Août, l'hivernage !

photo Alain Magit
Nous
y voilà ! Le temps, cet grand ennemi du vivant, décharnant,
déboyautant, aspirant tous les sucs de vie, marche à grand ballant et à pas
ronds, il avance sans jamais sourciller ou reculer, nous laissant à nos fatuités et à nos pensées
discrépantes.
Il
est le grand impitoyable.
Fatum, Fatalis,
Fortuna…
C ‘est
l’hivernage la
saison des pluies, le
ciel se charge de
nuages en prévision
de l’avalasse.
La
mer brutale, d’un bleu marine
vire au bleu roy, a la vague qui se hausse.
Menaçante,
les flots à la bave
écumante grossissent,
ils
forcissent
comme s’ils
s’engraissaient.
L’air
est troublé, il
respire tour à tour la terre ou la mer,
le vent souffle, il ne s’apaisait.
La
pluie s’invite au
serein, les alizés attiédissent l’air, il fait presque froid.
Rien
ne craint pour
l’heure, l’ouragan
est en chemin.
Et
le poète prosait sur
les panicules des fleurs du
manguier,
mais depuis la
saison des mangues
est passée et le poète s’en
est allé dans un
grand vin.
Nous
sommes en dérade,
dans l’attente du cyclone, cette dévastation qui nous fit pousser.
Nous
sommes des êtres
expectants, des êtres sortant comme des tigettes de la feuille d'acanthe, des hommes habités
d’un perpétuel renoncement,
d’un continuel recommencement.
Les
rivières sont endiguées, mais débordent, des mornes l’eau ruisselle.
Les
traces latéritiques comme des raidillons coupent l’élan, des chemins
sales.
Nous
nous retrouvons dans
l’enfance, faisons corps comme pour nous réchauffer.
Les
contes, les comptines
meublent le temps des après-midi
mouillés.
Le vent s'entête, l'ouragan nous guette. Notre mère nous regarde...
Evariste
zephyrin
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