La Grande Bretagne & la
traque de l’argent de la traite négrière

Après
les USA, la question de l’esclavage et des nécessaires réparations agite la
Grande Bretagne. En juin dernier un article
du Financial Times avait révélé que les fondateurs de Rothschild et de
Freshfields étaient liés à l’esclavage. Aujourd’hui, c’est au tour du
gouvernement britannique d’allouer à une université londonienne la somme de 600
000 £ pour connaitre les différents bénéficiaires de la traite négrière. Mais
doit-on, s’interroge l’article du Jamaica-gleaner,
pour autant s’en féliciter ? De Jamaïque, des universitaires &
politiques caraibéens y apportent des éléments de réponse...
Larticle
donc en anglais suivi de sa traduction française :
Britain to track slave trade money
Published : Sunday | August 2, 2009
THE BRITISH government has earmarked over
£600,000 for the University College, London (UCL), to carry out an in-depth
study to measure how monies accrued from the slave trade were spent.
The study will look into those British
companies and institutions established from the profits of slavery.
The government has said that the study should
highlight how the owners were involved and how they contributed to the
provision of social services.
Encouraging development
University of the West Indies (UWI) professor of
history, Verene Shepherd, has hailed the development as encouraging.
"This major project has the potential to
add strong support to the reparation movement," Shepherd said.
She added : "It will place the
matter of culpability for African enslavement - that great crime against
humanity - squarely on the table and will allow an unambiguous naming of those
who benefited from the labour and productive skills of enslaved Africans in the
Caribbean."
Meanwhile, another UWI professor, Barry
Chevannes, who is chairman of the National Commission on Reparations, told The
Sunday Gleaner that he was looking forward to the research.
"It is an exciting piece of research. It
is the kind of study which will certainly enrich the work of the commission and
something that we will be very interested in," Chevannes told The Sunday
Gleaner.
But Government minister Mike Henry, a champion
in the fight for reparation, is not salivating at the grant by the British
government to research the beneficiaries of the slave trade.
"It is a sleight-of-hand approach,"
Henry told The Sunday Gleaner.
"They already know who are the
beneficiaries of the slave trade. They have enough material to show who
benefited. This money should go towards paying the descendants of the slaves,
rather than studying to escape the responsibility, or to reduce what they must
be asked to pay," Henry added.
Henry said that up to last week, he discussed
the matter with an international lawyer and he intended to pursue the issue of
slavery and reparation at the International Court of Justice.
La
Grande-Bretagne veut traquer l’argent de la traite des esclaves
Le
gouvernement britannique a alloué plus de £ 600,000 à l’University College
London (UCL), pour la réalisation d’une étude approfondie destinée à déterminer
comment les sommes provenant de la traite négrière ont été dépensées.
L’étude
se penchera sur les entreprises britanniques et les institutions constituées à
partir des profits de l’esclavage.
Le
gouvernement a affirmé que l’étude devrait mettre en lumière la façon dont les
propriétaires ont été impliqués et la façon dont ils ont contribué à la
création d’institutions sociales.
Une
évolution encourageante
Professeur
d’histoire à l’University of the West Indies (UWI), Mme Verene Shepherd a
salué cette évolution comme quelque chose d’encourageant.
« Ce
projet majeur a la possibilité d’apporter une aide solide au mouvement des
réparations", a dit Mme Shepherd.
Elle
a ajouté : "Il pose carrément la question de la culpabilité pour
l’esclavage africain - ce grand crime contre l’humanité - et permettra de
désigner de manière non équivoque ceux qui ont bénéficié de la main-d’œuvre et
des compétences productives des Africains réduits en esclavage dans les
Caraïbes.
Dans
le même temps, un autre professeur de l’University of the West Indies, Barry
Chevannes, président de la Commission nationale sur les réparations, a déclaré
au Sunday Gleaner qu’il attendait avec impatience (les résultats de) l’étude.
"C’est
un travail de recherche enthousiasmant. C’est le genre d’étude qui va certainement
enrichir les travaux de la commission et quelque chose à laquelle nous serons
vivement intéressés", a déclaré B. Chevannes au Sunday Gleaner.
Mais,
le ministre du gouvernement, Mike Henry - un chantre de la lutte pour les
réparations, ne saute pas de joie à l’idée d’une allocation versée par le
gouvernement britannique pour rechercher les bénéficiaires de la traite
négrière.
"Cette
manière de procéder est un tour de passe-passe", a déclaré M. Henry
au Sunday Gleaner.
"Ils
savent déjà qui sont les bénéficiaires de la traite des esclaves. Ils ont
suffisamment d’éléments pour établir qui en a bénéficié. Cet argent devrait
servir à payer les descendants des esclaves, plutôt que des études pour fuir
leur responsabilité, ou pour réduire le montant de ce qu’ils doivent être
invités à payer ", a t-il ajouté.
M. Henry
a affirmé avoir jusqu’à la semaine discuté du sujet avec un avocat et avoir
l’intention de soumettre la question de l’esclavage et de la réparation à la
Cour Internationale de Justice.
Source : Jamaica
Gleaner News
Publication originale : Dimanche 2 août 2009
Traduction : Jozèf & Ibuka
Post-Scriptum
Dans
les colonies de Guadeloupe & Martnique en revanche, les héritiers des
esclavagistes revendiquent pour leur part fièrement l’héritage colonial et ce
passé esclavagiste : C’est Hervé Damoiseau qui invite
les nègres de Guadeloupe à retourner au Sénégal ; c’est Hugues Despointes qui fait
l’éloge de la pureté sanguine du blanc créole ; c’est Roger de Jaham, autre
chantre de la vraie créolité, qui organise la liquidation mafieuse de ses
entreprises durant la grève du LKP ; c’est Christian Vivies qui
menace les élus refusant la diabolisation des militants guadeloupéens et la
criminalisation de l’action syndicale ; c’est Dormoy, qui
détient probablement le record des accidents mortels du travail sur ses
plantations ; c’est Audebert
qui refuse toute élection professionnelle dans son entreprise ; c’est Marsolle qui faute de fouet entend
dresser à coups de crosse de fusil un délégué syndical ; c’est Edouard Boulogne qui invite
incidemment à brûler Elie Domota ; c’est Arnaud de Lavigne qui tente 12 mois
durant d’affamer les salariés grévistes de la SGPY DANONE. C’est en un mot
l’ensemble des représentants de cette caste consanguine et viscéralement
esclavagiste qui suce encore et toujours le sang des guadeloupéens...
De
France c’est un état colonial, raciste & négationniste qui pourchasse ceux
qui osent parler de ces héritiers békés pour ce qu’ils sont : une bande
d’irréductibles esclavagistes qui entendent perpétuer un système de domination
de race et de classe en s’appuyant sur quelques politiciens & intellectuels
véreux et corrompus : d’où la plainte pour provocation à la haine raciale
contre Elie Domota initiée par le chien de garde de la pwofitasyon ; d’où
les rodomontades risibles & les menaces réelles proférées par l’agité de
l’Elysée...
De
Bruxelles c’est la Commission Européenne qui organise chaque année le transfert
centaines
de millions d’euro d’aides agricoles vers les grands propriétaires fonciers,
békés pour l’essentiel (95% des aides à 3% des 3% des exploitants
agricoles) ; c’est Eric de Lucy
qui, sûr de son impunité, actionne en direct à la télé lobby et réseaux de la
Francafrique, avant de franchir en grand maître les portes de l’Elysée...
Ibuka,
Mercredi 12 aout 2009
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