Le
Social Dom
photo Evariste Zephyrin
Les
lois de défiscalisation
immobilières contribuent de manière certaine au génocide par
substitution, tel
le dénonçait Aimé Césaire, car les logements défiscalisés profitent en grande partie aux
allogènes dont les
moyens financiers conséquents leurs permettent d’acheter, depuis
l’Internet ces
appartements de standing. Un
autre effet néfaste induit
par ces lois successives de défiscalisation immobilière, fut de tirer vers le haut
la valeur du
foncier. Aujourd’hui, le prix mètre carré
en Martinique équivaut à celui du mètre
carré en région parisienne, voire Paris. Sachant
que 20% des Martiniquais
vivent en dessous du seuil de pauvreté,
beaucoup occupent des emplois précaires dans la fonction publique, de facto
l’acquisition d’un logement pour un
Martiniquais de la classe
intermédiaire est devenue quasi impossible, car bien trop onéreux. Quant
aux investissements de
l’Etat en matière de logements sociaux, ils ont
fondu comme neige au soleil, ne
représentant qu’un tiers des
logements construits. Pour la
Martinique, les chiffres sont encore plus faibles. Nous
sommes confrontés à un
désinvestissement massif de l’Etat en matière de logement social, alors
que 80
% des Martiniquais sont éligibles à ce type de logement. Une prétendue correction au
déséquilibre de l’offre a été apportée par Bercy,
ayant mis en place un dispositif de
défiscalisation « Social
Dom » suite à la loi de développement économique pour les
Outre-Mer,
permettant aux particuliers d’investir dans le logement social, ils
bénéficient
d’une défiscalisation de 50%, avec une rétrocession de 65%.
De
prime face, nous convenons
que cette mesure
avantageuse pour les
particuliers à hauts revenus, facilitera le financement de la construction de logements
sociaux en Martinique
et en Guadeloupe, mais
dans les faits,
une société de HLM en Martinique et une en Guadeloupe a déposé une
demande
d’agrément pour 100 logements. Cette
centaine de logements
hypothétiques, s’ajoutant aux constructions en cours, ne sont pas à
même de
répondre à la demande, parce que là où il faudrait des dizaines de milliers de logement, on
nous parle de
centaine. La
solution ne viendra de
ces lois en trompe l’œil, ni de ces
mesurettes. Nous
avons su pendant la période
esclavagiste mettre en place des systèmes de solidarités, dont
certaines
perdurent de nos
jours. Nous croyons
que pour réduire cette
pénurie entretenue de logements, nous
devrions les réamorcer.
Tony
Mardaye
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