Trafic
à l'adoption à Haïti: 47 enfants rendus à
leurs parents
Un
groupe de 47 enfants haïtiens âgés de deux à
sept ans ont été rendus mercredi à
leurs parents qui les avaient confiés à des trafiquants
d'enfants destinés à
l'adoption, a indiqué vendredi à Genève
l'Organisation internationale pour les
migrations (OIM).
Les
enfants, originaires de la région misérable de Grande
Anse (sud-ouest d'Haïti),
étaient retenus dans un centre d'accueil à Port-au-Prince
dans le quartier de
Jérémie, a indiqué à la presse Jemini
Pandya, porte-parole de l'OIM.
Dans
des conditions de vie déplorables, ils y attendaient une
adoption éventuelle
depuis six mois à deux ans, selon l'OIM. Ils souffraient de
malnutritition, et
pour certains de maladies de peau ou de retards de croissance, a
indiqué à
l'AFP Mme Jemini Pandya.
Les
enfants avaient été confiés aux trafiquants contre
des promesses d'aides et de
soins aux enfants. Les parents, ne voyant venir aucune aide et
informés du
traitement inhumain infligé à leurs enfants ont
porté plainte en 2006 contre le
directeur du centre avec l'aide d'ONG humanitaires.
Ce
n'est que fin juillet dernier qu'un tribunal haïtien a
ordonné la restitution
des enfants à leurs parents.
Selon
l'OIM, au moins quarante enfants sont toujours aujourd'hui dans ce
centre
d'accueil.
Les
enfants rendus à leur famille ont reçu une assistance
médicale et psychologique
et leurs familles recevront pendant un an une aide de l'OIM pour leur
scolarisation. L'organisation a indiqué qu'elle fournira
également des
micro-crédits aux familles ainsi que des formations pour leur
permettre de
mettre sur pied des activités leur permettant d'améliorer
leurs situation
financière.
Les
familles de Grande Anse ont généralement entre six et
huit enfants auxquels
elles n'ont pas les moyens d'offrir l'accès à
l'enseignement ou aux soins de
santé, a indiqué l'OIM.
Selon
l'institut gouvernemental haïtien chargé de l'aide sociale,
qui supervise
notamment les procédures d'adoption, "beaucoup de centres
d'accueil sont
impliqués dans le trafic d'enfants en vue de leur adoption
à l'étranger",
mais les autorités haïtiennes indiquent manquer de moyens
pour mener des
enquêtes et fermer les établissements impliqués.
Selon
un rapport de l'Unicef et de l'ONG Terre des hommes de 2005 cité
par l'OIM, le
nombre de crèches qui participent à ce trafic d'enfants a
connu une croissance
spectaculaire à Haïti au cours des dernières
années, avec des prix d'adoption
allant jusqu'à 10.000 dollars, destinés surtout à
payer les frais d'avocat.
Les
pays européens, au premier rang desquels la France, sont les
principaux pays
destinataires des enfants adoptés à Haïti, a
indiqué à l'AFP la porte-parole de
l'OIM.
L'organisation
a indiqué avoir contribué au retour dans leurs foyers de
121 enfants
"victimes de trafic" au cours des deux dernières années.
AFP