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Un jour d’été

Dix-huit
heures, heure
d’été, le soleil brille intensément, ses rayons lumineux se réverbèrent
sur la
chaussée, scintillent sur le pare-brise des voitures garées dans le
parking ;
il y a comme un trop plein de lumière, qui donne à ce quartier du sud
de Paris
un air tropical.
La
luminosité, la
respiration, l’ambiance renvoie
aux
Antilles, l’atmosphère se
dégageant est
semblable en de nombreux
points à un après midi de carême en Martinique, au moment où le soleil
s’abat
sur les têtes, ralentit le pas, déforce l’élan.
Le
paysage sature, les
arbres sont feuillus, les
branches du tilleul se mêlent à ceux de l’érable, l’érable à ceux des
peupliers, un entremêlent d’arbres faisant écran à ce déversement de
lumière,
qui se diffracte sur le feuillage dans des gammes de tonalités
verdoyantes.
L’herbe
est fraîchement
coupée par endroits, se dégage cette odeur si particulière,
inexprimable,
ineffable. Sur les
pans d’herbes
restant, des gros bourdons
pollinisent les
trèfles bancs et les
trèfles rouges. La trop grande fréquence de coupes, n’a pas permis aux
marguerites ou à la chicorée de
fleurir.
Les
pigeons en
surnombre sur le
gazon festoient d’insectes mis à nu par les tondeuses. Ils
se livrent à une danse, se tournant d’un quart de tour et revenant à
leur
position initiale, puis changent de direction, virevoltent, le bec
toujours
pointé vers le sol, on eut cru à un étrange
ballet.
Sur
ma gauche une coulée
verte, dont les hauts arbres font barrage au regard. Les conifères sont
progressivement remplacés par des
feuillus, ils tendent à disparaître, une
disparition à corréler avec le
réchauffement du climat, les
espèces
plantées migrent vers le nord, dans quelques années, il est à prévoir la plantation de conifères
poussant dans des
climats méridionaux.
photos E.Z Sur
une bande de terre,
large de 4 ou 6 mètres, engazonnée séparant deux rues, des bambous ont
été
plantés, ils croissent malgré le manque d’humidité, les autres espèces plantés sur l’îlot, ont
les feuilles qui
flétrissent, elles appellent à l’eau.
Depuis
une semaine, suite
au violent orage où la foudre s’est abattue sur la pagode d’à côté,
détruisant
en partie la toiture, les tuiles et les quatre têtes de dragons
statufiés censées
repousser les démons ou mauvais
esprits, il n’a pas pluie.
La
température est supportable,
rien de caniculaire comme il y a quelques années où le thermomètre
avait battu
des records de chaleur. Néanmoins cette chaleur n’incite pas la
population à
sortir, la ville semble vide, la voiture est rare, les bancs et les
parcs sont
délaissés, je crois que seuls les lieux fontinaux ou les bords de seine
et les
lacs sont envahis par la foule et les enfants. L’eau a été oubliée dans
ce
quartier et ses parcs.
En
marchant le long de la
coulée verte, je découvre un parterre
de fleurs des champs et de fleurs
rustiques, une composition magnifique,
je regrette qu’elle ne se reproduise pas plus souvent.
Une
femme promenant son
chien m’aborde, une de ces femmes de la Yougoslavie, blonde avec des
yeux
bleu-claire, elle fut d’une grande beauté dans sa jeunesse, elle me
désigne une
plante et me disant que dans son pays on les mange, elle est
comestible, ils en
font des soupes ou des salades, la plante me semble être de la même
famille que
les épinards sauvages.
Elle
me parle de sa vie,
elle anecdotise, mais je suis ailleurs, je ne prête qu’une oreille
polie à ses
dires. Je regarde
le bâti et la
présence de l’arbre, elle masque les
bâtiments influant la sensation d’être dans une forêt de verdure, un
urbanisme
symbiotique où la nature a le droit de citer, et il y a quelques jours
j’ai eu
le plaisir dans la nuit d’apercevoir un renard qui traversait la rue.
Evariste Zephyrin
Les
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