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Août
Le soleil est
toujours brûlant ; et les blés d’or,
Autour des seuils, au bord des eaux, le long des sentes,
Au souffle assoupissant du fiévreux Thermidor
Balancent tristement leurs ondes languissantes.
Avec
les blés les fruits,
déjà mûrs, charment l’œil.
L’ombreux
verger rougeoie, et le pré chaud rayonne.
Notre
terre
féconde étale avec orgueil
Tous
les
dons de Cérès, tous les dons de Pomone.
Le soleil est
toujours brûlant ; mais les campeurs
S’ébattent dans les flots de l’aurore aux étoiles.
Et le Soir, dans les plis transparents de ses voiles,
Nous apporte parfois d’enivrantes fraîcheurs.
La
rosée à foison choit
des blanches nuées
Sur
les
gazons roussis ; et, belle d’abandon,
Mainte
femme
alanguie, accoudée au balcon,
Livre
au
vent de la nuit ses tresses dénouées.
Tous les
amusements ont fuit de la cité.
De Vaudreuil à Gaspé le Plaisir nous allèche,
Nous prodigue les bains, les régates, la pêche,
Le gazouillis des eaux, l’air et la liberté.
Le soleil est toujours
brûlant ; mais de nos
rives
Et
de nos
monts altiers, en de bruyants essaims,
Les
touristes cossus des grands États voisins
Animent
les
hôtels, les bosquets, les eaux vives.
Et, pendant qu’assoiffés de frais, de gais flâneurs
S’en vont, sous le feuillage ombreux, manger sur l’herbe,
Revenus de leurs champs glanés, des moissonneurs,
Joyeux, le rye en main, mouillent la grosse gerbe.
William
Chapman
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