Les
cultures antillaises menacées par le chlordécone
Deux
parlementaires français ont rendu un rapport alarmant
sur les pesticides aux Antilles. Ils déplorent les effets d'un "monstre
chimique": le chlordécone, un pesticide utilisé pendant près de 20 ans
en
Outre-mer.
L'agriculture des Antilles menacée par un "monstre chimique". Le chlordécone est un polluant qui
remet en question les
conditions sanitaires et environnementales agricoles dans les Antilles.
C'est
ce que révèlent dans leur rapport rendu le 24 juin
deux parlementaires: Catherine
Procaccia, sénateur UMP du Val de Marne et Jean-Yves
le Déaut, député
PS de meurthe et Moselle et docteur en biochimie.
20%
des surfaces agricoles utiles contaminées
Depuis 2008,
des recherches sont effectuées sur les sols guadeloupéen et
martiniquais sur la
persistance de ce pesticide. Selon les deux rapporteurs, 20% des
surfaces
agricoles utiles sont contaminées. Pendant 20 ans, la chlordécone était
utilisée dans les champs de bananiers. Elle a été interdite dans les
années
1990.
Cette molécule
est connue pour sa persistance dans les sols. L'eau du robinet n'est
pas
touchée, grâce à l'utilisation de filtres à charbon. Or, les
rapporteurs
regrettent qu'aucune expertise n'ait encore été effectuée dans les
eaux. Il
reste à savoir si le polluant a pû se déplacer vers les nappes
phréatiques, la
mer ou encore les fleuves. En effet, le poisson est un des éléments
importants
de l'alimentation antillaise.
Un
problème sanitaire majeur dont on ne sait rien
Pour Catherine
Procaccia et Jean-Yves le Déaut, la recherche n'est pas suffisante. Les
deux
rapporteurs déplorent la lenteur et le coût de l'analyse en cours aux
Antilles.
Ils veulent la mise en place d'un pôle scientifique d'expertise aux
Antilles.
Pourtant, d'un
point de vue épidémiologique, on ne connaît pas encore les risques
encourus.
Deux études sont en cours de réalisation sur un éventuel lien avec
certains
troubles neurologiques et avec le cancer de la prostate. Cette hypothèse avait été formulée en 2007
par le Pr.
Dominique Belpomme, mais avec des résultats qualifiés de "peu
solides" par les rapporteurs.
Entre la fin
des années 50 et la fin des années 70, plusieurs tonnes de chlordécone
auraient
été exportée en Amérique du sud (Antilles, Brésil), en Afrique
(Cammeroun et
Côte d'Ivoire) et en Europe de l'est (Ukraine, Pologne, RDA) . Selon
les
rapporteurs, on pourrait potentiellement se trouver en présence d'un
problème
sanitaire et environnemental "de dimension mondiale, qui devrait
envoyer à
une coopération internationale".
Anne-Sophie
Ladonne
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