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Son Afrique, c’est l’apartheid, la résistance et la censure

Nadine Gordimer

La vie de Nadine Gordimer n’a pas été de tout repos. Née et élevée à la dure réalité de l’apartheid, ses prises de positions lui ont valu plusieurs critiques, parfois virulentes, d’une part de la communauté blanche qui lui reprochait de trahir son appartenance raciale mais aussi de la part de la communauté noire qui lui reprochait son timide engagement. Mais, son combat pour la liberté de l’expression a été de tous les jours et, en 1949, avait refusé de quitter son pays, résistant aux pressions et aux tensions et notamment à la censure. Née à Springs, petite ville minière du Transvaal, de parents immigrés, Nadine Gordimer est retirée de l'école à l'âge de onze ans, sa mère prétextant un souffle au cœur qui s'avérera imaginaire. Pendant cinq ans, elle n'ira pas en classe, mais lira tout ce qui lui tombe sous la main. 

À l'âge de treize ans, elle publie une nouvelle - elle en écrira plus de deux cents - suivie d'un recueil (Face to Face). Dans son dernier livre, Beethoven avait un seizième de sang noir, histoires d’hommes, et de femmes, arrivés à un basculement, même infime, de leur vie, et de couples qui se font ou se défont : Un ancien militant anti-apartheid cherche qui, Noir ou Blanc, a pu être engendré par son ancêtre venu prospecter au pays des diamants ; une femme fait le voyage inverse vers l’Angleterre pour rencontrer l’ex-amant de son mari défunt ; un couple d’immigrés hongrois voit sa vie se déliter à mesure que la femme réussit dans sa carrière d’agent immobilier – tandis que son mari, universitaire en Hongrie, s’est résigné à une carrière de directeur de supermarché, refusant d’oublier sa langue et ses racines ; un musicien talentueux dont le désamour pour sa femme s’entend dans la voix de son violoncelle… 

Se mêlent dans ces nouvelles l’intime – l’histoire du couple, la quête des racines –, et le général – le destin de l’Afrique du Sud. 

Appartenance et décalage apparaissent en filigrane comme l’un des éléments unificateurs du recueil. 

La mort n’interrompt pas la quête d’identité, au contraire, elle est son prolongement.


Nassira Belloula

Source

10-08-2009