Polémique : Un préfet raciste…
Nous
avons lu les propos émis par le préfet Paul Girot de Langlade, perçu
l’émotion qu’il suscite dans la presse et dans les ministères, étant donné
que l’homme a été démis de ses fonctions, en tant que coordinateur des Etats
Généraux à la Réunion, car ses dires disqualifiaient sa mission, sans doute l’analyse
qu’a eu le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux. Si ces mots ont eut cette portée, c’est qu’ils sont ressentis comme outrageants ou
offensants, donc moralement réprouvables, toutefois permettez-moi de vous
rappeler que juridiquement ils ne le sont pas. Comment
un tribunal pourrait-il condamner un homme ayant dit : « On se croirait en Afrique, il n'y a que des noirs
ici… » Les
substantifs Noirs et Afrique ne
sont pas des insultes, ni des termes
péjoratifs, jusqu’à preuve du contraire. Prenons-nous
le cas où nous nous promenons
dans un quartier du 11 eme
arrondissement de Paris et que nous
disions : - On se
croirait en Israël, il n’y a que des juifs ici ! Ce qui
peut-être répété pour un quartier du 13 eme arrondissement à propos des
Chinois ou des Asiatiques. Vous
convenez que cette phrase ne peut tomber sur le coup de la loi, et ce en aucune
façon. Même si
proféré dans un contexte se voulant vexatoire, les mots mis bout à bout ne
constituent pas une insulte, ni un délit. Nous voyons mal un juge, dont
l’indépendance est garantie par la constitution, condamner un homme pour ces faits. Si c’était le cas, nous
devrions nous inquiéter, car la liberté d’expression marquerait un net
recul en France. Que la
personne ayant porté plainte fasse montre d’une sensibilité exacerbée, qu’elle
se soit sentie insultée, qu’elle se soit sentie renvoyer à ce qu’elle n’est
pas, qu’elle se soit sentie renier dans
sa francité, je ne peux en disconvenir, mais nous ne pouvons nous
sentir solidaire de cette action intentée... Que cet
homme ait une certaine propension à insulter et vexer les gens, son passé le dessert, mais de là à le condamner pour
racisme ou lui jeter l’opprobre à
partir de cette phrase, je crois qu’il y a un pas à ne pas franchir.
Tony Mardaye
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