfléchir de prendre le temps qu’il faut et
de faire
un choix correct.
Au
point de vue institutionnel l’article 74 a un avantage : il
nous permet
d’évoluer plus rapidement et plus correctement. Seulement tous les
avantages
entraînent des inconvénients.
En
somme ce ne sera jamais l’article qui sera en défaut mais ceux qui
devront
l’administrer, le pratiquer.
Et
là, nous Martiniquais, 73 ou 74, nous aurons un travail formidable à
effectuer : nous perfectionner.
Il
nous manquera parfois un esprit d’analyse face aux nouvelles
situations, un
souci d’intégrité pour nous guider et une pratique pour l’évolution
technologique culturelle et morale.
Jusqu’ici nous avons peut être
travaillé sur des
normes déjà dépassées tant politiques qu’institutionnelles.
Le recyclage, la reconversion,
la requalification
seront nécessaires et jusqu’à cette suffisance que nous devrons
abandonner.
Il
nous faudra non une nouvelle Martinique mais une Martinique nouvelle,
charnière
incontournable entre l’Europe et l’Amérique et pour ce, tout est à
refaire ou à
revoir : éducation, instruction, formation, culture, recherche
dans tous
les domaines humains et sociaux.
Tout
est possible. Les nouvelles générations frappent déjà à nos portes. Il
ne leur
manque que la place qui leur est dû et ce sens du devoir, du vouloir,
cette
intrépidité qui a permis à nos aïeux de traverser l’histoire par vents
et
marées, et de nous permettre d’être ce que nous sommes, des êtres
capables de
comprendre et d’agir.
En
résumé, le vrai problème qui nous concerne n’est pas dans les articles
73 ou 74
mais dans le choix d’une Assemblée unique pour éviter un gaspillage
d’énergie,
dans la validité, la puissance des compétences que nous devrons assumer
pour
enfin permettre l’émancipation du peuple martiniquais, son évolution
après
trois siècles d’asservissement, d’assujettissement.
Le président
Henri
LECURIEUX – LAFAYETTE
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