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Circuler avec une pièce d’identification, une mesure inappropriée

police haitienneLa dernière trouvaille de la police de Pétion-Ville, exigeant de ceux qui fréquentent la commune de se munir d’une pièce d’identification sous peine de sanction, est qualifiée d’arbitraire par un responsable d’organisme de défense des droits humains.

Selon Mme Colette Lespinasse, du Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (GARR), la dernière mesure annoncée par la police de Pétion-Ville et de zones avoisinantes demandant aux gens de ne pas sortir sans une pièce d’identification sous peine de sanction est arbitraire et même anachronique. Intervenant sur les ondes d’une station de radio de la capitale, la responsable du GARR a relevé le caractère incohérent de cette annonce.

La militante des droits humains met en avant les faiblesses du système d’identification nationale. L’office national d’identification (ONI), institution créée récemment et chargée de faire l’enregistrement des citoyens, est concentré seulement à Port-au-Prince. L’ONI n’arrive même pas à desservir la région métropolitaine, plusieurs personnes attendent encore avant d’obtenir leur carte d’identification nationale. D’autres ont dû, après maintes péripéties, renoncer à obtenir cette fameuse carte. La Direction générale des impôts n’émet plus la carte d’identité digitalisée que l’on pouvait se procurer à sa majorité (18 ans).

Par ailleurs, Mme Colette Lespinasse a fait remarquer que cette mesure nous ramène au temps de la dictature où les autorités adoptaient des mesures arbitraires sans tenir compte de la réalité et du respect des droits humains. « Comment peut-on, dans un pays avec de graves problèmes d’état civil, arrêter une personne parce qu’elle ne disposerait pas d’une pièce d’identité sur lui ? », s’interroge la responsable du GARR.

La région métropolitaine de Port-au-Prince n’est pas un État dans l’État, souligne Mme Lespinasse qui se demande pourquoi cette mesure ne s’étendrait pas à l’ensemble du territoire national qui n’est même pas totalement couvert par les agents de la police nationale.

Au lieu de recourir à cette mesure inappropriée, laquelle n’est pas totalement dénuée de sens, Mme Colette Lespinasse soutient que la police pouvait commencer par faire de la sensibilisation en expliquant aux habitants pourquoi ils devraient sortir avec une pièce d’identification. Parallèlement, les organismes concernés par le processus d’identification s’appliqueraient à remplir leur mission.

La mesure annoncée récemment par la police de Pétion-Ville prévoit jusqu’à cinq jours d’emprisonnement et une amende de 500 gourdes pour toute personne interpellée qui n’aurait pas une pièce d’identification. La police avait expliqué qu’elle servirait à renforcer les dispositifs de sécurité et que cette mesure pouvait permettre d’intercepter des personnes activement recherchées.

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