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L'immigration clandestine, préoccupation majeure outre-mer

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L'immigration clandestine est devenue un sujet de préoccupation majeur dans les collectivités d'outre-mer, principalement en Guyane, en Guadeloupe et à Mayotte, du fait d'une pression migratoire très élevée et de difficultés à contrôler les frontières. A Mayotte, les estimations varient entre 45 000 et 60 000 clandestins, principalement issus des Comores, plus marginalement de Madagascar. En Guyane, l'Etat estime à 25 000 personnes le nombre de "garimpeiros" (orpailleurs clandestins) à l'intérieur du département et à 15 000 le nombre de clandestins sur le littoral. En Guadeloupe, les autorités évoquent la présence de 10 000 à 40 000 clandestins.

Face à ces afflux, l'Etat n'a cessé de renforcer les moyens de contrôle avec l'objectif de démanteler les réseaux d'immigration clandestine et d'expulser un plus grand nombre de clandestins. Les collectivités d'outre-mer représentent ainsi une part majeure dans les reconduites à la frontière : en 2006, près de la moitié des mesures d'éloignement ont été mises en œuvre dans les collectivités d'outre-mer. Mais les forces de l'ordre se heurtent à des difficultés considérables liées à la nature des frontières. "En Guyane, la porosité des frontières rend ses contrôles extrêmement difficiles", relève un responsable de la gendarmerie nationale. En Guadeloupe ou à Mayotte, des moyens matériels importants permettent d'assurer la surveillance d'une partie des côtes mais des zones de passage existent toujours.

EXPLOITATION DE LA MISÈRE

Les pouvoirs publics doivent également faire face à des réseaux de passeurs usant de tous les moyens. "Ce nouveau drame illustre tragiquement les risques que font courir les trafiquants qui exploitent la misère de ces migrants, que ce soit en métropole ou outre-mer comme aujourd'hui à Mayotte", a réagi le ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, dans un communiqué.

En Guyane, des incidents réguliers opposent les gendarmes à des orpailleurs armés. A plusieurs reprises, à Mayotte, les passeurs n'ont pas hésité à jeter des passagers à l'eau, y compris des enfants, pour obliger les forces de l'ordre à les sauver et interdire ainsi toute poursuite. Ils ont également intégré la présence de deux radars sur l'île : le "kwassa" naufragé lundi 13 août avait ainsi effectué un très long détour pour éviter les zones couvertes par les radars. "Les individus à l'origine des réseaux d'immigration clandestine sont extrêmement agiles dans leur comportement et leur manière de s'adapter aux mesures que nous prenons", explique un responsable de la gendarmerie.

L'immigration clandestine provoque des tensions importantes dans les territoires, une partie des élus évoquant "l'exaspération" de leurs administrés (Le Monde du 22 novembre 2006). Beaucoup craignent que cette pression migratoire mette à mal les équilibres démographiques et contribue à dégrader les services publics (éducation, santé) du fait de l'arrivée massive d'immigrants. En septembre 2005, François Baroin, alors ministre de l'outre-mer, avait provoqué une polémique en évoquant la possibilité de restreindre les conditions d'accès à la nationalité française dans les collectivités d'outre-mer. L'ancien ministre agitait le spectre d'une "explosion sociale" pour justifier une telle mesure.

Luc Bronner
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