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Les Tambours
d'Artcho Danse honorent les dieux
photo Patrice Daugé
Les
percussionnistes des Tambours d'Artcho ont mis
en valeur nos traditions dans un concert survolté à la FOKAL. Ils ont
mis leur
feu sacré dans des instruments qui ont libéré une énergie envoûtante,
solide et
enflammée à la fois.
Les
Tambours d'Artcho Danse, entendu comme l'ensemble rythmique qui
accompagne
Ayikodans dans toutes ses créations chorégraphiques depuis sa
fondation, ont
présenté un spectacle du tonnerre le vendredi 31 juillet à la salle
polyvalente
de la Fondation Culture et Liberté (FOKAL).
A l'occasion du treizième anniversaire de la Bibliothèque Monique
Calixte
(BMC), huit tambours de différentes dimensions ont parlé le langage de
la
tradition haïtienne à travers une série de morceaux qui honorent les
dieux
vaudou. Cette magie s'est renforcée avec Silibo de Jalousie, un groupe
qui
collabore avec les Tambours d'Artcho Danse depuis plus de deux ans.
Dans une salle remplie comme un oeuf, un public en délire s'est
imprégné de
divers morceaux du répertoire du groupe, composé de rythmes puisés dans
les
lakous et stylisés dans la plus pure tradition vaudoue.
Talentueux, les musiciens ont recréé un univers sonore avec les
matériaux
rythmiques des principaux rites des dieux. Danmballa, Agaou, Granbwa ou
Agwe
pouvaient bien se retremper, en chevauchant, pendant le concert, un
serviteur
des lwas.
Les rites Congo, Nago, Petro semblaient résonner dans l'âme même de ces
instruments à percussion. Les rites dansés, le yanvalou, le yanvalou
mascaron,
le djuba, le ibo, le makanda, le rara qui portent la signature
rythmique de la
Compagnie Ayikodans, ont soulevé la passion des spectateurs. Ils ont
accompagné
la voix de Guerline Pierre, cette chanteuse érigée en grande prêtresse
sur sa
petite chaise de paille, qui donnait le ton à la chanson des esprits.
Tout de blanc vêtue, la tête enturbannée, Guerline tenait ses
instruments à
percussion comme un asson. On eût dit qu'elle chantait à la gloire des
lwas
dans un péristyle, temple vaudou où résonnaient les percussions.
Pour les tambours diffférents : Jackson Saintil au manman tanbou, Eddy
Jean au
pétro, Harold Laurenceau à la basse et gwo ka, Mackendy Léon à la basse
et
Fritzner Alexandre au bula. Tous ont mis leur feu sacré dans ces
instruments
qui ont libéré une énergie envoûtante, solide et enflammée à la fois.
Envie de
bouger
photo Patrice Daugé
Les vaccines
de Silibo, véritables trompes en zinc soufflant un rythme syncopé
qui entretenait l'ambiance survoltée donnaient une envie de bouger. En
effet,
ce concert ne pouvait pas se confiner entre quatre murs. Les musiciens
ont
entraîné le public en plein air et ont performé pendant une bonne
dizaine de
minutes sur la cour de la FOKAL.
Signalons que les percussionnistes d'Ayikodans n'accompagnent pas
seulement les
danseurs de la Compagnie, ils montent aussi des spectacles sous la
direction
artistique de Jeanguy Saintus. Aussi, dans leur pérégrination, ils ont
joué des
concerts en Guadeloupe et en Espagne.
Les Tambours d'Artcho mettent en valeur nos traditions. « Depuis les
cinq
dernières années, déclare Jeanguy Saintus, nous avons voulu donner plus
de
visibilité à notre répertoire rythmique traditionnel. Plus de
visibilite à nos
percussionnistes et surtout créer d'autres ouvertures et plus de
respect pour
notre musique traditionnelle issue des lakou. »
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