|
« Les Antillais sont nés d’un
désastre, se sont construits sur les
décombres, telle est la genèse des
Enfants du Désastre, et leur fin. »
L’hivernage
Après le carême
vint l’hivernage, la saison des pluies ou cycloniques, c’est la fin de
l’effervescence, la vie s’inquiète, un état d’esprit change,
l’inquiétude naît en ces mois de calmes frayeurs. Le peuple des Antilles fait les mêmes gestes, guette le
ciel, suit la formation des cyclones depuis leur « poussinière d’Afrique »,
débat des trajectoires, évalue les risques et vit dans l’anxiété. A l’approche de l’ouragan, la même
peur, la même angoisse : stocker de l’eau
potable, faire provision de conserves, des sardines, des bougies, s’assurer du fonctionnement des lampes Colman, des
réserves de gaz, du pétrole, consolider la maison ou fermer les
ouvertures et se mettre à l’abri quand trop exposé.
Jadis,
il en était ainsi, avec une forte prégnance, il est encore de même aujourd'hui, car le cyclone, l’ouragan
arrivait et arrive comme une cohorte de dévastation, ravageant, tuant et emportant
tout sur son passage.
Le progrès, la prévention,
la nature des constructions font que pour l’heure, nous n’avons plus des
dizaines de morts comme pour Dorothy
en 1970 (Martinique). Ce qui est vrai pour les petites Antilles, ne l'est pas pour les
Grandes Antilles, notamment pour Haïti où les trois cylclones, tempêtes en 2008 : Hanna,
Fray et Gustave ont
occasionné environ 800 morts, et pour Cuba les ouragans et tempêtes tropicales Ike, Gustav, Paloma, , plus de neuf milliards de $ de dégâts.
Avec le dérèglement climatique, la
liste des intempéries s’allonge, leur intensité s’accroît, les vents dépassent
les 200 km/h.
Personne
(de Martinique ou de Guadeloupe) n’a oublié : Hugo - 1989 -, Lenny - 1999 -, Dean – 2007,
avec leurs maisons détruites, arbres déracinés, routes défoncées, réseau
électrique, téléphonique anéanti, ainsi que les épisodes de houles ou tempêtes
dites atypiques, mais plus encore, les climatologues laissent entendre, que la
fonte des glaces aura des conséquences plus dramatiques sur nos îles, que nos fléaux habituels.
Evariste Zéphyrin
|
|