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Port-au-Prince : derrière les comptoirs en fer forgé, la peur persiste Le
centre commercial de la capitale vit toujours dans l’inquiétude. Et pour cause
: les actes de banditisme n’ont pas cessé. Mercredi et jeudi, des citoyens,
dont un ancien officier des Forces armées d’Haïti dissoutes et un ancien
directeur général de la Camep, sont agressés par des bandits armés et circulant
à moto Pourtant, des agents des forces de l’ordre (PNH et Minustah)
patrouillent régulièrement dans les zones réputées les plus dangereuses.
Le climat d’insécurité semble vouloir atteindre de nouveau des proportions
alarmantes dans plusieurs zones de la capitale et, en particulier, au centre
commercial. Aux agressions physiques, kidnappings, meurtres, s’est ajoutée une
nouvelle forme d’attaque contre le secteur commercial : le braquage des
magasins et autres entreprises commerciales.
2 heures 45. Mercredi. Une cliente a été interdite – par un agent de sécurité –
d’entrer dans une banque commerciale à la rue Geffrard, à Port-au-Prince. «
Madame, vous ne pouvez pas entrer, c’est fermé. Généralement, on ferme à 3
heures, contrairement aux autres succursales qui se trouvent ailleurs », lui
lance, sur un ton ferme, l’agent de sécurité.
Même scénario dans une maison de transfert située non loin de la banque
commerciale. « On ne reçoit plus de clients à cette heure. On va fermer sous
peu, Madame. Ici, on n’ouvre pas au-delà de trois heures. Vous savez, la
machine de l’insécurité n’épargne personne », explique une réceptionniste qui
s’apprête à plier bagages.
Selon Patrick, un grossiste rencontré dans son entreprise à la rue Bonne Foi, à
côté des grands voleurs qui opèrent avec des moyens de transport rapide
(motocyclette) et des armes à feu dans le centre commercial de Port-au-Prince
et les environs, il y a les voleurs à la tire. Ces derniers, poursuit-il derrière
son comptoir en fer forgé, sont en grand nombre dans les environs immédiats des
grandes institutions commerciales (banques, maisons de transfert, magasins,
etc.).
« Il y a quelques jours, des hommes armés, encagoulés, ont fait irruption dans
une maison de transfert. Ils ont emporté beaucoup d’argent, informe Patrick.
Plusieurs propriétaires et employés d’entreprises commerciales sont victimes en
maintes occasions ». Autant de cas et de raisons d’avoir peur, estime le
commerçant, précisant que « devant l’ampleur de ces actes, les commerçants
(grossistes et détaillants) sont contraints de fermer leurs entreprises très
tôt ».
« C’est monnaie courante. À longueur de journée, les malfrats opèrent sans
crainte, dès fois sous les regards impuissants des policiers », déplore Mario,
employé d’un magasin. Cela a pour conséquence d’entretenir l’inquiétude chez
les commerçants qui, nombreux, envisagent de s’installer ailleurs.
Entre-temps, dès 2, 3 heures de l’après-midi, le centre-ville commercial se
ferme. Par peur, confirme Mario.
Sylvestre Fils Dorcilus Source vendredi 14
août 2009
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