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Une forme rare de MTS au Nunavut

HTLV-1

Patricia Cloutier


Les habitants du Nunavut sont aux prises avec une forme rare et incurable de maladie transmise sexuellement, le HLTV-1. C’est la première fois qu’on documente la présence de cette maladie au Canada depuis 1993.

Le HLTV-1 est un rétrovirus, tout comme le VIH — qui cause le sida —, mais il est beaucoup moins répandu et féroce que ce dernier. Au Nunavut, environ 4 personnes sur 1000 en seraient porteuses. Dans le reste du Canada, les cas sont rarissimes, quasi inexistants.

Ces données proviennent d’une étude rendue publique le 3 août par l’Agence de santé publique du Canada et le gouvernement du Nunavut.

On a décidé de se pencher sur la question en mai 2005, lorsqu’un individu du territoire est mort d’un type de leucémie causée par ce virus. En fouillant dans les contacts de l’individu, on a réussi à découvrir deux autres personnes porteuses et ainsi de suite, pour un groupe de 14 personnes en tout.

« L’étude démontre que le taux de prévalence du virus est plus élevé que dans le reste du pays, mais on ne peut pas parler d’épidémie », soutient Jean Riverin, porte-parole de l’Agence de santé publique du Canada.

Au Japon, en Afrique du Sud, au Gabon, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Antilles, de 5 à 10 % de la population est porteuse de ce virus, qui reste à être démystifié par les médecins et les scientifiques et pour lequel il n’existe aucun remède, ni vaccin.

La seule façon de s’en prémunir est d’éviter les relations sexuelles non protégées, le partage de seringues et l’allaitement pour les nouvelles mères.

Mais on ne sait pas lequel de ces comportements a pu provoquer l’éclosion de la maladie au Nunavut, particulièrement dans la région de Baffin et chez les personnes de plus de 45 ans.

« L’Agence ne peut avancer d’hypothèse là-dessus. Les facteurs comportementaux et environnementaux ne faisaient pas partie de l’étude », souligne M. Riverin.

Le HLTV-1 ne fait pas partie des maladies à déclaration obligatoire au Canada et peu de gens savent qu’ils en sont porteurs, car la période d’incubation est de 20 à 30 ans et seulement 5 % des gens atteints développeront un cancer ou des problèmes neurologiques qui peuvent mener à la mort. Pour les autres, il n’y a aucun symptôme visible du rétrovirus.

Au Canada, la dernière découverte d’un groupe de patients porteurs de ce virus remonte à 1993, dans des communautés autochtones de la Colombie-Britannique.

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