Un
quart des Allemands trouvent des bons côtés au
nazisme
La
polémique née au début du mois de
septembre avec le licenciement de
la présentatrice de télévision Eva
Herman, évincée pour avoir loué le
rôle
social des femmes sous le régime hitlérien,
continue de troubler l'Allemagne.
Un sondage publié jeudi 18 octobre dans le magazine Stern devrait
encore un peu plus échauffer les esprits
tant ses résultats sont surprenants : selon cette
enquête, réalisée par
l'institut Forsa, un quart des Allemands jugent que le
régime d'Adolf Hitler a
aussi eu des bons côtés, en matière de
construction d'autoroutes, de politique
familiale ou de criminalité, par exemple.
Ils
sont même 37 % chez les plus de 60
ans, la génération qui a grandi sous le
Troisième Reich. C'est dans la tranche
des 45-59 ans que cet avis est le moins partagé,
où 15 % voient des aspects
positifs au régime hitlérien. Entre les deux, les
plus jeunes sont un cinquième
à ne pas condamner en bloc la période nazie. Au
total, 25 % des personnes
interrogées voient des bons côtés au
nazisme, 70 % n'en voient pas, et 5 % disent
ne pas savoir, selon ce sondage réalisé
auprès d'un échantillon représentatif
de la population de mille trois personnes, les 11 et 12 octobre.
"CE
RÉSULTAT EST LAID"
L'un
des vice-présidents du Conseil
central des juifs d'Allemagne, Dieter Graumann, a réagi en
exprimant son "dégoût"
et sa "colère", sur le journal Internet netzeitung.de
"Ce résultat est laid,
désastreux", a-t-il dit, appelant à
considérer ces chiffres "comme
un signal de mise en garde, sans se montrer pour autant alarmistes".
Peu
de temps après l'affaire Eva Herman,
le très conservateur cardinal Joachim Meisner a,
à son tour, suscité
l'indignation en estimant que l'art qui se coupait de la religion
était un "art
dégénéré", un
terme rappelant les heures sombres du nazisme. Selon M.
Graumann, de tels propos forgent une disposition à banaliser
le nazisme. Il a
appelé la classe politique allemande à en faire
plus pour lutter contre
l'extrême droite et l'expansion de ses idées, et
pour "informer sur
l'époque nazie". "Nous avons besoin d'un
Etat de droit qui
montre davantage les crocs", notamment face au parti
néonazi NPD, a
jugé M. Graumann.