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SOCIETE. 20%
de pauvres en Martinique
L’INSEE
a rendu public jeudi un rapport inquiétant révélant que 20% de la
population
martiniquaise vivrait en-dessous du seuil de pauvreté.
Alors que la
France et ses DOM-TOM se croyaient relativement épargnés par la misère,
voilà
que d’inquiétants résultats viennent briser cette idée reçue. La
pauvreté est
plus que jamais présente, et spécialement aux Antilles. C’est un
rapport publié
hier par l’INSEE qui le révèle à travers
une série de chiffres
préoccupants. Effectuée entre 1996 et 2006 l’étude dévoile qu’un
Martiniquais
sur 5 vit en dessous du seuil de pauvreté (*) ! Si ces
résultats sont déjà
alarmants, ils nous laissent supposer le pire pour l’année en cours, du
fait de
la crise économique mondiale. Il est à craindre que la misère soit à
son plus
haut niveau cette année.
En septembre
2008, un précédent rapport étayait cette situation de pauvreté en
divulguant
que 10% de la population martiniquaise faisait appel à la Banque
Alimentaire de
Martinique (BAM). Son président, Dominique Lecomte
déclarait
voir le nombre de demandes grimper en flèche, passant de 20 000 repas
en 2003 à
30 000 en 2008.
(* Le
calcul du seuil de pauvreté est établi en fonction du niveau de bas
revenus. En
2006 en Martinique il était fixé à 7 394 euros bruts par an, soit 616
euros par mois.)
Situation
préoccupante
Cela étant il
ne faut pas se méprendre, comme l’explique le directeur de L’INSEE
Martinique, Georges
Para. La Martinique n’est pas la seule île des Antilles
touchée par ce
fléau. « Nous avons 2 points de plus que la
Guadeloupe, qui compte 18%
de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. En revanche, nous
sommes
dans une meilleure situation que la Guyane qui a un taux de pauvreté de
26,5%. »
Une situation
préoccupante qui se généralise donc en Outre-mer. Mais ce qui inquiète
davantage les observateurs c’est l’augmentation du nombre de
fonctionnaires en
situation précaire depuis quelques années. Ces derniers profitent de
contrats
de type « contrat aidé » à durée déterminée,
renouvelables selon le
besoin de l’employeur. Leur salaire, peu ou prou supérieur au SMIC,
tout comme
l’instabilité de leur emploi, en font des sujets potentiels à la
pauvreté.
Par comparaison
le seuil de pauvreté en métropole pour l’année 2006 était compris entre
7,1% et
13,2%. Soit un taux bien inférieur à celui des Antilles. Comment
justifier un
tel écart ? Notamment par un taux anormalement haut du chômage
ultramarin.
L’inactivité et l’absence de revenus officiels amènent cet indicateur à
la
hausse. En 2007, les taux de chômages en Guadeloupe, Martinique et
Guyane
étaient les plus hauts d’Europe : avoisinant les 25%. C’est
surtout chez
les jeunes que le phénomène est le plus fort ; la même année,
leur taux de
chômage était à hauteur de 50 %. Une
nouvelle statistique,
qui, si elle ne justifie pas la crise de ce début d’année, nous permet
de
comprendre un peu mieux le ras-le-bol antillais.
Taux de pauvreté en France Unité : %
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seuil à 50%
|
seuil à 60%
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1970
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12,0
|
17,9
|
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1975
|
10,2
|
16,6
|
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1979
|
8,3
|
14,2
|
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1984
|
7,7
|
13,5
|
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1990
|
6,6
|
13,8
|
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1996
|
7,2
|
13,5
|
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1997
|
6,9
|
13,4
|
|
1998
|
6,7
|
12,8
|
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1999
|
6,4
|
12,3
|
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2000
|
6,5
|
12,7
|
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2001
|
6,1
|
12,4
|
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2002
|
5,9
|
12,0
|
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2003
|
6,3
|
12,0
|
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2004
|
6,2
|
11,7
|
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2005
|
6,3
|
12,1
|
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2005 *
|
7,1
|
13,1
|
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2006
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7,1
|
13,2
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Légère rupture de série en
2002 (correspond au début d’une nouvelle série de statistiques sur les
revenus, s’appuyant sur les résultats de l’enquête emploi en continu)
et * en 2005 (correspond à l’intégration de prestations sociales
réelles et non plus estimées et la prise en compte plus complète des
revenus des produits financiers).
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Source : Insee -
Enquête revenus fiscaux 1996 à 2005 - Enquête revenus fiscaux et
sociaux 2005 et 2006, personnes vivant en France métropolitaine dans un
ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la
personne de référence n’est pas étudiante
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