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Morcelée,
la famille franciscaine cherche son unité

Berceau de l’ordre des Frères mineurs, Assise porte les
cicatrices historiques de ses divisions
L’habit ne fait pas le moine… mais il permet néanmoins de le reconnaître. On
croise en effet dans les rues d’Assise de nombreux franciscains, repérables à
leur robe de bure à large capuchon, et à la cordelette blanche à nœuds autour
de la taille. Mais certains portent une tunique noire ou grise, d’autres une
robe marron, avec ou sans barbe…
Et il s’agit de ne pas les confondre ! Même s’ils revendiquent tous une
fidélité au message de saint François et habitent la même ville, ils
travaillent rarement ensemble, ne célèbrent pas souvent l’office en commun, ne
sont pas enterrés dans la même partie du cimetière et ont chacun leur réseau et
leur aire de rayonnement.
L’ordre des Frères mineurs, fondé à Assise par François il y a tout juste 800
ans, a du mal à effacer les cicatrices historiques de ses divisions. Mais la
situation commence à évoluer. Pour la première fois, en effet, depuis l’époque
de François, un « chapitre des Nattes » international a rassemblé cette année
toutes ses branches à Assise, la semaine après Pâques.
Quatre branches principales et un
tiers-ordre
On a pu y entendre exprimer un désir de
rapprochement et de plus grande unité de la famille franciscaine. Celle-ci
comporte aujourd’hui quatre branches principales de consacrés, en trois ordres
masculins et un féminin, auxquels s’ajoute le tiers-ordre laïc :
– Les « conventuels », habillés en noir (ou en gris, pour ceux qui viennent de régions
chaudes, comme l’Afrique ou l’Amérique du Sud), habitent à Assise le couvent
Saint-François. Historiquement, ils se sont assez vite installés au centre des
villes en couvents (d’où leur nom), s’éloignant de la règle de pauvreté absolue
prônée par saint François. L’ordre conventuel actuel résulte de l’union de
plusieurs branches qui ont fusionné vers 1872, à la demande du pape. Ils sont
très présents en Italie. Ils sont à peine une dizaine en France, répartis en
trois communautés, et 4 600 dans le monde.
– Les « franciscains » portent l’habit marron et, à Assise, habitent dans les
ermitages et les monastères hors des enceintes de la ville (Saint-Damien,
Carceri, Sainte-Marie-des-Anges…). À la différence des conventuels, ils n’ont
pas voulu d’abord se fixer dans les couvents, pour rester fidèle à l’esprit des
premiers compagnons, fuyant les centres urbains (et à Assise le faste de la
basilique) pour retourner à la solitude de la campagne. La couleur marron de
leur robe proviendrait de la couleur de la terre. Ils sont environ 15 000 dans
le monde, dans 140 pays (dont 280 en France et plus de 1 200 en Italie).
– Les « capucins » portent aussi une tunique marron, mais se laissent encore
souvent pousser la barbe. Née en 1528, cette branche est plus marquée par la
contemplation et la solidarité avec les pauvres. Ils n’ont pas de lieu
particulier à Assise, mais y viennent souvent et logent dans une maison adossée
aux portes de la ville. Ils sont 11 000 dans le monde répartis en 1 800
fraternités dans 99 pays. En France, ils sont 170, répartis dans 17
communautés.
– Les « clarisses » sont, elles aussi, très présentes à Assise, même si on ne
les croise pas dans les rues, notamment à Santa-Chiara, où leur couvent est
adossé à la basilique Sainte-Claire. Enracinées dans la tradition originelle,
ces moniales sont rigoureusement cloîtrées. Comme le voulait François, elles
sont aidées par quelques frères qui habitent à leur côté. Elles conservent
quelques autres communautés en Italie. Les clarisses françaises (appelées
parfois « colettines ») ont une dizaine de sœurs à Assise. Suite à
l’assouplissement de la règle par sainte Colette, elles sont plus ouvertes,
peuvent sortir de temps en temps et offrent un accueil hôtelier pour les
pèlerins, provisoirement fermé (mais qui devrait rouvrir en avril). Les
clarisses sont 18 000 dans le monde et environ 600 en France. Christine LEGRAND, à Assise
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