|
Préfet
soupçonné d'injures racistes : des
associations réagissent
Plusieurs associations de
lutte contre le racisme ou représentant la
diversité ont réagi vendredi à l'annonce de l'enquête pour "injures
publiques à caractère racial" visant le préfet Paul Girot de Langlade,
après le dépôt d'une plainte par une agent de sûreté de l'aéroport
d'Orly
(Val-de-Marne).
Le préfet, coordonnateur local pour la Réunion des Etats généraux de
l'Outremer, a été suspendu "immédiatement" de sa fonction, a précisé
vendredi le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux.
. Louis-George Tin, porte-parole et vice-président du Conseil
représentatif des
associations noires (Cran), à l'AFP: "cette suspension est de nature à
apaiser la situation pour que les Etats généraux, par ailleurs mal
engagés, ne
tournent pas au fiasco général. Une fois n'est pas coutume, Brice
Hortefeux a
sans doute pris la décision qui s'imposait".
Si les propos visés étaient confirmés, "il y aurait d'abord une
condamnation judiciaire mais il faudrait aussi une mesure disciplinaire
de mise
à pied pour envoyer un message politique".
"Ce monsieur ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt: le racisme en
France n'est pas simplement l'expression de quelques propos isolés et
regrettables que l'on pourrait éradiquer par des condamnations. Il
s'agit en
profondeur de structures sociales depuis longtemps enracinées et c'est
précisément l'un des enjeux des Etats généraux".
. Gaëlle Tainmont, responsable nationale à SOS Racisme, à l'AFP: les
propos en
cause "s'ils sont avérés, s'insrivent dans un climat de réitération,
voire
de récidive: ils sont hautement condamnables, nous connaissons bien ce
monsieur" mis en cause par le passé pour des propos visant les Roms.
"Au-delà de la personne insultée, les propos tenus par un haut
fonctionnaire engagent la République dans son ensemble, or pour nous,
un haut
fonctionnaire ne peut tenir ce genre de propos et se doit d'être
exemplaire".
"Ce qui est extrêmement problématique, c'est que de tels propos tenus
par
un haut fonctionnaire s'apparentent à un blanc-seing pour d'autres
personnes de
la société civile qui seraient tentées" de faire de même.
La suspension décrétée vendredi par le ministère de l'Intérieur est vue
comme
"une mesure plus que nécessaire mais qui n'apparaît pas suffisante:
nous
souhaiterions que, le temps de l'instruction, il soit également
suspendu du
corps de la préfectorale" et pas uniquement de sa fonction de
coordonnateur.
Et si les faits étaient avérés, SOS Racisme demanderait "sa révocation
pure et simple, pour envoyer un signal fort".
. Le CollectifDOM (Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et
Mahorais)
et Tjenbé Rèd (Association contre les racismes, les homophobies et le
sida)
"prennent acte d'une première mesure conservatoire du ministère" mais
"demandent des sanctions exemplaires" car "Monsieur Girot de
Langlade est un récidiviste", dans un communiqué.
A leurs yeux, le préfet "s'est comporté comme un vulgaire quidam".
Elles se porteront "partie civile après la plainte déposée le 4 août
par
l'une des victimes, une femme d'origine antillaise", et demandent à
Patrick Karam, délégué interministériel pour l'égalité des chances des
Françaises d'outre-mer, "de suivre de près cette affaire".
AFP
|
|