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L’obésité, un poids lourd pour la nation
Etats-Unis.
Un rapport pointe le coût de la prise en charge des maladies liées au surpoids.
NEW YORK : ALEXANDRA
GENESTE
Alors que
Barack Obama se démène pour faire accepter son projet de réforme du système de
santé, le pays se découvre une charge sans précédent : chaque année, les contribuables
américains paient 147 milliards de dollars (103 milliards d’euros)
pour le traitement des maladies liées à l’obésité. Soit deux fois plus
qu’il y a dix ans. Et deux fois plus que pour la lutte contre le
cancer. C’est la conclusion d’une étude rendue publique cette semaine, à
Washington, lors d’une conférence baptisée - sans mauvais jeu de mots - «Le
poids de la nation», organisée pour la première fois par les Centres de
contrôle et de prévention des maladies (CDC). Cette somme faramineuse allouée
aux maladies chroniques induites par l’obésité, comme le diabète, les problèmes
cardiovasculaires ou l’arthrose représente 9,1 % des dépenses de santé
globales.
Mode de vie.
Le coût est proportionnel au
nombre d’obèses du pays : deux tiers des adultes et un enfant
sur cinq sont considérés comme étant en surpoids aujourd’hui. «Il est
crucial que nous prenions des mesures efficaces pour contenir et réduire
l’énorme charge que représente l’obésité pour notre pays», a estimé le
Dr Thomas Frieden, directeur des CDC, avant de lancer un appel à la
mobilisation nationale. Pour les chercheurs, la solution passe par un
changement de mode de vie, l’obésité étant un problème de comportement et
d’environnement. «Nous devons changer ce qui se passe dans nos maisons, nos
communautés, nos écoles […]. L’obésité ne peut être traitée uniquement dans un
cabinet médical», a estimé Bill Clinton, présent à la conférence.
Ces messages
seront-ils entendus ? Au Congrès, il n’existe, à ce jour, aucune ébauche
de projet de loi d’envergure contre l’obésité. Les seuls textes qui circulent
sont très ciblés et n’auront qu’un impact local, selon le site web Politico.
Cette conférence inédite se tenait à quelques centaines de mètres du Capitole,
mais pas assez près, semble-t-il, des intérêts des parlementaires. «Nous
sommes incapables d’aborder le sujet car nous refusons d’en accepter les causes
profondes», estime Christine Ferguson, professeur de santé publique à
l’université George Washington.
«Potager». Les nouveaux locataires de la Maison Blanche n’ont
eu de cesse de tenir un discours «probio», encourageant à une alimentation
saine. On se souvient de Michelle Obama, pelle et râteau en mains, dans le
premier jardin potager de Pennsylvania Avenue. Mais, six mois plus tard,
peu a été fait contre la malbouffe. La secrétaire américaine à la Santé,
Kathleen Sebelius, parle d’une enveloppe d’un milliard de dollars et de
quelques mesures «envisagées» : repas plus équilibrés à l’école,
incitations à la vente de produits frais dans les zones défavorisées…
La
responsabilité de la lutte contre l’obésité est renvoyée aux Etats et aux
communautés, que l’administration Obama entend encourager par des «aides
substantielles». Les autorités sanitaires envisagent toutefois de taxer les
boissons sucrées. «Les Américains consomment en moyenne 250 calories de
plus par jour qu’il y a vingt ou trente ans», dont près de la
moitié sous la forme de sodas ou d’aliments sucrés, selon le Dr Thomas
Frieden. Cette nouvelle taxe permettrait de dégager entre 100 et
200 milliards de dollars, et donc de soulager la charge que l’obésité
représente pour le Trésor. Quarante des cinquante Etats américains taxent déjà
les boissons sucrées, mais pas assez pour avoir un impact sur la consommation.
L’entreprise Coca-Cola est la première visée. Le puissant lobby des industriels
du soda est aux aguets. D’autant que le précédent de la lutte antitabac est
dans tous les esprits. A New York, l’augmentation du prix du paquet de
cigarettes avait permis de réduire de moitié le nombre de fumeurs. A quand la
cannette de Coca-Cola à 10 dollars ?
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