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L’hibiscus genevii

Un hibiscus genevii
plante endémique de l’île
Maurice.
Je
reste pantois face à la
beauté et à la diversité des malvacées, elles
peuvent être
semblables et
dissemblables, s’habillant de tant de teintes, qu’elles couvrent une
vaste
gamme de couleurs - du monochrome ou bicolore, du blanc au mauve, que
la noire
que je n’ai vue.
Puis, cette adaptation à son
milieu est quelque chose d’incroyable ! Je me souviens de cet hibiscus
piment (Malvaviscus
arboreus) qui poussait au milieu d'une rivière
et lorsqu’on connaît
la violence des flots et leur imprévisibilité en milieu tropical,
on se
demande comment une plante peut-elle croître dans un
tel environnement,
dans un milieu qui lui soit si hostile, en apparence.
photo des hibiscus genevii de
F. Palli
Quant à la forme des fleurs,
elle est tout
autant multiple,
différente et tellement diverse, entre celle aux pétales torsadées,
dentelées,
ondulées, encapsulées, qu’on aurait pu penser être en présence
d’espèces
différentes, comme l’hibiscus (Abelmoschus Esculentus) donnant le gombo
et
celui avec lequel (Hibiscus
sabdariffa) aux
feuilles
comestibles (oseille de Guinée) et avec les fleurs on fait le sirop
de groseille Martinique, Guadeloupe, la roselle en Jamaïque,
l’agua de
jamaïca au Mexique, la seille en Guinée, le carcadet au Moyen-Orient.
Cela me rappelle qu’enfant, en
revenant de l’école, ma sœur et moi, avions l’habitude de consommer un
hibiscus, nous détachions le bouton de la plante, retirions la corolle
du
calice et sucions le suc de la fleur, nous mangions aussi la partie
ainsi
libérée, c’était pour nous une friandise, un quatre-heures.
Notre jardin se situant devant la
maison était ceint de face et sur les côtés
de haies d’hibiscus rouges, qu’un
jardinier taillait régulièrement ainsi
que la vaste pelouse de gazon et ma mère utilisait cette variété d'hibiscus comme
savon, à
des moments de l’année, nous avions droit à des bains de fleurs
d’hibiscus.
La fleur écrasée dans l’eau
moussait légèrement, elle avait la particularité de déposer une mince
couche
d’huile sur la peau, la rendant d’une étonnante douceur. Nous passions
de
longues minutes après le bain, à nous sentir la peau, ainsi doucement
parfumée
ou à la faire sentir à nos amis d'enfance.
Elle utilisait aussi la fleur
d’hibiscus en tant que shampoing, je ne me rappelle plus avec
exactitude à quel
moment de l’année où ma mère le faisait.
C’est une plante du quotidien
et je crois que la
malvacée, fleur
nationale de la Corée du Sud et
d’Hawaï est à mon sens la fleur la plus à même de symboliser le
Martiniquais :
adaptation, polyvalence et
résistance.
Evariste
Zephyrin
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