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Le préfet accusé de racisme est mis à la
retraite d'office
«J'irai
jusqu'au bout», a déclaré mercredi Paul Girot de Langlade.
Paul Girot de Langlade, accusé d'avoir
tenu des propos racistes lors d'un contrôle à un aéroport, a été placé en
retraite en Conseil des ministres mercredi. Il continue de nier les faits et
promet d'attaquer en justice son ministre de tutelle, Brice Hortefeux.
Fin
de carrière pour Paul Girot de Langlade. Le préfet, accusé
d'avoir insulté de manière raciste une employée noire de la société
Securitas, lors d'un contrôle de sécurité à l'aéroport d'Orly, a été mis à la
retraite d'office en Conseil des ministres mercredi, comme l'avait annoncé Europe 1 dès la semaine dernière. La radio
évoquait également une mise à la retraite sans solde, ce qui n'a pas été
précisé mercredi.
Le préfet, âgé
de 63 ans, était suspendu de ses fonctions depuis la mi-août et l'ouverture
d'une enquête judiciaire contre lui pour «injures publiques à caractère
racial». Il a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Selon l'employée de Securitas, qui avait porté
plainte, il lui aurait lancé, irrité de devoir vider ses poches à un portique
de sécurité : «On se croirait en Afrique », suivi d'un « il n'y que des noirs
ici ».
Une femme qui
accompagnait le préfet aurait également dit : «De toute façon, il n'y a que des
personnes de couleur comme vous qui montent au créneau». La plainte en justice
de l'employée, déposée fin juillet, avait été complétée quelques jours plus
tard par deux
autres, émanant de ses collègues.
«Cabale»
Paul Girot de
Langlade, préfet hors cadre, a toujours assuré qu'il n'avait jamais tenu ces
propos, qui lui ont valu d'être suspendu de ses fonctions de coordinateur local
pour La Réunion des États généraux de l'outre-mer français. Il faisait pourtant
l'objet de deux autres plaintes, classées sans suite, pour des propos racistes
tenus en 2007 et 2008, à l'encontre des gens du voyage qu'il tenait pour
responsables de la délinquance et «vivant d'escroqueries et de rapines». Ces
deux sorties lui avaient valu son détachement «hors cadre».
Le préfet avait
contre-attaqué fin août en accusant
à son tour le ministre de l'Intérieur d'avoir monté une «cabale» contre
lui. Selon Paul Girot de Langlade, Brice Hortefeux aurait «téléguidé» ces
plaintes, «probablement pour faire oublier son passage au ministère de
l'Intégration où il a mené une politique plus sévère que dans le passé et pour
se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste».
L'Intérieur
avait répondu qu'il «n'y a jamais eu le moindre coup monté» et que «le ministre
n'a pas d'influence sur les dialogues qui peuvent se tenir dans les aéroports».
Une procédure disciplinaire avait été lancée contre le préfet par le ministère
la semaine dernière.
«On n'est plus
dans une démocratie»
Très remonté,
Paul Girot de Langlade a réagi
mercredi au micro de RTL en expliquant : «Moi je continue sur ma lancée, on
va attaquer le ministre. Il aurait pu au moins me prévenir, me convoquer, il y
a des conseils de discipline qui sont prévus pour ça, je ne suis pas passé
devant, tout ça ne tient pas la route».
Selon lui, cette sanction est «injuste et sans
fondement». Et d'ajouter : «On n'est plus dans une démocratie, on est dans une
dictature, et je n'accepte pas cette affaire-là, je m'attendais à ce qu'au
moins, ils me fassent passer devant un conseil de discipline, ils n'ont même
pas eu ce courage-là», a-t-il dit. «Même ça, ça m'est refusé, je ne suis plus
ni triste ni en colère, mais je suis déterminé, j'irai jusqu'au bout».
09/09/2009 |
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