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Deux mille huit ou la préfiguration d’un renversement de valeurs…

frimas de janvierNous nous conformons au rituel de début d’année consistant à présenter nos vœux à nos proches et à toutes personnes susceptibles de les recevoir, alors nous leur souhaitons paix, amour, santé et prospérité.  Par ailleurs, cet exercice me donne l’occasion de revenir sûr l’année écoulée,  d’en faire le bilan  et de conjecturer les évolutions  politiques, sociologiques de l’année à venir.

L’an dernier lors de nos vœux  annuels, nous pressentions que 2007 eut été une année difficile, remarquez elle le fut sur de nombreux points : baisse du pouvoir d’achat, émeute dans les banlieues, négrophobie institutionnelle, aggravation de la pauvreté, traitement fait aux pauvres, aux clandestins, instrumentalisation de la justice,  recul des avancées sociales,  tout ceci préludant une amorce de fascisation de nos sociétés. 

Pour les riches et les nantis il en va autrement, ils eurent droit à un cadeau fiscal de 15 milliards d’euros.

Nous mettions aussi en exergue  une transformation sociétale de la France, voire de l’Europe  : « Il y a comme une main invisible, un marionnettiste qui se joue de  nous, dans l’optique de changer les rapports  sociaux, les fondements même de cette République.  D’une société qui tend vers un modèle égalitaire, fraternel et solidaire, « il » tente de la remplacer par une société inégalitaire, conflictuelle et égoïste.  Une société nouvelle se profile où l’Homme n’a plus vraiment sa place, mais l’argent, l’apparence, le factice, des valeurs éloignées de notre morale religieuse ou de notre culture. »   Cette transformation aboutira avec la ratification du « traité européen ».

Les Français n’en voulaient pas mais on leur impose quand même, contre leur volonté, contre leur gré. D’une société démocratique, c’est à dire où la volonté du Souverain prime, nous allons vers un système où c’est l’économie qui primera,  et tout le reste lui sera  subordonné, de citoyen nous deviendrons : travailleurs et consommateurs, absents de la chose publique.

Abraham Lincoln en son temps disait à propos de la démocratie c’est le  : « Gouvernement du Peuple par le Peuple et pour le Peuple », ce principe mourra à Versailles, lieu symbolique, qui verra la mise en œuvre d’une nouvelle royauté : « la ploutotechnocratie », qui se traduit par  le gouvernement d’une élite politique inféodée aux plus riches,  afin de servir les buts et les desseins de leurs mandants.

Au final de compte, on nous dépouille de nos prérogatives, de la conduite des affaires de ce pays, pour la confier aux banquiers, magnats de presse et vendeurs d’armes. Nous en avons un avant-goût avec la Présidence de Nicolas Sarkozy, dont l’attitude de petit parvenu confine à l’indécence.

Je clos ce chapitre, ouvrons un autre.

La Martinique quant à elle a connu une année 2007 catastrophique, le cyclone Dean, le tremblement de terre, une année de grandes frayeurs et de traumatismes certains en quelque sorte.  Mais cela n’amoindrit pas pour autant les réalités socio-économiques de l’île.

Ce pays était déjà cher, tout est cher, la défiscalisation immobilière qui vise à transplanter une population allogène (plus argentée)  au détriment de la population indigène, le cyclone Dean ont contribué à tirer les prix vers le haut. Prenons un exemple en date du 08/01/08 on nous signale le prix d’un kilo d’igname à 7 euros, une salade dans un supermarché du Lamentin à 6 euros, 9 euros le kg de gombo, etc… sachant que  le taux de chômage réel de l’île est supérieur à 27 %, les retraités ont des pensions allant de 400 à 1 000 euros, qu’il n’y a pas de carte vermeil, pas de tarif pour les familles nombreuses, ni de système de carte orange en Martinique.

Il est bon qu’Aimé Césaire rappelle, innocemment lors d’un échange avec François Fillion de passage dans l’île : «  La Martinique est pauvre, petite, angoissée mais toujours espérante. »" Oui la Martinique est pauvre ! Et il serait temps que les politiques s’ajustent à cette réalité, pour éviter les violences que la désespérance et la perte de sens engendreront.

Alors, je vous invite lors des prochaines échéances municipales, d’oser un renouveau politique en Martinique comme en Guadeloupe, mettez fin aux féodalités, remplacez les maires trop âgés ou en place depuis trop longtemps ou encore ceux qui contribuent par une politique d’habitat, à vous déposséder de votre île, en favorisant l’implantation de constructions en défiscalisation sur leur territoire communal.

Deux mille huit est une année de changement, osez en mars, donnez-vous de nouvelles espérances, élisez de nouvelles personnes afin de régénérer la Martinique et la guadeloupe.

Je vous renouvelle mes vœux et vous engage pour 2008 à être plus respectueux les uns vis à vis des autres.

 Tony Mardaye