Trop de violence photo Evariste Zephyrin
Et je dis non !
Il
y a peu de temps, ma mère résidant au
Moule m’informait de son sentiment d’insécurité. Elle parlait de
cette violence chronique qui s’installait insidieusement dans la société
guadeloupéenne, je l’écoutais sans pouvoir rien ajouter, car malheureusement tout lui donnait raison : les jeunes s’entretuant, des balles tirées au hasard abattant le passant,
les agressions contre les allochtones
et autochtones, une violence qui gangrène la
société, déforce et détisse le lien social.
En
Martinique le constat n’est guère mieux, le coutelas est de sorti, des morts
tout aussi, des agressions de mêmes, des coups de folies, une violence
qui s’insinue en portant la vêture de tout le monde.
Nous
regardons le phénomène comme un objet sociologique, analysons, tentons d’en
comprendre les rémanences historiques économiques et politiques, afin de déterminer leurs portées. Mais
peut-on rester insensible et distant quand il s’agit de son pays que l’on voit
partir en débandade, lorsqu’on apprend
qu’un jeune s’est fait assassiner, que l’écrivain créoliste, Raphaël Confiant pour un tjip a failli se
faire trucider sur le parking d’une station-service, que votre mère réduit ses
déplacements afin de limiter les
risques malencontreux, que votre tante habitant le quartier de Sainte-Thérèse a
peur de quitter l’île, ne sachant si elle retrouvera son véhicule et sa maison
intacte à son retour ?
Je
crois que non, on ne peut-être qu’en colère !
La violence s’infuse dans la société martiniquaise.
Comme dirait le
poète : « Ici des lendemains d’ailleurs se créent,
sous les couches de la misère, se sédimente souffrance et violence. »
Cette insertion poétique évite un long développement quant aux causes de ces
dérèglements. C’est la misère sociale, économique, intellectuelle et spirituelle
qui génère la délitescence ou déliquescence de nos sociétés. Ne nous appesantissons pas sur les déterminants de cette transformation
sociétale indésirée, mais les moyens de
sa résolution. Ce n’est qu’ensemble me
semble t’il, par une commune mobilisation et prise de conscience que nous nous
en sortirons.
Nous
ne pouvons nous défausser entièrement sur le politique, car nous sommes tous responsables de cet
état de fait. Ce sont nos égoïsmes, la
légitimité d’un système fondé sur l’inégalité
et la loi du plus fort accepté par nous, qui nous conduisent dans
le mur.
Il
nous appartient de renouer avec les solidarités
anciennes, mettre en place des
processus de resocialisation, de scolarisation pour nos jeunes, de se doter des moyens financiers ou autres nécessaires pour inverser cette tendance,
bien sûr créer des emplois, car c’est l’élément de structuration de nos sociétés.
Gardons
en tête : toute société violente est insusceptible de progrès, donc de
développement.
Tony
Mardaye
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